mercredi 4 mars 2026

La collection royale britannique. Serge Legat.

« Charles premier »
, fut le premier souverain anglais à rassembler des œuvres d’art qui constituent la plus grande collection privée du monde avec 7000 tableaux, et 20 000 dessins, elle appartient maintenant à 
« Charles III» .
Il sera surtout question dans la conférence devant les amis du musée de Grenoble de remarquables peintures venues d’Italie et des écoles du Nord, et non des 45 services de table de la manufacture de Sèvres. Pour éviter la répétition, figure en tête de ce compte-rendu le portrait équestre du roi Charles 1°, appartenant au musée du Prado, qui représente le fondateur d’un ensemble dont une partie est à présent accessible au château de Windsor depuis son incendie en 1992, « annus horribilis. ».
https://blog-de-guy.blogspot.com/2025/11/william-hogarth-serge-legat.html
« Cupidon et Psyché »
d’Antoine van Dick, avec lequel tout a commencé pour la peinture anglaise, est conservé au château d’Hampton Court.
La toile « La mort de la vierge » du Caravage refusée par ses commanditaires qui la trouvaient trop humaine, avait été achetée au duc de Mantoue sur les conseils de Rubens. Mais après la décapitation de Charles 1°en 1649, 
le banquier Everhard Jabach acquit  l’œuvre avant qu'elle ne soit cédée à son tour à Louis XIV ; elle se trouve désormais au Louvre. 
https://blog-de-guy.blogspot.com/2018/12/caravage-fabrice-conan_6.html
Parmi 779 dessins de Léonard de Vinci, retenons une « Etude de mains »,
https://blog-de-guy.blogspot.com/2025/10/leonard-de-vinci-serge-bramly.html
pour Michel Ange « La chute de Phaéton » offert à Tommaso dei Cavalieri. 
« Votre beauté est la preuve absolue de l’existence de Dieu ».
et concernant Raphaël une étude : « Les trois grâces ».
Charles II a racheté beaucoup de tableaux ayant appartenu à son père :  
- le « Portrait d'une dame avec un chien » de Lorenzo Costa de l’école de Ferrare,
- « Andrea Odoni », un marchand, par le vénitien Lorenzo Lotto, propose un dialogue.
- Jacopo Bassano
apporte beaucoup de soins dans le traitement pictural des animaux figurant eux aussi devant les ruines de l’ancien monde lors de « L'Adoration des bergers ».
- « La mort de Cléopâtre »
de Guido Reni assure le passage du maniérisme au classicisme.
- Plus naturaliste, Orazio Gentileschi peint « 
Joseph et la femme de Potiphar », au moment où le jeune homme refuse les avances de la femme de son maître, 
mais il a laissé son manteau… 
https://blog-de-guy.blogspot.com/2024/12/familles-dartistes-serge-legat.html
- L’acrobatique « Autoportrait en allégorie de la peinture » de sa fille Artémisia Gentileschi respecte toutes les recommandations de Cesare Ripa auteur de « l'Iconologie ».
Quelques géants représentent les écoles du Nord.
- Albrecht Dürer, « Burkhard of Speyer », qui avant de revenir en Allemagne après un deuxième séjour à Venise dira : « Ici, je suis un seigneur, là-bas un parasite ! »
- La vue plongeante sur « Le massacre de Innocents »  de Pierre Brueghel l'Ancien
fondateur d’une dynastie, n’en contrarie pas la minutie. 
Et dire que « La fête flamande » de  Brueghel de velours mesure
47,6 × 68,6 cm !
Il n'est pas certain que « La vieille femme »  soit la mère de Rembrandt 
mais cela n’enlève rien à sa vérité.  
Hans Holbein le Jeune recommandé par
« Erasme »
 (Metsys)
à Thomas More a représenté la famille de l’humaniste anglais dont il ne subsiste que l’ « Etude », le tableau a été perdu.
« La leçon de musique »
de Johannes Vermeer, à la touche vibrante, peut se lire aussi comme une rencontre amoureuse avec la présence de deux instruments : 
une viole de gambe et le virginal sur le couvercle duquel est inscrite la formule en latin : 
« La musique est la compagne de la joie et le remède de la douleur ».
« Le 1° mai » par  Franz Xaver Winterhalter permet de conclure, car sur le tableau de la coqueluche des cours, figure la Reine Victoria qui portait si peu d’intérêt à la peinture que ni Constable ni Turner n’ont été retenus dans une collection figée d’avant les impressionnistes, à de rares exceptions près.
Du temps a passé depuis la proposition d’Anthony Van Dyck : un « Triple portrait de Charles premier » destiné à servir de modèle au Bernin pour une sculpture
et « Elisabeth II »  qui avait accepté d’être portraiturée par Lucian Freud.  
Cela suscita de vives polémiques.

mardi 3 mars 2026

Pastorius Grant. Marion Mousse.

Le vieux chasseur de prime déprime à la poursuite de Big Hand poursuivi lui-même par deux frères mexicains. 
« Faut avancer, si on veut pas se faire devancer. » 
Dans une réserve indienne, Pastorius Grant rencontre une enfant aveugle qui ne manque pas de clairvoyance et le renvoie à son passé. Leur conversation se remarque dans un ensemble assez laconique occupé par une nature kaléidoscopique, superbe. 
« Comment tu fais toi, hein ? Tu trouves que ton Seigneur t’a trop gâtée, c’est ça ? L’est pas censé être juste, ton bon Dieu ? Hein ?! À peine née, il t’offre la nuit pour toujours… Quand bien même t’aurais vécu un temps, Gamine, dis-moi quel pêché mérite une telle punition ?! Hein ?! Et ton Dieu, qu’est-ce qu’y pense d’ta vengeance ?! » 
Un rocher prêt à basculer figure comme signe d’un destin menaçant dans un genre ne manquant pas d’indices comme cette croix du Christ gravée sur la crosse d’un pistolet.
Mais pour moi, le scénario passe au second plan, tant la vigueur des couleurs met en valeur un environnement mythique.

lundi 2 mars 2026

Baise-en-ville. Martin Jauvat.

La salle cannoise était d’autant plus rieuse que les occasions sont rares de partager pendant une heure et demie la vie de candides personnages se démenant dans une banlieue aux couleurs flashy.
La passivité contemporaine est traitée avec originalité avec d’abondants tics de langage à savourer sans modération. 
Un jeune homme revenu chez papa et maman à 25 ans doit repasser son permis de conduire. On lui dégote un emploi de nettoyeur de soirées. 
Bien qu’il soit entouré de personnes de bonne volonté, il n’arrive pas à conclure ses rencontres amoureuses, comme disait un Jean Claude Dusse, apparaissant du coup un peu daté avec cette livraison cinématographique toute fraiche, en trottinette.

dimanche 1 mars 2026

Bach project. Vincent Peirani François Salque.

Le public du dimanche matin à la MC 2 a été conquis par un accordéoniste et un violoncelliste pour un hommage à Bach. 
Il ne s’agissait pas d’une révision de plus de l’œuvre d’un des phares de la musique baroque, exercice souvent périlleux, mais de propositions surprenantes, par un duo dont l’engagement et la virtuosité valaient tout un orchestre.
Au dire de plus mélomanes que moi, l’allegro en sol majeur du maître du XVIII° était le morceau le moins fort du concert, alors que des compositions de Villa-Lobos ou des obscurs Vasks, Stourk, Mehldau, Peirani, ont emballé tout le monde.
Se vérifiait l’intention d’un  
« lien direct avec la tradition bachienne,
en affirmant dans le même temps une esthétique contemporaine et personnelle. »
 Les accents tziganes au rappel ont encore fait monter la température.