« La mosquée Kalon » de Boukhara en Ouzbékistan
annonçait la conférence des amis du musée
de Grenoble avant un voyage organisé au cœur des routes de la soie dont tous
les commerces « tissent l’histoire » aux « arches de turquoise et
coupoles d’azur ».
https://blog-de-guy.blogspot.com/2026/02/la-soierie-lyonnaise-cecile-demoncept.htmlAvant que des voies maritimes s’ouvrent au XVI° siècle, les
liaisons terrestres entre l’Orient et l’Occident courant sur 9500 km de la Chine à
Venise en passant par Constantinople s’étaient développées depuis le 2° siècle
avant JC. Le périple pouvait durer plusieurs années.
Le terme « route de la soie » date du XIX°
siècle, Xi’an en chine en est la porte d’entrée.Le nom latin de la soie était sericum, dérivé de « Seres »,
désignant pour les romains, les habitants d’au-delà du Gange où poussaient « des
arbres à laine ».
Le stoïque Sénèque, estimait que ce tissu coûtait trop cher
et ne cachait rien.En 139 avant notre ère, l’empereur de Chine envoya le général Zhang Qian dans le Ferghana pour
sceller des alliances contre les Huns et obtenir des chevaux. Malgré de soyeux
cadeaux diplomatiques, celui-ci fut retenu prisonnier pendant 13 ans. Il eut le temps de découvrir la carotte et la
luzerne, se maria et s’évada, connut d’autres pays :
il ouvrit ainsi les
routes de la soie. Il rencontra les Parthes guerriers d’Iran aux flèches légendaires. Les peuples, les langues perse, turque, arabe, les techniques
et les religions se croisaient.Dans les falaises près de l'oasis de
Dunhuang, en bordure du désert de Gobi, 700 grottes décorées reflètent
un millénaire d'art bouddhique. « Grotte 45 de Mogao ».Autre étape chinoise, la cité de Gaochang construite au
premier siècle avant J.-C en territoire Ouïgour dont les habitants avaient adopté l’écriture des
Sogdiens venus de Perse et bien des croyances religieuses comme le manichéisme
inspiré du zoroastrisme,
première religion monothéiste, le nestorianisme.
« Un marchand sogdien (VIIe siècle) ».
https://blog-de-guy.blogspot.com/2017/10/la-perse-sassanide-issa-steve-betti.htmlLes caravanes, véritables villes ambulantes peuvent compter
500 ou 1000 chameaux,
(deux syllabes, deux bosses), pouvant porter 250 kg chacun. D’oasis en
oasis, il faut franchir des déserts, et passer les Monts célestes qui
traversent
le Kirghizistan, l’Ouzbékistan, le Tadjikistan, et longent le
Kazakhstan.
Toutes ces nations de l’ancienne URSS dont le suffixe
« stan » signifie « pays », en persan, appartenaient au monde turc
depuis 1000 ans.L’Ouzbékistan, et ses deux fleuves l'Amou-Daria et le Syr-Daria
se jetant dans la mer d’Aral en voie d’assèchement n’a pas d’accès maritime.
Presque de la taille de la France, ce pays pourrait rappeler la Mésopotamie, une
des plus anciennes civilisations entre Tigre et Euphrate.
Son ancien nom, la Transoxiane signifie « au-delà du
fleuve Oxus »,
(l'Amou-Daria). Les historiens l'utilisent en souvenir des conquêtes
d’Alexandre le Grand venu jusque là.Tamerlan, « l’épée de l’Islam » fit de Samarcande sa
capitale au XIV° siècle au prix de millions de victimes estimés à 5 % de
la population mondiale de l'époque. Il revendiquait une filiation avec Gengis
Khan le mongol encore plus sanguinaire qui fut à la tête du plus vaste empire
de l’histoire.Le sable de la place « Le régistan » absorbait le sang
des suppliciés. Au XV ° siècle, Ulugh Beg, le petit fils, féru d’astronomie, y fit construire une médersa ( établissement éducatif et religieux) dont le pistak porte des étoiles.
« Cette magnifique façade est deux fois plus
haute que le ciel,
et lourde au point que l'échine de la terre en est écrasée. »« Le minaret
de Boukhara » construit au
XII° siècle ressemble à un phare.
A proximité la « mosquée Kalon »
est l’une des plus vastes d’Asie centrale.« La citadelle d'Itchan Kala », du XVII°, mesure 600 mètres de
long sur 400 mètres
de large. Avant de rejoindre l’Iran ou
la Volga, dans la ville de Khiva se tenait jusqu’en 1870 un grand marché aux esclaves.Le nom latinisé d’ Al-Khwârizmî
né vers l'an 780 dans ces contrées est à l’origine du mot algorithme. Le mot algèbre vient du
titre de l'un de ses ouvrages (Abrégé du calcul par la restauration et la comparaison). 500 ans plus tard, sont adoptés. les chiffres indo-arabes dont le mathématicien avait apprécié l’efficacité.
On
raconte qu'une personne lui avait posé une question sur la valeur d'une
personne,
à
laquelle il a répondu :
« Si une personne a une morale, alors
elle = 1, et si une personne a aussi la beauté, ajoutez un zéro à un,
c'est-à-dire = 10, et s'il a de l'argent, ajoutez un autre zéro = 100. Si elle
a une lignée ajoutez un autre zéro = 1000. Si le chiffre un, qui est la morale,
a disparu, la valeur de l'être humain a disparu et les zéros qui n'ont aucune
valeur restent. »


