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vendredi 27 février 2026

Antifa.

Front contre front, les fâcheux antifa font le jeu des fachos.
Le respect de la vie humaine, minimum requis pour vivre en société n’est plus en tête de gondole, quand tant de valeurs inversées mettent cul par-dessus bu notre civilisation :
- la tolérance accepte les plus moyenâgeuses oppressions,
- l’esprit critique dévoyé revient à une représentation de l’Univers d’avant Galilée.
Commencé dans le symbolique avec une tête de ministre en baudruche écrasée sous un pied, la tête d’un militant d’extrême droite a explosé sous les coups de tatane de ceux qui prétendent  souhaiter une société meilleure. 
Je m'exfiltre hors du temps en remarquant que la croyance en la pertinence de leurs idées est si faible qu’il n’existe plus pour eux que la puissance physique d’avant l’écriture.
Plutôt que d’essayer de convaincre, on supprime un homme.
Pour avoir été de la génération dont un des slogans fut l’affligeant CRS=SS, je peux me montrer encore plus sévère envers les références à la Résistance des «  jeunes gardes » dont il faut prendre garde, et qui pour être romantiques n’en sont pas moins grotesques. 
Le secrétaire de Jean Moulin avait commencé bien à droite.
S’habillant d’épiques costumes, comme ceux qui ont essayé de ressusciter un éphémère Front Populaire, ils pourraient faire mentir ceux qui déplorent que l’histoire ne nous apprend rien, mais ils dévalorisent le combat des patriotes qui avaient la Wehrmacht en face et ne maniaient pas que des fumigènes. Trump et Poutine peuvent rire. 
Tous ces murs écroulés, ces vies qui partent au caniveau, submergent les heures consacrées à la connaissance et pendant ce temps les universités regardent si les points à la fin des mots sont bien posés et leurs élèves considèrent que les écrivains morts ne doivent plus vivre, surtout si ce sont des garçons. 
La dénonciation des élites, bien méritée est devenue le carburant de la conversation : Epstein est désormais plus célèbre qu’Einstein et tout le monde tire sur Lang : la roche Tarpéienne est bien proche du Capitole. 
Tout le monde se déchaîne contre l’ancien ministre de la culture et avoue : « on savait bien », comme pour les accointances de Jean Luc Mélenchon que certains font mine de découvrir.
Il est vrai que l’ancien sénateur a souvent varié mais avec Rima Hassan, Thomas Porte, Sébastien Delogu et autres fichés S, ils s’en voudraient de paraître appartenir à une gauche aspirant aux responsabilités. Ne reconnaissant pas dès l’élection du Président de la République sa légitimité, ils se sont employés à décrédibiliser le travail de l’Assemblée et à prôner la désobéissance aux règles de l’Europe, tout en étant bien peu allant aux côtés de l’Ukraine. 
Ils partagent le gâteau du populisme avec le RN quand le courage devient une denrée tellement rare que d’envisager un jour de congé de moins s’est avéré suicidaire.
Et il n’est pas besoin d’enquêtes approfondies pour connaître les liens avec les mâles de la Jeune Garde dont la dissolution n’a pas atténué la virulence des trolls, le mépris des porte- paroles et leurs vérités alternatives très trumpiennes. 
Il faut des mémoires courtes pour oublier leur refus d’appeler au calme les émeutiers de 2023 ou demander la libération d’un écrivain algérien et leurs contorsions pour ne pas condamner les tueurs de Téhéran, sans remonter à la crise du COVID avec leurs complaisances envers les anti-vax. Leurs excès apportent plus de voix au RN que les apparitions de Bardella.  
« Le fascisme peut revenir sur la scène, à condition qu’il s’appelle anti-fascisme. » 
Pier Paolo Pasolini

vendredi 13 février 2026

Poignard.

Une enseignante poignardée, une de plus ; des cellules psychologiques ont été mises en place.
Recherchant si j’avais déjà casé le mot « poignard », je viens de relire un de mes articles qui tourne autour de la sidération d’alors devenue une posture ordinaire :
Nos indignations répétées mettent en relief nos impuissances.
Bougies et marches blanches viennent trop tard pour apaiser les culpabilités et les promesses sont vaines : « plus jamais ça ! »
L’incantation dérisoire rejoint les revendications rituelles de plus de postes d’infirmières pour les guérisseurs de gauche et de policiers pour les justiciers de droite.
Les autres, la société, le Président sont rituellement accusés, alors que des adolescents, aussi souvent infantilisés que jugés aptes au vote de plus en plus précocement, étaient au courant des intentions de l’agresseur et se sont tus.
« On n’est pas des balances ! » 
La loi de l’omerta n’est pas qu’une spécialité corse, elle a gagné la mal nommée « communauté éducative » à laquelle les élèves ne font plus confiance. Cette conjugaison au présent appelle un bémol puisque des exhumations récentes du passé de certaines institutions recevant des enfants justifieraient pour le moins quelque méfiance.
Dans le même déni que celui des déficits budgétaires, le refus d’envisager une responsabilité d’individus réfugiés dans un silence complice, est dommageable.
Quand 364 armes blanches ont été saisies en quatre mois lors de contrôles inopinés autour des collèges, le respect de la vie humaine devient un souvenir de catéchisme obsolète.
Il n’y a pas qu’autour des points de deal où se règlent des comptes pour quelques centaines d’€uros que le pronostic vital de notre humanité est engagé.
Le réel, tranchant comme un couteau, a disparu derrière les écrans, l’au-delà des fictions a pris le pas sur la vie d’ici bas. Les cris de l’extrême gauche ou le silence cauteleux de l’extrême droite cachent une dépolitisation, une déresponsabilisation de la société. Bien qu’une telle globalisation éloigne toute solution effective.
En scrollant entre deux recettes pour préserver notre santé et rétablir peut-être des capacités d’attention que nous savons amenuisées chez les adolescents et plus encore chez les mous du bulbe que nous sommes devenus, nous les anciens des écoles écroulées : il convient de diminuer notre temps d’écran.
Mais cibler le symptôme de nos addictions ne résoudra pas le délitement du lien social qui serait mis en danger par de telles injonctions. En mettant les phones au placard, des fauves pourraient se déchaîner, des silences s’installer, des fraudes devenir salvatrices…
Alors pour ne pas fâcher jusqu’à deux générations de mes descendants,  je me contenterai de ces quelques réflexions sous verre qui n’ont même pas l’excuse d’une élégante originalité.
Brasseur de mots usés, il est heureux que ceux-ci ne marquent plus guère, je risquerai d’en croiser qui me feraient rougir. 
Je ne me console même pas en m’interrogeant : les puissants sont-ils si puissants ? Bien des Jupiter ont été plutôt entravés comme Prométhée, empêchés pour le pire et le meilleur par des normes éprouvantes et des lois protectrices. 
« Un téléphone portable sur dix est volé dans l’année : 
 les agresseurs sont généralement sans mobile. »
Laurent Ruquier.

vendredi 30 janvier 2026

Laïcité. Le « 1 » hebdo.

L’hebdomadaire qui tient en une feuille qu’il faut déplier, expose l’état des lieux de cette notion française, la Laïcité, venant d’un long processus de résolution de nos guerres de religion depuis l’Edit de Nantes et permet de  
« Rendre à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. ».
La loi de séparation des églises et de l’Etat présentée sous forme de fac-similé précise en son article premier qui en comporte quarante : 
« La république assure la liberté de conscience ».
Cette dimension historique est bien présente par le dessin et l’étude du mot « Lucifer » par lequel est contée l’amitié amoureuse entre Emile Combes en guerre contre les congrégations et Mère Marie bénie de Jésus venue plaider le maintien des Carmélites d’Alger, va au-delà de l’anecdote.
La poésie de Rabindranath Tagore : 
« Je puis aimer Dieu qui me laisse libre de le nier » 
prend des airs nostalgiques depuis l’Inde où vivaient en paix hindouistes, musulmans, athées, bouddhistes, autrefois.
La situation actuelle est examinée en confrontant des opinions différentes, se plaçant au dessus des querelles entre l’extrême droite s’élevant contre le voile pour contrecarrer l’Islam et l’extrême gauche affichant le voile pour instrumentaliser l’Islam à des fins électoralistes.
Les considérations stratégiques à court terme prennent le pas sur des approches civilisationnelles plus ambitieuses.
Aristide Briand avait estimé dérisoire la volonté d’interdire la soutane dans l’espace public : 
« L’ingéniosité combinée des prêtres et des tailleurs 
aurait tôt fait de créer un vêtement nouveau. »
Entre discrétion des signes religieux et affirmation identitaire, les appréciations varient d’une génération à l’autre. 
Et il est bon d’aller voir ailleurs comment les états gèrent les églises, et de nous monter attentif envers Souleymane Bachir Diagne, un philosophe sénégalais, lorsqu’il invite à regarder « l’universel depuis le pluriel du monde ».
« Il n’existe pas dans la République de religion d’Etat » 
l’affirmation avait tout de l’évidence, elle devient solennelle quand il est précisé que l’article de Robert Badinter avait été écrit  en hommage à Samuel Paty.

vendredi 23 janvier 2026

Pervers.

Grâce aux moyens que nous offre l’Amérique qui nous tient pas seulement par la carte (bleue), voici pour les familiers de mon bistroquet (virtuel) quelques mots pas encore générés par l’IA, bien que de GPS en Google, je serai bien ingrat de me proclamer indifférent à leurs bénéfices.
Je reviens sur une expression très usitée en son temps: « les effets pervers » considérés alors comme des dommages collatéraux, passent désormais en première ligne.
On aurait tort de qualifier de « foucades» les actes de Trump saturant nos comprenettes, mais  il s'agit de coups éhontés portés à l’humanité qui en oublie Gaza, Kiev, Téhéran et Le Soudan.
Je n’échappe pas à l’hystérisation des débats, et carrément désinhibé moi aussi, j’abandonne mes prudences habituelles au point que la souris de mon ordi en tremblote.
En ces temps réchauffés, j’oublie mes gants, mais pas mes tics au pays des tocades. 
Assis sur la même balançoire, les woke ont fait gagner Trump, à son tour il les remet en selle par ses outrances affolantes.
Des années de dénigrement de la France: voilà le roi nu et nous à poil !
Ah les bonnes âmes peuvent regretter nos faiblesses, leurs  extrêmes amis n’ont cessé de remettre en cause la légitimité des élus, tout en minant l’institution parlementaire dans un chahut permanent qu’affectionnent les putes à clics. Certains ont ressorti le mot « légitimité »  pour parler de Maduro !
La rigolade étant devenue le sésame de toute réflexion à l’heure où l’humour délaisse le second degré, malheur aux tristes qui rappelleraient le déficit budgétaire, la dépression démographique et que la guerre tue.
Toute profession hors du champ des loisirs pose problème aux laudateurs des ZAD, sans la gadoue, se faisant livrer leurs graines par porteur à domicile.
S’il fut un temps où les métiers de caissières, d’éboueurs, d’hospitaliers furent applaudis, ils n’ont pas quitté leur statut de « boulots de merde » dans les orientations souhaitées à la sortie des Parcours Sup. Les torcheuses de culs se retrouvent dans le mépris avec les travailleurs du nucléaire et autres conducteurs de camion ... 
Il ne reste plus qu’à craindre une nation peuplée d’influenceuses et de coachs dans la tradition du frenchy donneur de leçons. Surtout que les profs n’ont plus voix au chapitre, en particulier les naïfs pénétrés par la vocation comme dirait le dernier des prêtres – pédophile - comme il se doit.
Les volailles qui font l’opinion après avoir tant picoté n’auront plus rien à becqueter lorsque viendront au pouvoir les incompétents de la sinistre droite extrême aussi.
Jojo le gilet jaune valait un prix Nobel en économie, les scientifiques n’étaient pas « fun » et les profs trop verticaux, pas « cool »  et pour beaucoup tout leur est égal.
Il a fallu que Marianne, symbole de la République, soit martelée pour prendre conscience des fractures de notre société : ce n’était pas qu’un buste de plâtre. Mais c'est vieux tout ça!
Il est tard et l’on ne formera pas en un claquement de doigt des médecins soucieux de l’intérêt général, ni des ingénieurs offrant des alternatives européennes à l’IA, pas plus que des tisseuses ou des arracheurs de pomme de terre…  
Jadis, je trouvais beaux ces mots de Ferré :
« Les préfectures sont des monuments en airain, 
Un coup d'aile d'oiseau ne les entame même pas ». 
Mes yeux s’écorchent désormais quand des traces tenaces maculent les murs de nos institutions et que brûlent écoles et bibliothèques.
A chacun ses figurines au jeu de massacre qui nous en font oublier d’autres moins colorées mais puissantes justement par leur discrétion (relative) : Rima Hassan derrière Mélenchon, Vance derrière Trump… 
Des controverses  avant les municipales à Grenoble valorisent Piolle en le plaçant au centre des attaques, elles rendent invisibles tout projet, en allant au-delà de l’adage :
« Qu'on parle de moi en bien ou en mal, peu importe. L'essentiel, c'est qu'on parle de moi ! » Léon Zitrone.

vendredi 9 janvier 2026

Le Postillon. N° 79.

La pastille qui accompagne le titre «  Journal post-IA » convient bien pour illustrer l'engagement du périodique grenoblois contre le « refroidissement technologique » qu’il documente abondamment dans sa dernière livraison à propos du CEA. Son titre malheureusement excessif mine leur crédibilité en parlant de « scandale et de détournement d’argent public en bande organisée » sur fond de dessin évoquant la mafia. 
Pourtant au pays des ingénieurs la course aux brevets se révèle bien artificielle, et « les startups biberonnées par le CEA » ne tiennent pas toutes les promesses affichées au moment de leur lancement. 
Les effets de mode peuvent coûter cher, ainsi les promesses de la physique quantique ont du mal à se concrétiser parait-il chez « Quobly » ou avec la mise au point d’un « nez électronique » chez Aryballe. 
Plus banalement la production de batteries électriques par « Verkor » ou d’écrans par « Aledia » s’avère compliquée. Les pépites technologiques ont levé des pépettes par milliards, les financeurs de licornes peuvent parfois se sentir pousser des cornes.
Les pages consacrées aux candidats concourant pour les municipales développent quelques anecdotes sibyllines au détriment d'une présentation des projets. Par contre le rappel des fusillades du temps de Carignon relativise les promesses de sa campagne axée essentiellement sur la sécurité : l’affaire est complexe et les aggravations récentes devraient mobiliser tous les bords.  
Sinon les reporters en vélo et qui tiennent à préciser à chaque fois leur moyen de locomotion pourront poursuivre leur déambulation en territoire abstentionniste, cette fois Saint Martin d’Hères.
Je suis flatté par une reprise d’un extrait d’une chronique de ce blog les concernant. 
Mais leur souhait de décroissance énergétique me semble bien utopique, tant toute tentative de changement même anodine se heurte à des oppositions coriaces décourageant les plus audacieux.
Les journalistes en deux roues n’échappent pas au langage de l’entre soi, illustré par un plan de Grenoble imagé devant lequel je pouvais me retrouver il y a quelques années mais qui m’est étranger cette fois, car trop allusif, et puis la carte des EHPAD m'est devenue plus familière que celle de skateparks.
Ils font leur boulot en nous tenant au courant des enjeux autour des logements de la cité universitaire du Rabot
«  La vie n’est pas un moellon fleuve tranquille »  
Le sujet du logement pourrait être développé, tant le chiffre de 3700 locaux vides depuis plus de deux ans dans l’agglomération grenobloise me semble à peine croyable quand squats et occupations se multiplient et que le nombre de sans abris ne diminue pas.
L’installation de Decitre au BHV (anciennement Galeries Lafayette) fait davantage jaser que la énième crise du Magasin. Les difficultés du libraire après que le groupe Furet du Nord en ait fait l’acquisition est à rapprocher des problèmes des sirops Teisseire racheté par le géant Carlsberg. 
Il est utile de mentionner le ralentissement de l’activité du fret ferroviaire à Saint Martin Le Vinoux, bien que cette moindre activité ne me semble pas à mettre essentiellement sur le dos du Lyon-Turin. L’industrie chimique, décriée dans ce journal critique, n’utilise plus autant les trains : la décroissance chérie par les postillonneurs  a des allures de déprise, de déprime.
Alors à la question élémentaire posée à des doctorants préparant la présentation de leurs travaux lors du 14° chapitre d’un de ceux qui « relève la tête du guidon connecté » : 
« Qui je suis ? Pourquoi je suis là ? Pourquoi  je travaille là-dessus ? » 
une réponse unique ne peut être donnée en 28 pages à 4 €. 
Par contre l’exemple d’une jeune qui tient une  toute petite librairie à Gières malgré ses difficultés, maintient le moral  du lecteur qui a tendance à décroitre à mesure que la dette croit. 
Et juste pour énerver mes journalistes à bicyclette préférés, en tant que partisan du train Lyon -Turin, je ne désespère pas des humains, quand des techniciens des ciments Vicat font preuve d’imagination en voulant enfouir dans la mer Adriatique, les masses énormes de CO2 (quatre fois les émissions de la ville de Grenoble) produites par les cimenteries de Montalieu.

vendredi 2 janvier 2026

Mal aimé.

Je ne crois plus guère au père Noël, mais quand je l’ai croisé à la station service et qu’il a soulevé son casque de moto, j’ai vu un papy maghrébin qui allait rejoindre d’autres barbus en rouge pour distribuer des cadeaux à des enfants malades.
Je ne suis pas le seul à continuer à aimer les contes, quand le monde entier s’attendrit devant un loup végétarien de chez Inter Marché, alors que les massacres entre nous ne connaissent pas de trêve. 
« Je suis le mal aimé
Les gens me connaissent
Tel que je veux me montrer
Mais ont-ils cherché à savoir
D'où me viennent mes joies ? »
 
La chanson de Claude François qui accompagnait la publicité occupe les têtes. 
Après les confiseurs sans trêve, la forme écrite peut essayer de prendre du recul sur les approximations et les silences accompagnant les repas de fêtes, rares espaces de contradictions avec des noms qui créent facilement la connivence: Trump et Sarkozy.
Une fois les ricanements éteints à propos de péripéties anecdotiques, des trajectoires au long terme se confirment.
Plutôt que l’installation à la Maison Blanche d’une salle de bal, celle d’un « bureau de la foi » me semble plus signifiante. Au moment où les églises deviennent des musées, le religieux repointe son nez dans la conduite des affaires publiques tandis que la laïcité se trouve remise en cause.
Par ailleurs, les propos d’un prisonnier de dix jours concernant l’union des droites sont plus lourds de conséquences, que son usage d’un téléphone fixé au mur. 
Le ralliement si peu impromptu de Trump à Poutine témoigne de proximités établies depuis longtemps. Si les croix gammées ne se hissent plus au dessus des frontons, le culte de la virilité blanche et de la religion, marqueur de l’extrême droite les réunit. Et l’indulgence de Mélenchon à l’égard du Kremlin, par anti américanisme viscéral, devient absurde depuis que Donald et Vladimir sont de mèche. L’« héritier du soviétisme » bien qu’il ait désigné l’Europe comme l’ennemie avec ses drones et usines à trolls, truffé les champs de blé de mines, causé des milliers de morts, connait bien nos faiblesses : certains chez nous ne voient pas où est le problème. Quelle invasion de l’Ukraine ?
Emmanuel Todd ajoute à la confusion :
« Seul le bloc centriste macroniste mérite le qualificatif d'extrême droite »,
si bien que les mots perdent tout leur sens, la stupéfaction nous paralyse.
La banalisation de l’inconcevable conduit à l’indifférence avec le terme « nazi » appliqué à des personnes soucieuses de la rigueur orthographique mais disparaissant pour qualifier ceux qui remettent en cause la démocratie.
La progression des régimes illibéraux et la diffusion de leurs idées est inquiétante que ce soit  en Allemagne, en Espagne, au Chili qu’on croirait vaccinés contre le fascisme, en Italie.
Quand l’autorité des élus, des profs, des juges, des policiers, des parents, des scientifiques… est bafouée et que sont valorisées les défections au travail, 
quand l’auto flagellation se banalise, les certitudes simplistes deviennent désirables. 
Il me faudrait mettre bien des paroles entre guillemets : 
«  les récits de la modernité s’épuisent ».
Alors que « la planète brûle », la décroissance est devenue plus attrayante que le progrès, dans les discours, mais se heurte aux réflexes devenus massifs de mobilisation automatique contre toute proposition nouvelle, y compris chez les défenseurs les plus sincères de la nature, avec enterrement fatal de tout courage. La calamiteuse dissolution de l'assemblée nationale en deviendrait anecdotique, elle fut réclamée de toutes parts, mais sert d'alibi à tous les partis toujours pas sortis des ronds points bloqués. La tactique passe avant les urgences du pays .
« La folie, c'est de faire toujours la même chose et de s'attendre à un résultat différent ! »
Albert Einstein.

vendredi 26 décembre 2025

Diafoirus.

Parmi les antiennes des collègues de mon âge, le constat de la rapidité de la fuite du temps vient aggraver d’autres délitements.
En surface nous éprouvons ce que notre environnement subit et craignons tout ce que nous avons généré et qui nous dépasse : l’intelligence passe chez les robots, l’imbécillité se développe dans le déni de l’urgence climatique, des réalités budgétaires, des tensions commerciales et militaires.
Bien que la mise en valeur d’arguments contre-intuitifs devienne tendance, j’en resterais à l’esprit de contradiction pour voir l’IA comme rempart au populisme, dans la croyance que la science gagne toujours à la fin, comme l'équipe à Dédé.
Bien d’autres ont brodé à propos de notre vulnérabilité en tant qu’Européen, pensant que cette prise de conscience ferait notre charme, bien qu’elle regonfle les muscles des maîtres illibéraux d’un monde immonde. Notre régression démographique atteste la dépression d’une civilisation.
Les bouleversements tenant dans l’espace d’une génération, nous poussent à l’autodénigrement et accentuent des mouvements plus lents qui travaillent le corps social. 
Les populistes à la Bardelenchon peu encombrés de soucis de gouvernance au quotidien ni de scrupules envers ceux qui ne partagent pas leurs idées, carburent à la haine, exacerbent les particularismes au détriment du commun.
Les nationalistes les plus virulents sont financés par l’étranger intervenant directement dans les processus électoraux depuis les usines à trolls poutinesques ou sous pressions trumpistes au-delà de l’Amérique latine.
Face à ces ébranlements que le moindre pilier du bistrot numérique peut ressentir, on pourrait souhaiter que les investissements aillent vers une protection de nos mômes et de nos machines intelligentes, mais de sous, y a plus bezef. Les réparations des manques du passé empêchent les financements d’avenir par une puissance publique bien mal nommée.
Comme il ne faut point fâcher les retraités, les ressources pour accompagner la mutation climatique ne viendront pas : « grille, baby, grille ! »
Nos maux collectifs se déclinent au cas par cas chez nos médecins généralistes dispatcheurs de spécialistes dont les savoirs spécifiques renvoient vers d’autres errances médicales plus intuitives. Quand l’ostéopathe devient le recours pour traiter la globalité de l’être, il est bien tentant de voir le surgissement d’un « théos » (Dieu) des articulations douloureuses.
Des guérisseurs, d’autres diraient charlatans ne cessent de désigner le Macron comme cause de tous les maux comme dans une comédie où le poumon était incriminé à tous coups mais ne savent révéler la composition de leurs remèdes.  
« Les médecins laissent mourir, les charlatans tuent. »  
La Bruyère. 
Tel mon vieux copain d’école primaire dont on mouline la nourriture dans son EHPAD, je touille les métaphores entre médecine et politique n’étant plus en mesure de m’extraire d’un constat navrant d’une Europe qui regarde ailleurs alors qu’elle est désignée en tant qu'ennemie par Vladimir et Donald nommés ainsi que des personnages d’un distrayant film d’animation. 
Nous n’arrivons pas à penser et l’impensable s’annonce quand sont abandonnées les valeurs de laïcité, de sécurité, de travail, de responsabilité, comme il est pourtant répété de bien des côtés. 

vendredi 12 décembre 2025

Missionnaires cloîtrés.

Les descendants des anciens colonisateurs lestés de culpabilité ont peut être été soulagés par nos replis opérés en Afrique, à moins que l’indifférence l’ait emporté ; nous avons tant d’autres bourriques à fouetter.
Ces péripéties de moins en moins lointaines marquent une étape de plus dans le désenchantement de notre propre civilisation envoyant, pour le meilleur et le pire, des missionnaires, des ingénieurs, des militaires, des commerçants, des médecins, dans les pays chauds.
Nous ne croyons plus en Dieu, ni en nous-mêmes, comment peut-on être encore désirables et porter la bonne parole démocratique?
Les migrants en direction de l’Europe contredisent-ils ceux qui nous ont foutu à la porte ?
Les Russes prenant notre place seront-ils plus respectueux et plus désintéressés ?
L’Iran abrite le plus grand nombre de réfugiés (3,5 millions d’Afghans).
La réflexion : « La plus grande force de l’Europe est de se savoir faible » fait honneur à notre humanisme mais conforte Poutine qui a beau jeu d’exploiter nos doutes, et Trump.
Quand dans l’excellente séquence radiophonique des « Petits bateaux » avant le vespéral et dominical «  Masque et la plume » où ce sont les enfants qui posent les bonnes questions, un bambin de quatre ans et demi demande :  
« Pourquoi les grands ont plus de droits que les petits ? » 
La réponse est adéquate lorsqu’elle reprend les mots de la convention internationale des droits des enfants avec le droit d'être protégé, nourri, soigné, éduqué, de s'exprimer, d'avoir des loisirs… Mais il m’a semblé que ce petit se plaçant au niveau des adultes réclamait d’autres droits pour lui et non pour celui qui se casse les ongles dans quelque mine de terre rare.
Cet élève de maternelle se pousse du col et se pose en souverain contestant la loi, il en établirait bien une autre dans le prolongement d’une prise de parole valorisante.
Tout en me méfiant des généralisations, je ne m’interdis pas de voir là encore des fêlures dans le lien social, pour jouer avec les hiérarchies il a besoin de règles. Les grands, les grands parents, usaient trop volontiers d’arguments d’autorité maintenant dévalués, ils n’ont plus qu’à se défouler sur les réseaux qu’ils vilipendent dans la foulée.
Ce monde numérique sans visage exacerbe les violences, conforte les solitudes, aggrave les inaptitudes pour les peu coutumiers des froides machines.
« L'ennemi est sot; il croit que c'est nous l'ennemi alors que c'est lui. »
Pierre Desproges. 
Si je dis que je ne vais pas pleurnicher, c’est que je vais le faire, en voyant  l’humour en fuite, le second degré incompris, les symboles à la base des narratifs religieux, ignorés. Pas de recul, tout est pris au pied de la lettre, l’exigence dont on s’exempte pour soi est requise pour tous les autres. Le niveau baisse en littérature, le cinéma souffre, les chansons s’essoufflent, l’art contemporain se pose en tas qui indisposent, l’industrie souffre, l’école ne fait pas de vague, quant au niveau de la mer et à celui des politiques…
Delogu député LFI sur une chaîne algérienne : 
« Qu’est-ce que nous, Français, avons à voir avec la Pologne ? Je respecte l’État de Pologne et les Polonais et les Polonaises, mais qu’avons-nous à avoir avec eux ? Alors si je dois maintenant acheter, je dis n’importe quoi, des pommes de terre, il faut peut-être que j’aille les acheter de l’autre côté. Je dis ça, je sais même pas s’ils ont des pommes de terre là-bas ».
Il se présente comme maire de Marseille : un coup à devenir supporter du PSG !
Faut-il en rire ? Y a-t-il un adulte dans la salle ?  
« La technique atteindra un tel niveau de perfection
que l'homme pourra se passer de lui-même. » 
Stanislas Jerzy Lec

vendredi 28 novembre 2025

Responsabilité.

A l’image des chevaux ombrageux, voilà que les grands mots m’effraient, comme celui du titre qui pouvait occuper toute une vie, jadis. 
Pourtant j’avais déjà décliné, le mot. 
Je persiste à déplorer l’effacement de l’implication de chacun dans sa propre trajectoire.
L’individu, fils de toute une dynastie d’enfants-roi, préférant se placer en victime, estime que ce sont toujours les autres les fauteurs de difficultés, alors que Moimoi ne prend pas tellement part à la marche de la société bonne fille. 
La confiance et le respect ayant fui, la démocratie souffre.
De subventions à l’industrie à l’arrosage des vignerons pour arracher leurs vignes, 
la collectivité est constamment sommée d’agir.
Toujours plus de moyens sont demandés à l’Etat, entité abstraite en poils de bouc émissaire à laquelle on refuse toute contribution nouvelle.
Les maîtres d’un destin sans Dieu ni tribun, en sont pourtant toujours à se plaindre. "Le vertige écologique et la fragilisation économique" seraient des excuses pour les drogués. Quelques bien-pensants ne veulent surtout pas culpabiliser les consommateurs alimentant de puissants réseaux de narco trafiquants aux mœurs capitalistes des plus sauvages. 
Ni responsable, ni coupable.
Je me mets dans la file des amateurs d'absurdités et remarque dans un vieux film un bellâtre au moment de sa déclaration qu'un robot sans I.A. aurait pu formuler: 
« Si un jour je te fais mal, ce ne sera pas de ma faute ». 
Ma position de boomer me conduit à jouer souvent en défense, mais arrivé en haut du cocotier, de celui qu’on secoue pour faire tomber papou, j’assume aussi mes options de citoyen, de père, de grand-père, de mari, d’ami …
A la manière d’un Clémenceau affirmant 
« la Révolution française est un bloc dont on ne peut rien distraire », 
j’aime « en même temps », à contre temps de tant de tambourineurs, 
les contradictions de mon pays, ceux qui croient au ciel et ceux qui n’y croient pas.
On en arrive à manquer de mots comme le délicat Souchon doutant que « les français soient assez cons… » Et bien qu’il n’y ait pas d’autres raccourci en territoire populiste, il se montre contreproductif.
Le G 20, la Cop 30 ne disent plus rien. Trump fait peur au monde, à tout le monde.
Nos députés votant contre un budget par eux discuté paraissent anecdotiques bien que membres éminents du royaume de l’absurde. Ils s’amusent à l’abri de l’Europe mastrichienne, que certains vilipendent encore, alors que l’€uro nous a épargné dévaluation et autre crack.
Accablés de lointaines nouvelles catastrophiques où s’épuisent les clichés de chute de la falaise, la proximité vaut essentiellement pour le contenu de notre assiette, alors que nous n’avons pas vu qu’un proche n’était pas vraiment dans son assiette.
Pour se détendre, mon journal propose à la page des films de la semaine : 
l'enregistrement d’une fillette palestinienne avant sa mort, un documentaire avec les rushs de « Shoah », « Une traversée de l’Amérique des marges », « Queer panorama », « Hell in paradise »… « La monstruosité filmée au cœur de la maison familiale ». 
La fréquentation des salles de cinéma serait en baisse. 
« L'homme est responsable de Dieu. » 
André Gide

vendredi 21 novembre 2025

Modifié.

Les manières des réseaux Internet ont envahi tout l’espace.
Il n’y a pas un article dans la presse qui ne précise lorsque la parole est donnée à un témoin : « le prénom a été modifié » comme si mentionner son identité recelait un danger.
Avatars, pseudos et anonymes rejoignent les cagoulés, les voilées d’une société qui prône par ailleurs la transparence et l’expression sans filtre des individualités.
Tellement de gens craignent que Big Brother les surveille tout en rêvant d’être l’objet d’attentions particulières à fort potentiel de followers. 
Parmi les maladies mentales dont nous nous affublons dès les cours de récréation où le mot psychopathe est courant, paranoïa et grosse tête se portent bien, quand montent sur leurs égos les angoissés d’eux-mêmes.
La modestie est une qualité unanimement louée, alors que chacun réclame une place éminente dans le récit des existences sans que cette promotion doive forcément à des qualités remarquables. La proclamation submerge la reconnaissance et pendant ce temps la notion de responsabilité a du mal à être réhabilitée. Je fais ce que je veux mais ne réponds de rien : il doit bien y avoir dans le coin un paillasson en poil de bouc émissaire pour m’essuyer les pieds.
L’I.A. qui décidément me préoccupe, occupe bien des conversations au moment où l’E.I. qui n’est pas seulement mentionné lors des commémorations pointe à nouveau le bout de la kalachnikov en Syrie et place ses pions en Afrique.
Depuis les déserts passés et à venir, et « c’est pas pour dire », on rêverait que des paroles comme celles du premier ministre éthiopien, avant la COP 30, soient performatives : 
« Nous demandons à nos partenaires globaux de ne pas nous financer parce que nous sommes impactés, mais d’investir avec nous parce que nous sommes visionnaires.»
Parmi quelques expressions dont on abuse, « je ne sais pas » ne fait pas partie de la ronde, alors que ce serait l’occasion d’habiller la sincérité avec élégance. 
Par contre « On va voir ce qu’on va voir » montre ses muscles à tous propos tandis qu’il pourrait se contenter de s'annoncer avant quelque mâle combat de MMA (Mixed Martial Arts).
Marine (Tondelier), verte ou marron, (Le Pen) sont dans ce registre de la puissance bravache. Ces permanentes du spectacle aiment dramatiser et toute nuance apparaissant comme une faiblesse est bânie. Les fortes couleurs crépusculaires de l’apocalypse écologique ou migratoire découragent les modestes, les petits joueurs que nous sommes. Elles chérissent leurs victimes spécifiques. Leurs suiveurs minés par le complotisme qui va bien au-delà du cercle des shootés à l'hydroxychloroquine se perdent en interprétations, se bouffent la vie dans la méfiance systématique plutôt que de, choisir, inventer, aimer, faire confiance.
Si le « Rassemblement » ramasse tant de suffrages et C News tant de spectateurs, les excès woke n’y sont pas pour rien.
La radicalité de la gauche nourrit la radicalité de la droite.
La radicalité de la droite nourrit la radicalité de la gauche.
Pour l’instant, en superficiel scripteur, je ne fais pas appel à d’artificielles phrases venues des machines chauffantes, je livre mon jus depuis quelques arbres déchiquetés en recopiant les mots d’Eric Sadin qui regrette que des milliards d’individus trouvent dans les technologies : « l’occasion de ne plus exercer leurs facultés fondamentales, au premier rang desquelles celles de parler et d’écrire à la première personne. […]
Saisit-on qu’une vie privée de l’expression de nos facultés et de liens actifs avec nos semblables ne peut faire que le lit de la tristesse, de la rancœur et de la folie. »
Que soit interdit l'anonymat sur les réseaux sociaux ! 

vendredi 14 novembre 2025

I. A.

J’
envoie, vers quelque entrepôt où se réchauffe le Cloud, ces quelques mots destinés à se perdre dans « le silence éternel des espaces infinis » qui persistent depuis Pascal.
Je vacille, ivre de clics, de problèmes démographiques en crise climatique et autres conflits géopolitiques, sur fond d’interrogations éthiques, face aux défis technologiques… Hic !
Le valétudinaire minus remercie l’informatique qui lui permet d’oser s’exprimer.
Chaque jour, dans nos corps, dans nos déplacements, la science fait ses preuves et il serait bien ingrat de dénoncer toutes les avancées artificielles dues à l’agent humain.
Qui peut croire qu’on pourrait interdire l’IA comme on se priverait de penser ?
Mais grâce à la puissance des computeurs, il y aura bien des acteurs pour utiliser comme au judo leur force pour maîtriser la bête, se ménager du temps de cerveau disponible pour travailler et inverser le cours de la facilité, de la coolitude.
Pourrons-nous trouver une voix authentique dans un appareillage appelant au compromis contre les clivages populistes bardés de lignes rouges ? Il conviendrait de laisser à leur illusion de pouvoir nos éminents boucs émissaires et voir en face la puissance des algorithmes et nos paresses numériques, nos tocs et nos éthiques retoquées.
Les lénifiantes ambiances visant à apaiser les cris risquent pourtant de se substituer, dans le domaine des apprentissages, à toute improvisation, à toute fantaisie.
Reliés aux IA, dans les écoles, les bousculés des travaux en îlots tournant le dos aux  paroles magistrales, pourraient à leur rythme, faire valoir leur singularité, reprendre ce qui leur a échappé en toute discrétion face à des machines infiniment patientes. 
Dans bien des entreprises, les bureaux individuels furent bannis, comme fut promulgué le travail de groupes pour les élèves, dans un monde devenu de plus en plus individualiste. Les égos ont explosé oubliant les idéaux entre égaux.
Sur les écrans, une fois contournées haine et bêtise, les pensées pertinentes ne manquent pas. Dans leurs emballages de papier, je saisis plus volontiers les mots qui me conviennent, comme ceux de Julia De Funès qui aime « penser sans bannière » : 
« Refuser la moralisation facile, la soumission technocratique, l’individualisme forcené, l’absurdité normative et le clanisme de la pensée… »
Même pour proclamer notre liberté, faire valoir notre indépendance, nous suivons les autres par machines interposées ou main sur l’épaule (de géants).
Combien s’accordent à déplorer la destruction du monde alors que tant d’autres s’appliquent à le dévaster ? L’acharnement de nos parlementaires à ne pas voir les déficits est un signe d’une déliquescence de nos civilisations proclamée depuis des millénaires. 
Submergé de grands mots tambourinant dans le vide, bien difficile de percevoir des pensées optimistes,  d'avoir connaissance  d'actes responsables.  
Les organisations politiques en phase de putréfaction, telles Gribouille, poussent à une dissolution qui les diluerait. Ces péripéties ne gagnent pas en dignité à s’accumuler dans notre sac à dos qu’on prendrait pour un parachute avant de sauter de la falaise.  
« La terre pressée de se jeter à l’eau trébucha et ce fut la falaise. » 
Sylvain Tesson

vendredi 7 novembre 2025

La gauche contre le peuple. Front Populaire n° 22.

Si je ne lisais que ce qui me convient, il y a longtemps que j’aurais résilié mon abonnement au journal « Le Monde » et je n’aurai pas dépensé une nouvelle fois 15,90 € pour la publication d’un Michel Onfray complaisant avec la très contestable Sahra Wagenknecht ancienne de Di Linke qui a créé un parti à son nom, présentée comme l’enfant de Jaurès et de Gaulle … 
Concernant la gauche, je garderai toujours « au cœur, une plaie ouverte ! » et l’éternelle question du « peuple » continue à m’interroger, donc je suis allé revoir cette revue.
Pour avoir suivi Chevènement, dont la trajectoire est rappelée dans ce numéro, ne me comptez plus dans le camp souverainiste, fut-il « d’ailleurs ou de nulle part ». 
«  Je suis toujours de gauche mais pas de celle qui a pris sa place sous le même nom ».
Je me retrouve dans la prose fleurie d’Eric Naulleau lorsqu’il distingue gauche et gôche qui a « troqué la laïcité contre l’islamisme, l’universalisme contre le communautarisme, la Résistance contre l’antisémitisme, le prolétariat contre le trans, Victor Hugo contre Rima Hassan… » 
J’ai trouvé quelques articles ardus, ils s’annonçaient pourtant attractifs : « On ne combattra pas le racisme en parlant de races » voire «  l’anatomie du phénomène « woke ». 
« La liberté pourrait ressembler à la définition négative qu’en donne Spinoza comme « intellection de la nécessité » c'est-à-dire comme connaissance de nos déterminations. 
Le comprendre, c’est se donner une petite chance de composer intelligemment avec le réel. » 
Pas vraiment limpides, ni très populaires, ces références dans un article destiné à différencier le vrai du faux quant aux rapports de la gauche avec la nature, les lumières, le nationalisme…Pierre André Taguieff m’a paru également difficile à suivre. Décidément, mon niveau baisse!
« Nombreux sont les auteurs qui attendent le salut de la traduction transculturelle et qui prennent leurs désirs redéfinitionnels, accouchant d’images, d’analogies ou de métaphores vagues, pour des réalités ou des inventions conceptuelles. » 
A l’instar d’Eric Satie qui claironnait : « Moi, pour la modestie, je ne crains personne »,
en tant qu’abuseur de métaphores, je ne vois pourtant pas où il veut en venir.
Michéa me semblait plutôt lisible, par contre le commentaire à lui consacré, en tant que « paradigme », ne clarifie pas un positionnement original.  
Les présentations de livres recommandés donnent envie d’aller plus loin, mais la pile impressionne: «  La philosophie devenue folle », «  La diversité contre l’égalité »,  «  Penser le conservatisme de gauche », «  Critique de la raison coloniale », « L’ère de la post vérité » « Un autre Rousseau »…  
Cependant pour contrer la police de la pensée, George Orwell, Philip Roth, Gustave Flaubert… en condensé, sont heureusement convoqués avec quelques déconstructrices de déconstructeurs : Laure Murat, Tania de Montaigne ou Belinda Cannone.

vendredi 31 octobre 2025

Témoin.

La répétition de la plaisanterie consistant à confier son impression de visiter un appartement témoin lorsqu’on circule dans les allées d’un cimetière, a perdu de son sel, même en temps de Toussaint. 
Cependant le boomer, génération B, ne va pas s’excuser, comme à chaque fois, de s’exprimer avant de tartiner autour de l’expression « destruction créatrice » apparue dans les débats depuis l’attribution du prix Nobel d’économie. 
Celle-ci vaut pour bien des processus en œuvre tout au long de notre vie. 
« Avec le temps
Avec le temps, va, tout s'en va
On oublie le visage, et l'on oublie la voix »
 
Et c’est pas triste.
La génération Z s’est mobilisée au Maroc, à Madagascar, au Kenya, au Pérou, au Népal, au Sri-Lanka, au Bangladesh, en Indonésie, aux Philippines, en Serbie…
Elle ne cherche pas à casser, simplement à pousser hors champ la vieille génération, comme celle des septuagénaires de chez nous, prônant la retraite à 60 ans, sans se mettre en retrait.
Notre terre surpeuplée se débarrasserait volontiers de quelques surnuméraires et pas seulement symboliquement, à juger par la multiplication massive des destructeurs.
Les habitants de la planète et la planète sont dans un sale état.
Lu dans "Le Monde": 16 000 femmes tigréennes ont témoigné d’avoir été violées par des soldats érythréens qui ont introduit des clous, des lames de rasoir dans leurs vagins, voire un serpent mort pour l’une d’elle.
Voilà de quoi pulvériser toute idée positive de notre prochain et, par rebond, mépriser les angéliques ne voulant pas voir les méchants. 
Je fus de cette niaise catégorie et, comme bien des braconniers devenus garde-chasse, je crains désormais de manquer de couleurs pastels dans ma trousse.
C’est peut être par contraste que les faire-part de naissance me ravissent.
Tout le monde s'attendrit, les bébés sont épargnés par les tablettes pour un bref instant. 
Nous sous-traitons nos mémoires comme nous confions nos enfants et nos vieux à d’autres, tout en ramenant tous nos émois à soi. 
Les craintes vis-à-vis des progrès fulgurants de l’Intelligence Artificielle proviennent de nos intelligences paresseuses, humaines trop humaines, qui n’ont présentement guère donné un visage aimable à notre monde. 
Par rapport aux malheurs dont la compilation pourrait envahir l’écran dans sa totalité, 
toute autre remarque sera aussi dérisoire qu’un doigt d’honneur entre politiques et journalistes.
Dans un environnement anxiogène, les médias en rajoutent une couche.
Ainsi, entendu à la radio : après un nouveau congé de naissance qui permet de mieux rémunérer les parents, le journaliste après avoir interrogé une présidente d’association satisfaite de la mesure, a cru bon d’ajouter, alors qu’il avait essayé d’extirper en vain une critique :  
« Eh ben, c’est pas avec ça qu’on va réarmer la natalité ! » 
Si comme souvent, l’opinion avait été défavorable, il se serait abstenu d’apporter un avis contraire.
Tout aussi anodin paraitra ce soupir concernant l’école que j’ai connue, avant que le harcèlement devienne sujet principal, alors que la question du statut des directeurs revient sur le tapis. Jadis opposé aux « maîtres directeurs », je regrette de voir une certaine complicité des adjoints envers l’émergence d’un échelon hiérarchique qui aura tendance à déresponsabiliser maîtresses et maîtres.
Mais c’est comme ça ; les générations X, Y, Z ont d’autres tchats à fouetter. 
« Les hommes se regardent de trop près pour se voir tels qu'ils sont. 
Ils sont toujours d'eux-mêmes des témoins infidèles et des juges corrompus. » 
Montesquieu