Nos capacités de concentration ne dureraient-elles que le
temps pour un poisson rouge d’oublier qu’il vient d’effectuer un tour de
bocal ?
Plutôt que de me coltiner un essai plein de petites lettres,
ces 144 pages de dessins pédagogiques suffiront-elles pour me situer au pays des
trolls scrollant ?
Suis-je toujours maître de mon temps, de ma tête ?
La fille d’un journaliste chargé d’écrire un article sur
l'économie de l'attention, elle aussi sous influences, va mettre la famille sur
le chemin de la rédemption.
La grosseur du fil narratif n’entrave pas la
lecture qui en revient aux sources de nos addictions, aux balbutiements
d’Internet, en « émocratie », avec des entrées originales sortant des
connivences entre geeks ou celles des sociologues des tribunes Mondaines.
Des graphiques séparent les chapitres
pour représenter l’évolution du temps passé avec ses
enfants, ses collègues ou seul,
le temps passé devant les écrans,
nos réactions face aux fake news…
Huxley et Orwell sont évoqués :
« … ce flot de
contenu n’est pas organisé par Big Brother, certes, mais par une économie
prédatrice au sein de laquelle nous sommes les acteurs de notre propre
propagande ».
Orson Welles lors d’une émission de radio avait fait croire
à un débarquement d’extra-terrestres.
« Ceux qui
furent les plus virulents pour crier au scandale n’y ont pas cru eux-mêmes,
mais ils ont supposé
que d’autres ont pu y croire. »
Quelques films et des séries sont appelés en renfort : « Rashōmon » quand un événement est interprété différemment
selon les individus, « X Files » : « I want to believe »,
le personnage de Dark Vador, Patrick Le Lay, Jürgen Abermas :
« Aujourd’hui,
non seulement nous ne partageons pas toujours la même réalité factuelle,
mais
en plus, à cause des « filter bubble’s » ( bulles d’information)
nous
ne parlons plus forcément des mêmes choses. »

