vendredi 30 octobre 2026

Véners.

Le tableau « Les énervés de Jumièges » d’Évariste-Vital Luminais est fascinant. 
D’après une légende les fils du roi mérovingien Clovis II ayant comploté contre leur père, eurent les tendons coupés, puis furent laissés sur un radeau dérivant sur la Seine jusqu’à l’abbaye de Jumièges.
Cet intitulé, « énervés » exprimant un retournement du sens lors d’un épisode cruel me revient pour essayer de décrire la situation présente.
La génération Z, dans un temps où devraient se dessiner des projets politiques d’avenir, se retrouve soumise au fil de l’eau, passifs devant des violences qui les arrangent puisqu’elles font céder les responsables lâchant le mot « légitime » à chaque prise de parole et quelques poignées de monnaie que les quêteurs d’aujourd’hui devront rembourser au centuple. 
Ces biquets énervés énervés sont manipulés par un ancien sénateur de 75 ans, aux éructations déter’, suiviste d’un peuple, pourvu qu’il soit véner.
Face à la complexité du monde la formule simpliste «  faire payer les riches » paye à tous coups, d’autant plus que c’est toujours de l’autre, juif de préférence qu’il s’agit, en espérant se faire taxer d’antisémite pour que ça paye encore plus.
Nos enfants-rois nous ont pris au mot, en particulier avec « égalité » quand ils réclament des études supérieures pour tous, après que brevet et bac aient perdu toute fonction ; tremblez docteurs ! Quand le visionnage d’un film de deux heures ou la lecture d’un texte de plusieurs pages mènent au stress, les contraints des amphis ne risquent pas de contredire les résultats de PISA.
Dans mon pays désindustrialisé, où l’ouvrier est méprisé tout autant que l’intello, il s’en faudrait d’une révolution culturelle pour que le mot sélection ne soit plus obscène et que l’orientation ne mette pas forcément les classes prépa à la récolte des abricots ou inversement les bergères à zoner sur les pelouses des campus.
Par contre pour la « liberté », les blocages ne semblent pas une bonne illustration : on pourrait imaginer l’effarement d’un humaniste si quelqu’un empêchait un autre d’étudier : quelle barbarie !  
Des insultes adressées à des orateurs lors d’une manifestation contre le racisme éloignent la « fraternité ».
Derrière les poubelles cramées des mamies qui ont consciencieusement nettoyé leur pot de yaourt avant de le trier, les victimes drapées dans le drapeau palestinien sont intransigeantes.
Les chercheurs universitaires s’inclinent devant les «  batailles d’aura » et Tik Tok -qu’il convient de critiquer- devenant "the place to be" comme on dit sur le réseau d'Elon Musk.
Les restrictions proposées à l’usage des téléphones ne sont pas pour rien dans les contrariétés lycéennes comme l’absence de papier toilette depuis que des facétieux entrainés depuis la maternelle s’amusent à boucher les chiottes. 
Pour conclure, je vais chercher chez Mark Zuckerberg une petite formule des siècles d’avant  Parcours Sup qui pourrait s’adapter à aujourd’hui : 
« Il nous faut en riant instruire la jeunesse, 
reprendre ses défauts avec grande douceur,et du nom de vertu ne lui point faire peur. »
Molière

3 commentaires:

  1. Qu'est-ce qui est arrivé aux énervés de Jumièges ? Y en a-t-il eu qui en sont sortis ? Tu en sais quelque chose ?
    Ah... la cruauté. Un enjeu considérable dans l'identité des Grecs de l'Antiquité, même lointaine, qui estimaient qu'étant Grecs, la cruauté devait être forcément, confortablement logée... chez les autres, chez les satrapes perses, par exemple.
    Comme je peux être quelqu'un de très terre à terre, je m'interroge sur le papier toilette. En arrivant en France il y a si longtemps maintenant, j'ai été interloquée de voir dans les toilettes des facs qu'il n'y avait souvent PAS de papier toilette, et que dès qu'il y en avait, il y avait un... "ayant droit" ? qui l'embarquait pour le mettre "chez soi", dans un esprit qui était déjà très loin d'un souci pour la collectivité.
    Nous nous battons pour... le papier toilette. Mais après beaucoup de réflexion, je trouve souvent le GRAND problème de la merde, et de son avenir/devenir au fondement de nos turpitudes et préoccupations. Etant si civilisés à nos yeux de citadins, nous devrions être dispensés de chier, tellement notre désir d'être des purs nous agite, et suscite nos tentatives de nous protéger contre tout ce qui pourrait nous suggérer que... nous ne le sommes pas.
    A ce titre, il est intéressant de faire une recherche historique dans le dictionnaire sur le mot "germe" et ses connotations. C'est un mot qui est passé au 19ème siècle d'un sens noble positif, de principe de la vie vivante, à une vulgaire... angoisse de contamination/contagion. Une recherche édifiante, où transparaît la progression de nos nouveaux dieux. On a la religion qu'on peut...

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  2. D'après la légende, ils auraient mené une vie monacale, réconciliés avec leur mère.

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