samedi 21 mars 2026

Enfant de salaud. Sorj Chalandon.

Comme mes mots même dithyrambiques ne pourront être à la hauteur, je reproduis la quatrième de couverture qui m’a paru honnête, forte, fidèle au livre. 
« Un jour, grand-père m’a dit que j’étais un enfant de salaud.
Oui, je suis un enfant de salaud. Mais pas à cause de tes guerres en désordre, papa, de tes bottes allemandes, de ton orgueil. 
Ce n’est pas ça, un salaud. 
Ni à cause des rôles que tu as endossés : SS de pacotille, patriote d’occasion, résistant de composition. La saloperie n’a aucun rapport avec la lâcheté ou la bravoure.
Non. Le salaud, c’est l’homme qui a jeté son fils dans la vie comme dans la boue. 
Sans trace, sans repère, sans lumière, sans la moindre vérité. Qui a traversé la guerre en refermant chaque porte derrière lui. Qui s’est fourvoyé dans tous les pièges en se croyant plus fort que tous, qui a passé sa guerre puis sa paix, puis sa vie entière à tricher et à éviter les questions des autres. Puis les miennes.
Le salaud, c’est le père qui m’a trahi. » 
J’ai été d’autant plus marqué par ces 330 pages que j’avais tardé à lire une histoire qui remonte une fois encore à la paternité, à la guerre et bien au delà.
J’ai été saisi par l’intégrité de l’écriture, et par la pertinence du montage qui pose en parallèle la douloureuse révélation du passé d’un père et le procès Barbie dont le compte rendu a valu au narrateur, journaliste de Libération, le prix Albert Londres de 1988.
J’en étais à apprécier les nombreuses bières que père et fils partagent ou pas aux abords du palais de justice de Lyon qui permettent une pause furtive parmi tant de tensions, de récits d’horreur dont les plus explicites ne sont pas forcément les plus atroces.
Le récit dramatique du départ à la retraite de la mère qui se tient tellement discrète dans un coin de la pièce constitue un moment de vérité tranchante dans une œuvre consacrée à la difficile, impossible, transcription de la réalité.
Tout est intense : l’auteur de « Mon traitre » va à Izieu dans la maison où plus de quarante enfants et leurs éducateurs furent déportés sur ordre de Klaus Barbie. 
« J’ai regardé la montagne. J’ai posé mes fleurs là, au bord de la route, sur cette tombe qui ne se doutait pas. Je me suis retourné une dernière fois. La lumière était trop belle. C’était là. »

1 commentaire:

  1. Maintenant, je suis très circonspecte sur tout cela.
    Hier matin, j'ai allumé une radio du service public pour entendre un reportage qui nommait un homme accusé de pédophilie sur un enfant de six ans, mais des années après. Puis, une énième dénonciation des crimes des mâles sur les innocents dans le monde de la culture.
    Plus le temps passe, plus je deviens... circonspecte sur les campagnes pour discréditer les hommes, et les pères par tous les moyens.
    Nommer quelqu'un sur une radio de service public relève de la calomnie, pure et simple. Il n'est pas le rôle de la presse du service public de participer à la calomnie, et ceux qui, la main sur le coeur, militent en criant à tue-tête pour le droit... ou plutôt.. les droits, n'ont rien à cirer de la justice, ou du droit en ce moment, car ils sont les mêmes qui participent à vider le droit de son contenu. On nous a dit, à juste titre, d'ailleurs, que nous ne vivions pas dans des pays qui respectaient le droit, mais qui va dénoncer la radio de service public pour faire de la calomnie ? Et ne me dites pas qu'une dénonciation des années après les incidents est digne d'un pays qui se drape dans son amour pour la justice, parce que là... j'ai une voiture d'occasion que je voudrais vous vendre... (mais non, car ma vieille presque voiture de collection n'est pas à vendre... sans électronique dessus...)

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