jeudi 29 octobre 2026

Renaissance de Berlin. Benoît Dusart.

Entre 1940 et 1945, Berlin, a subi des centaines de raids aériens qui ont détruit la moitié des bâtiments de la ville et causé la mort de 20 000 à 50 000 civils. La paix revenue sur la ville partagée, une reconstruction critique stimulée par les modernistes se met en place.
Le  Kollektiv Plan de Hans Scharoun  avec par exemple une séparation des zones d'activités (logement, travail, loisirs) n’a pas été retenu, mais a marqué les propositions à venir. 
Egon Hartmann
côté Est voit son projet réalisé pour la « Karl-Marx-Allee », « les allées du luxe prolétarien » hommage au style néo classique du XVIII° siècle. Il remportera d’autres concours à l’Ouest.
Suite à l'exposition internationale « Interbau » en 1957, 
des architectes de tous pays apportent leur contribution dans le quartier de la Hanse 
Walter Gropius et ses balcons concaves,
les pilotis en « V » d’Oscar Niemeyer.
Les logements de Le Corbusier sont construits près du stade olympique.
Le palais des congrès, devenu « Maison des cultures du monde » de Hugh Stubbins édifié avec un mauvais béton a été reconstruit sous la même forme qui lui a valu le surnom de « l'huître enceinte ».
Le célèbre « café Kranzler » depuis le XIX° sur l'avenue Unter den Linden, 
reconstitué à l’ouest, est devenu emblématique. 
« Les quatre zones d’occupation »
  sont délimitées à partir de 1961. 
En 1989, le mur tombe, 
il n’avait pas empêché 3 millions de personnes de quitter l’Allemagne de l’Est.
La nouvelle église à côté de « l'église du Souvenir » de l'Empereur Guillaume, 
« le poudrier et le rouge à lèvres »,
comporte 21 000 vitraux conçus par le maître-verrier de Chartres, Gabriel Loire.
A côté de l’église Saint Pierre définitivement rasée par le régime communiste, va s’ouvrir la «  House of One » devant abriter sous le même toit une synagogue, une église et une mosquée.
Le « Grand Restaurant de la Feuille d'Érable » 
a lui été détruit après la réunification pour cause d’amiante.
Le château de Charlottenbourg où l’on peut voir « L’enseigne de Gersain » de Watteau de nos Lagarde et Michard fut régénéré, bien que Walter Ulbrich ait souhaité sa disparition.
https://blog-de-guy.blogspot.com/2026/10/berlin-capitale-de-la-prusse-benoit.html
Erick Honecker l’avait épargné, il avait fait construire aussi le « Palais de la République », 
«  La boutique à luminaires d’Erik », dont la démolition a nourri «  l’ostalgie ».
« La tour de la télévision »
, le plus haut édifice accessible au public en Europe à 368 mètres, « la grande asperge », comporte un restaurant tournant.
La grande salle novatrice de la « Philarmonie », l’une des plus célèbres au monde, a été surnommée « Zirkus Karajani », en référence à Karajan influenceur pour le choix de l’architecte, Scharoun.
« La nouvelle galerie nationale » toute de verre et d’acier dans le quartier de Kulturforum n’est pas construite dans l’île aux musées où se trouve la  prestigieuse « Gemäldegalerie »
ainsi que le Neues Museum « Nouveau musée » 
consacré à l’Egypte restauré par David Chipperfield.
La nouvelle coupole du « Reichstag » impressionne
alors que le surnom « la machine à laver » désigne « La Chancellerie ».
Frank Gehry a respecté le cahier des charges pour le sage extérieur du bâtiment 
de la « DZ Bank » mais il  extravague à l’intérieur.
Après les lieux de pouvoir, les lieux de mémoire abondent. "Mémorial du mur"
Le musée « Topographie de la terreur » 
se situe à l’emplacement de l’ancien siège de la Gestapo. 
Il faut faire la chasse aux amateurs de selfies 
lorsqu'ils montent sur les stèles du « Mémorial aux Juifs assassinés d'Europe ». 
Les visiteurs doivent marcher sur les visages en fonte hurlants du « Musée juif »
marqué de cicatrices.
Les statues de « Karl Marx et Friedrich Engels » figurent toujours dans un parc parmi tant d’autres qui font de Berlin l'une des capitales les plus vertes d'Europe.

 

mercredi 28 octobre 2026

Bologne # 3

Le même temps qu’hier soir nous attend ce matin, il bruinasse à 9h10 lorsque nous décollons. L’air humide accentue l’impression de froid. Nous reprenons la tangentiale Nord, passons devant l’immeuble l’Unipol, gagnons le parking piazza dell’ 8 agosto par des chemins différents mais sans anicroche ni embouteillage.
Nous remontons à pied la rue Indipendenza à l’abri sous les arcades.
Nous arrivons un peu en avance au palazzo dell’Archiginnasio pour lequel l’Office du tourisme nous a réservé une entrée.
Il héberge un théâtre anatomique datant du XVII°, où se déroulaient des dissections de cadavres devant des étudiants.
Du bois de sapin habille tous les murs dune salle de taille réduite, le plafond à caisson ouvragé ainsi que les deux rangées de bancs en gradin.
Au centre trône une table en marbre blanc.
Mais tous les regards convergent vite  vers la chaire du professeur : elle présente deux écorchés soutenant un dais sur lequel repose l’allégorie de l’anatomie légèrement tournée vers un putti porteur d’un fémur.
A part le théâtre, le palazzo réserve d’autres surprises comme la salle du Stabat Mater.
C’est ici que Rossini donna la 1ère représentation de son œuvre religieuse. 
De nombreuses fresques (dont des blasons) au dessus de bibliothèques basses grillagées décorent la pièce, aujourd’hui transformée pour des conférences et occupée par des chaises modernes.
A droite à travers une ouverture condamnée par des barreaux, s’échappe une enfilade de salles destinées à accueillir des rayonnages de livres magnifiques et sans doute anciens à l’usage des étudiants d’autrefois.
D’ailleurs la vocation pédagogique du palazzo ressort  partout sur les murs, 
les couloirs ou escaliers voûtés que nous traversons, grâce aux blasons d’étudiants ou de professeurs qui les recouvrent entièrement.
Entrevue hier dans la rue, la photo d’une sculpture sur une affiche décide de notre visite suivante : la Chiesa Santa Maria della Vita.
Cette église de style baroque protège  un ensemble extraordinaire de personnages grandeur nature en terracotta réalisé à la Renaissance par Nicolo Dell’ Arca.
La scène titrée, « delle Marie piangenti’ » (des Marie en pleurs) ou déploration du Christ  se compose de Marie Cléophas,
Marie près de Saint Jean se tenant le menton, Marie Salomé, de Marie-Madeleine et de Joseph d’Arimathie muni de pinces et outils pour libérer Jésus de la croix, assurément le moins triste de tous et vêtu comme à la Renaissance tel un spectateur tourné vers le public. (Signalons  l’absence de  Nicodème mentionné dans les évangiles).
Les visages saisissants hurlent de douleur, d’effroi ou de colère ?
Marie- Madeleine se précipite en courant vers le Christ allongé dont le visage reflète de façon très réaliste la face cadavérique d’un mort. Il perdure des traces de peinture notamment sur Joseph (vert)  ou Jean, mais je préfère cette patine de la terre plus monochrome qui révèle mieux la matière.  « On a peu représenté de façon aussi vraie la douleur et l’effroi devant la mort ». Quant à Gabriele D’Annunzio, fort impressionné il qualifie l’œuvre de « cri de pierre ».
Dans la même veine, l’oratoire communiquant avec l’église  conserve un autre ensemble en terre cuite et stuc du XVI° : 
« La mort de Marie» d’Alfonso Lombardi. Juché sur un balcon, il offre moins de proximité, il intègre plus de personnages avec cependant moins d’originalité dans les postures et l’expressivité.
La salle qui l’accueille est richement décorée du sol d’époque (technique particulière à fleurs) en passant par les murs (fresques) et le plafond peint. Entre l’église et l’oratoire, après un escalier en pierre, nous traversons un petit musée.
Nous y remarquons un petit portrait de Louis XIV entouré de pierres précieuses assimilable à un bijou et soigneusement protégé dans une vitrine, signalé comme don du roi, au milieu de peintures (le combat de Tancède et Clorinde) que nous contemplons plus ou moins. Lorsque nous ressortons, la bruine s’est transformée en pluie.
Nous n’épiloguons pas sur le choix d’un restau, le « piano piano », non loin, en bordure de la place maggiore, nous convient pour déjeuner d’une escalope milanaise ou de boulettes de viande.