Ce récit, dans les eaux glacées, enlève toute trace de
romantisme au travail des bretons alors que les violentes conditions de vie auraient
justifié « burn out » à chaque heure et plainte pour harcèlement à
chaque mot.
L’accumulation de cadavres n’était pas forcément nécessaire
à mes yeux pour convaincre de la force de ce témoignage mis une fois encore
efficacement en scène par un maître du noir et blanc et du cadrage.
L’alcool permet de s’étourdir tant les hommes sont sans
pitié entre eux, affrontés à la peur, au froid, à la faim, aux blessures pour
lesquelles il n’y a que la pisse pour désinfecter.
Des kilomètres de lignes
sont lancés depuis les doris, des barques à remplir de morues.
Mais dans l’immensité de l’Océan et le brouillard,
quelle angoisse de ne pas repérer facilement le bateau que l’on a quitté où se sale le poisson qui va
nourrir la France !
Cela s’appelait « Promener le parisien » quand
« il fallait nager (ramer) pendant
des heures
pour essayer de rejoindre le voilier au son de la corne de
brume ».
Mais... comment être sûr que ce "témoignage réaliste" est vraiment vrai de vrai vie ? J'ai déjà remarqué qu'à une époque qui jure par la foi que le vraisemblable EST la vérité (en plus... ce qui est vraisemblable pour notre regard d'après coup) tout ce qui n'est pas totalement (oui, totalement...) noir sera taxé de sentimental. Les sentiments eux-mêmes sont taxés de "sentimental". Une telle attitude, une telle esthétique, donne raison à l'entreprise d'Adolf Hitler lui-même, qui était de détruire notre humanité EN NOUS. Une sorte de foi... dans le désespoir par peur d'être dupe en espérant, en osant voir une petite lueur quelque part dans le noir ? Non ?
RépondreSupprimerMais en quoi, c'est VRAIMENT réaliste, en tenant compte du FAIT ? que la vie n'a aucune obligation d'être vraisemblable ?
Pas plus vraisemblable que le fait que les troupes ennemis pendant la Première Guerre Mondiale faisaient trêve la veille de Noël dans les tranchées, et FRATERNISAIENT dans la fraternité de la fête de Noël. Réaliste ?
Notre "vraisemblable" devient de plus en plus étriqué, de mon point de vue. Triste. Comme nous, d'ailleurs.