nous partons pour visiter la Certosa di Pavia (Chartreuse de Pavie), qui a motivé notre passage à Pavie. Une longue rue bordée d’arbres avec
aujourd’hui un quartier résidentiel à droite et des champs agricoles à gauche
conduit au monastère.L’entrée s’effectue par un premier portique orné de fresques suivi d’un porche
sous lequel nous achetons nos billets.
Ensuite, nous accédons à la cour,
et
faisons face à la magnifique façade Renaissance de l’église.
Elle est richement recouverte de marbres de
différentes couleurs, de sculptures et bas-reliefs minutieusement ciselés dont
les personnages bibliques apparaissent habillés dans le style à la mode pendant
la Renaissance.L’intérieur séduit tout autant : des lanterneaux
ornés de fresques et des voûtes nervurées colorées et pimpantes, affichent des bleus et des tons plutôt
éclatants, sans doute, restaurés récemment. Touche amusante, deux trompe-l’œil
se détachant sur les murs de pierre s’inscrivent dans des fenêtres obscures
géminées montrant deux ecclésiastiques curieux penchés vers la nef. Quant au
sol, la richesse se distingue à travers les dallages composés de pavements
chamarrés. L’église abrite d’autres éléments dignes d’intérêt comme les gisants
en marbre de Ludovic Sforza et Béatrice d’Este ou le triptyque en ivoire et
dents d’hippopotame exposé dans la sacristie, ou encore le maître autel en
marbre incrusté de lapis lazuli, encadré par des stalles de bois en
marquèterie, résultat d’un grand savoir faire.Deux cloîtres se
rattachent à la Chartreuse : un petit et un grand. Ils bénéficient de
riches décorations finement travaillées en terracotta apposées sur les arcades et le haut des
piliers de marbre. Si le petit favorisait la vie communautaire ou la déambulation
méditative des moines, le grand donnait accès aux cellules individuelles.
Chacune d’elles, à l’identique, est conçue comme une petite maison individuelle
et mitoyenne comprenant une pièce centrale équipée d’une cheminée et d’une
table, d’un étage où se trouve la chambre, d’un atelier et d’un petit jardin. A
côté de la porte, une fenêtre fermée par un volet en bois servait à passer les repas.Pour compléter la visite, un musée permet de voir les
sculptures originales restaurées que des copies remplacent in situ. Il y a même
une pinacothèque à l’étage installée dans des pièces en enfilade, dont les
vitres en verre irrégulier offrent une vue sur l’église avec des déformations
intéressantes à photographier.Nous quittons la Chartreuse enchantés par tout ce qu’elle
nous a permis de voir de beau, de raffiné, d’harmonieux : pas de
dimensions grandioses mais elle s’avère être un véritable petit bijou
architectural.Nous retournons à Pavie sans but précis, préférant nous
laisser guider par notre instinct. Comme nous nous garons au bord du Ticimo (le
Tessin), nous apercevons le joli Ponte
Coperto (pont couvert) dans lequel
nous nous engouffrons au milieu d’un trafic automobile important, puis
remontons le corso Strada nuova en découvrant des magasins ouverts même le
dimanche.Nous parvenons au Duomo.
Ses murs de briques nus devaient sans doute être recouverts de marbre et
d’ornements autrefois. Lorsque nous poussons ses portes, ouvertes à l’occasion
de la messe dominicale, nous baignons dans un environnement de marbre blanc,
sans fioriture inutile, de grandeur, mais aussi de sobriété, mis à part des
bustes en argent scintillants placés sur l’autel. Nous ne nous attardons pas à
cause de l’office et ressortons assez vite.Dehors, face à la cathédrale, la statue équestre en bronze
du Regisole,
nous attire, du moins sa copie. En
la regardant de plus près, nous constatons que les testicules du cheval
contrastent par leur couleur avec le reste de la sculpture ; nous
supposons qu’un plaisantin les a rehaussées l’un d’une peinture rouge et
l’autre d’une peinture dorée. Nous en oublions presque de nous informer sur
l’histoire de ce Regisole, cependant la lecture tardive du Routard nous
apprendra qu’il s’agit de la reconstitution d’une statue impériale romaine.
Nous reprenons nos flâneries dans la cité, qui nous mènent à un passage couvert
imposant protégé par sa coupole en
verre. Puis nous repassons piazza della
Vittoria débordante de monde à l’heure de l’apéro ; les bars et
Spritzeria (spécialisé dans les spritz) affichent une belle fréquentation. Un chanteur d’opéra
fort honorable en profite pour se produire sur un air de Puccini et recueillir
l’attention du public conquis.L’heure du diner arrivant, nous optons pour une pizza au « Bella Napoli » (salades césar
ou grecque) avant de remonter à pied le corso Cavour jusqu’à la piazza Minerva
occupée par la statue démesurée de la déesse et récupérer la voiture pour
rentrer à l’hôtel.

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