J’ai enfin vu 63 ans après sa réalisation ce film présenté
comme majeur dans l’œuvre d’un des réalisateurs des plus considérables et un
des sommets de la carrière de la lumineuse Brigitte Bardot.
J’en avais vu des
séquences et particulièrement « et mes fesses, tu les aimes ? »
mais jamais dans sa longueur, interminable (103 minutes). Cette scène avait été
rajoutée sur une suggestion des producteurs.
Le « mépris », annoncé
n’est pas du tout évident tant les querelles entre le mari et la femme m’ont
parues artificielles, loin de toute réalité psychologique qui peut être un
choix signifiant, mais ici nous sommes éloignés de toute empathie, de tout
intérêt.
Il reste le site de Capri et la maison d’architecte pour que
des images soient agréables.
La musique grandiloquente surgissant toujours à contre-temps
peut être également un parti pris, mais cette originalité me parait aussi
potache que le générique énoncé oralement.
Il y a bien des films qui semblent avoir aussi mal vieilli que moi et même mon si cher Fellini n’a pas échappé aux ravages du temps. Me
voilà cette fois, en face de mes snobismes de jeunesse qui me portaient à
mépriser De Funès et à dire « amen » à tous les avis des Cahiers du
Cinéma ; c’était
« classe !» à tous les sens du terme.
Que vient faire Fritz Lang dans cette imposture ? Son
Odyssée semble tournée par un novice grossier. Si comme dans tous les films de
l’époque, les cigarettes sont omniprésentes, nous retiendrons que de dérisoires
détails comme le chapeau de Piccoli, à défaut de toute profondeur perdue dans
des bavardages abscons.
Heureusement des poètes d’aujourd’hui peuvent redonner du
sens à cette époque inventive, et perpétuer la fraicheur de cette « nouvelle vague » qui ne méprise
pas toujours le spectateur.

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