jeudi 3 septembre 2026

Rencontres Arles 2026.

L’adjectif « photographiques » qui accompagnait la promesse des « Rencontres » arlésiennes a disparu, mais les 3000 images présentées par 300 artistes peuvent nous parler, sans recours  forcément aux discours  envahissant les cimaises.
https://blog-de-guy.blogspot.com/2025/09/les-rencontres-de-la-photographie-arles.html
Mitraillé par Tik-tok, secoué par l’IA, saoulé de selfies, le huitième art n’échappe pas aux « enrobages discursifs » familiers de l’art contemporain ,
recouvrant de leur vocabulaire inclusif et laxatif des propositions absconses 
(Ecole nationale « Supérieure » de la photographie)
ou n’intéressant que les copains posés 
sur le canapé d’artistes "émergents" "en immersion".
De beaux textes poétiques épinglés à la verticale à côté d’images grises prises autour de la Méditerranée peuvent paraître difficiles d’accès
 
et les écrits de Nathacha Appanah, prix Femina, autour de photographies évoquant les rêves, mériteraient plus de temps pour aller au-delà de « la pâle copie » que serait la silhouette d’un homme et permettre d’aller voir « notre complexité et notre insignifiance mélangées. »
Les conditions de présentation des écrits ne répondent pas aux mêmes critères que celles des images souvent magnifiées dans les chapelles ou les entrepôts de la ville.
Cette 57° édition vise à « relire les mondes », «  ce qui persiste et se transforme » et réussit à nous inciter à « regarder le monde avec plus d’intensité ».
Des auteurs mettent en lumière en de chatoyants paysages, le travail des bactéries, 
voire l’action des sucs gastriques sur des pellicules argentiques.
Quelques expositions éloquentes se dispensent de bavarder, quand la poésie du finlandais Pentti Sammallahti, son humour, vont vers la beauté.
La puissante rétrospective de l’œuvre du reporter Alain Keler révise les conflits dans le monde depuis la deuxième guerre.
Ayana V. Jackson se met en scène avec élégance dans des tableaux impressionnants de précision et d’énergie.
La diversité des regards et leurs évolutions dans le temps (performatifs, affectifs, éthiques…), 
la pertinence des thèmes structurants l’exposition « Le modèle animal », la beauté, nous séduisent et nous scrutent.
Pas de meilleure place que le jardin d’été pour exposer des fleurs
vues par ailleurs dans le lieu dit « La mécanique générale » entouré d’un jardin méditerranéen bien entretenu plutôt moins aride que certaines de nos pelouses dauphinoises.
Une présentation des livres photo jeunesse bénéficie aussi de la variété des approches.
L’Afrique longtemps discrète s'impose avec les afro-américains en tête d’affiche.
Il y avait la queue à l’espace Van Gogh pour la jazzie Martine Barrat française 
installée à New York.
Bruno Boudjelal
 a voyagé de Tanger au Cap.
L’émergence d’une espérance après l’indépendance du Ghana en 1957 apparait dans les portraits intimes quand les protagonistes entrent en relation.
Les romans-photos jadis méprisés sont remis au goût du jour 
du côté d’Abidjan dans les années 70.
S’il y a des vidéos troublantes comme les rues de Taipeh vides de tous ses habitants lors d’un exercice d’alerte, des productions d’amateur peuvent également être touchantes, mais «  Le roman algérien » dans l’église Saint Blaise m'a paru vraiment insuffisant.
Des reportages et documentaires pour le magazine Stern par Marie-Claude Deffarge et Gordian Troeller s’intitule « Des Images qui ne font pas rêver »,
pas plus qu’ « Une traversée katangaise » inextricable situations au pays de l’ « extractivisme ».
Harry Gruyaert
aime les couleurs,
Ming Smith préfère les flous.
Omar Victor Diop s’incruste dans des photos de familles blanches des années 60
et Thato Toeba redécoupe et colle, «  Tout le monde peut être Lucifer ».
Les extra terrestres, les consignes de sécurité chez EDF 
ou les images dites cannibales m’indiffèrent
alors que la maladie d’Alzheimer d’une grand-mère ou le travail de Clément Cogitore « Memory palace » sur la mémoire me concerne.
S’il n’y avait pas de gris, il n’y aurait pas de noir profond ni de blanc éclatant.

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