L’adjectif « photographiques » qui accompagnait la promesse des
« Rencontres » arlésiennes a disparu, mais les 3000 images présentées
par 300 artistes peuvent nous parler, sans recours forcément aux discours envahissant les cimaises.
https://blog-de-guy.blogspot.com/2025/09/les-rencontres-de-la-photographie-arles.htmlMitraillé par Tik-tok, secoué par l’IA, saoulé de selfies, le
huitième art n’échappe pas aux « enrobages discursifs » familiers de
l’art contemporain , recouvrant de leur vocabulaire
inclusif et laxatif des propositions absconses
sur le canapé
d’artistes "émergents" "en immersion". De beaux textes poétiques épinglés à la verticale à côté
d’images grises prises autour de la Méditerranée peuvent paraître difficiles
d’accès et les écrits de Nathacha Appanah, prix Femina, autour de photographies
évoquant les rêves, mériteraient plus de temps pour aller au-delà de « la
pâle copie » que serait la silhouette d’un homme et permettre d’aller voir « notre
complexité et notre insignifiance mélangées. » Les conditions de
présentation des écrits ne répondent pas aux mêmes critères que celles des
images souvent magnifiées dans les chapelles ou les entrepôts de la
ville.Cette 57° édition vise à « relire les mondes »,
« ce qui persiste et se transforme » et réussit à nous inciter à
« regarder le monde avec plus d’intensité ».Des auteurs mettent en lumière en de chatoyants paysages, le
travail des bactéries,
voire l’action des sucs gastriques sur des pellicules
argentiques.Quelques expositions éloquentes se dispensent de bavarder,
quand la poésie du finlandais Pentti
Sammallahti, son humour, vont vers la beauté. La puissante rétrospective
de l’œuvre du reporter Alain Keler
révise les conflits dans le monde depuis la deuxième guerre. Ayana V. Jackson se met en scène avec
élégance dans des tableaux impressionnants de précision et d’énergie.La diversité des regards et leurs évolutions dans le temps
(performatifs, affectifs, éthiques…),
la pertinence des thèmes structurants
l’exposition « Le modèle animal »,
la beauté, nous séduisent et nous scrutent. Pas de meilleure place que le
jardin d’été pour exposer des fleurs vues par ailleurs dans le lieu dit
« La mécanique générale » entouré d’un jardin méditerranéen bien
entretenu plutôt moins aride que certaines de nos pelouses dauphinoises.Une présentation des livres photo jeunesse bénéficie aussi
de la variété des approches.L’Afrique longtemps discrète s'impose avec les
afro-américains en tête d’affiche.Il y avait la queue à l’espace Van Gogh pour la jazzie
Martine Barrat française
installée à New York. Bruno Boudjelal a voyagé de Tanger au Cap.L’émergence d’une espérance après l’indépendance du Ghana en 1957 apparait dans les
portraits intimes quand les protagonistes entrent en relation. Les romans-photos jadis méprisés sont remis au goût du jour
du côté d’Abidjan dans les années 70. S’il y a des vidéos troublantes comme les rues de Taipeh
vides de tous ses habitants lors d’un exercice d’alerte, des productions d’amateur peuvent également
être touchantes, mais « Le roman
algérien » dans l’église Saint Blaise m'a paru vraiment insuffisant.Des reportages et documentaires pour le magazine Stern par Marie-Claude Deffarge et
Gordian Troeller s’intitule « Des Images qui ne font pas rêver »,
pas plus qu’ « Une traversée katangaise » inextricable
situations au pays de l’ « extractivisme ». Harry Gruyaert aime les couleurs, Ming Smith préfère les flous.Omar Victor Diop
s’incruste dans des photos de familles blanches des années 60 et Thato Toeba
redécoupe et colle, « Tout le monde peut être Lucifer ».Les extra terrestres, les consignes de sécurité chez EDF
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