lundi 7 septembre 2026

L’Odyssée. Christopher Nolan

En ces temps empressés, il est remarquable qu’un poème homérique de près de 3000 ans puisse inspirer encore les artistes et attirer de nombreux spectateurs. 
Loin du carton pâte des péplums, ce sombre voyage d’Ulysse est spectaculaire sans que le réalisateur n’abuse des effets spéciaux. 
Hormis Athéna, les dieux sont discrets mais les cyclopes et autres monstres familiers sont effrayants à souhait.
Il fallait bien du sang froid à Ulysse (Matt Damon) 
absent d’Ithaque pendant fort longtemps pour ne pas succomber à la belle Calypso
(Charlize Theron) qui lui offrait, de surcroit, l’immortalité. 
Si les thèmes du rachat, de la culpabilité, de la mémoire, de la fidélité, de l’hommage aux morts sont éternels, celui de la violence parcourt les 2h 50.
Comme chaque époque peut interpréter cette quête de soi même, de façons différentes, me trouvant à l’étape des héritages, j’ai retenu l’importance de la transmission.
La musique participe à l’épopée épique et le traitement attendu du chant des sirènes que l’on n’entend pas comme l’équipage aux oreilles bouchées à la cire, constitue une pirouette bienvenue dans cette accumulation d’épreuves. 
Les lois de Zeus concernant l’accueil des étrangers demandent à être rappelées par l’auteur britannique et américain ainsi que le questionnement à propos de la barbarie que notre hellénique civilisation n’a pas vraiment résolu.

1 commentaire:

  1. Là, je reviens à la charge, comme tu peux l'imaginer. Je ne suis pas allée voir le film, restant fidèle... à moi-même. Ce qui me pousse à bouder en ce moment, c'est la dimension planétaire du cinéma, et surtout le cinéma hollywoodien. Il y a un culte du cinéma hollywoodien, et il date de loin. Déjà ma mère et SA MERE allaient dans les années 30 et 40 voir les films de Hollywood dans leur petit bled américain. Et je reconnais que j'aime beaucoup de ces vieux films de Hollywood, surtout à l'époque où les réalisateurs européens fuyaient la tourmente pour débarquer en terre refuge, aux U.S.. Mais... ça fait longtemps que ce contexte est périmé maintenant. Je crois maintenant que le bras droit de ce qui est devenu l'empire américain passe par le cinéma grand public, et qu'il ambitionne de coloniser LA PLANETE ENTIERE, ce qui ne fait pas le bonheur des gens qui ne pensent pas comme nous, et qui ne veulent pas SE TROUVER COLONISES par la propagande qu'exporte notre civilisation en ce moment. J'ai un peu de... sympathie pour ces gens qui ne veulent pas que le monde soit le grand terrain de jeu des NOUVEAUX COLONS américains, et leurs.. vassaux ? européens. Je n'approuve pas du tout leur manière de manifester leur résistance à nos BONNES INTENTIONS POUR EUX (d'autant plus que je ne vois vraiment pas de quel droit nous cherchons à exporter une culture qui est en faillite, et pas du tout un succès humain. La preuve de la faillite : des enfants qui se pendent à 7 ans, le nombre de drogués parmi la jeunesse, et pas que. Non, ce n'est pas une culture qui réussit, de mon point de vue.).
    Et je vois dans le fait de s'emparer de "L'Odyssée" une action forte de PROPAGANDE pour la réinterprétation de ce texte qui figure parmi les textes fondateurs de notre civilisation, en le mettant à la sauce de ce qui se veut une idéologie planétaire qui nous rassemblerait sous un nouvel universel, une nouvelle.. "bonne nouvelle". Un universel... de l'IMAGE, du cinéma, qui plus est. Mais je n'y vois pas du tout une nouvelle "bonne nouvelle". Je ne vois pas du VRAIE NOUVEAU, là, mais plutôt du vieux... très fatigué.
    La question reste entière, et depuis l'invention de l'écriture elle est brulante : QUE FAIRE DE L'HERITAGE ?

    RépondreSupprimer