Sur une coupe attique, « Dionysos » le grec
(Bacchus pour les romains) dieu de l’ivresse et du théâtre se renverse. Il est
le fils de la nymphe Sémélé et de Zeus (Jupiter) qui après avoir foudroyé la
mère, l’implanta dans sa cuisse.Une de ses adoratrices, une « Ménade »
(Bacchante), furieuse tient une panthère et porte thyrse (instrument sacré) et
nébride (peau de bête). Dans les rites de ces dames, un animal pouvait être démembré,
mais un roi aussi y laissa sa vie
« Mort
de Penthée ».Pour l’« Après-midi d’un faune »,
Nijinski s’inspira des vases grecs et des contorsions des aliénés de l'asile où
était interné son frère ; la mythologie rejoignait les souffrances de
l’époque. Rendu fou par Héra la femme de Zeus, qui avait bien des motifs pour
être jalouse, Héraclès (Hercule), fils d'Héra, tue ses enfants et sa femme. Pour expier sa
faute, il devra accomplir une série de douze travaux contre des monstres
dévoreurs (lion, hydre, oiseaux, taureaux, sangliers,
Cerbère, juments nourries de chair humaine…)Parmi les guérisseurs, Hippocrate (460 avant J.-C / 377 av. J.-C.),
celui du serment, décèle parmi les quatre humeurs variables, la pituite
qui correspond à l’hiver et ses chagrins, et la bile noire
des hésitants à l’automne. Des liens ont pu être trouvés avec le feu, l’air,
l’eau et la terre, depuis les apports considérables du premier des médecins, suivi par d'autres savants célèbres : Galien
(129/ 201) préconisait volontiers la saignée (Louis XIV en a subi 2000). Avicenne (980/1037), leur traducteur
pense que
« les émotions,
sont l'une des causes potentielles de santé ou de maladie ».Thomas d'Aquin
avait cherché au XIIIe siècle, une synthèse entre la foi religieuse
et Aristote.Mais plus le monde se classe, se rationalise, plus
apparaissent les dérèglements.Les manuscrits gothiques comportent parfois dans leurs
marges quelques drôleries :
« Miracles de Notre-Dame » de Gautier de Coinci.« Le fou, du psautier de Jean de Berry » christique,
figure en pleine page comme « La
plaie du Christ entourée des Instruments de la Passion »
du livre d’heures de Bonne de Luxembourg, duchesse de Normandie.Le bouffon Marcolf, sous la
statue du sage « Roi Salomon », s'enlève une épine du pied.
Salomon : La sagesse
est l’héritage le plus précieux de l’homme.
« Saint François », le fou de Dieu, et sa ceinture en
corde à trois nœuds symbolisant pauvreté, obéissance et chasteté montre ses stigmates,
comme le représente Maître d'Anagni.L’amour courtois peut être « ouf » lors de l’ « Assaut du château d’amour » sur le coffret du musée de Cluny,
« C’est bien la
pire folie que de vouloir être sage dans un monde de fous » Erasme
Aristote, « spin doctor » d'Alexandre le Grand avait
déconseillé à son maître une relation amoureuse avec Phyllis mais celle-ci pour
se venger séduit le philosophe, pris sur le fait d’être chevauché par la
belle, « Aquamanile » (aiguière pour lavage des mains). Eros est
le maître. Yseult n’avait pas
reconnu Tristan déguisé en fou et « Lancelot » par
l’atelier d’Evrard d’Espinques, aveuglé par l’amour, ne sait plus voir le monde
ni lui-même.« Le
bouffon Gonella » de la maison d’Este par Jean Fouquet mourut de peur suite à la fausse mise en
scène de sa propre mort.Triboulet le plus connu des fous de la cour de François
premier porte tous les attributs de son rôle, marotte et grelots dans ses
habits multicolores symbole de désordre, en souffre-douleur si proche du
pouvoir. « Don Sebastián de Morra » par Diego Velázquez porte le nom d’un
grand d’Espagne.Bosch a peint la « Nef des fous » sans voile ni gouvernail, et
l’inquiétant barbier qui pratique une « Lithotomie »
avec son entonnoir
de la connaissance retourné.Francisco de Goya avait traduit l'atmosphère de « La casa de locos » avec force
https://blog-de-guy.blogspot.com/2025/11/william-hogarth-serge-legat.html« Philippe Pinel à la Salpétrière », médecin aliéniste,
considère les fous comme des malades et va les libérer de leurs entraves. Charcot, dans le même hôpital, considère
que l'hystérie n'est pas le privilège des femmes. Après l’époque romantique, Théodore Géricault :
« La
Monomane de l’envie, dit aussi La Hyène de la Salpêtrière »Courbet se voit en « Désespéré ».
En 1943, Paul Eluard quitte Paris pour
Saint-Alban-sur-Limagnole (Lozère) il est accueilli par Lucien Bonnafé dans le
berceau de la psychiatrie institutionnelle et fait la connaissance de celle dont« le visage pourri
par des flots de tristesse
Comme un bois très
précieux dans la forêt épaisse
Donnait aux rats la fin
de sa vieillesse »
Ici
les fous devenaient des patients à une époque où 45 000 pensionnaires des asiles
sont morts de faim. L’auteur de « Souvenirs
de la maison des fous » fait connaître à Picasso et au père de l’art brut Dubuffet
les os sculptés d’ Auguste Forestier par ailleurs fabricant de jouets
et récupérateur de matériaux divers.
« On ne peut être
poète sans quelque folie. » Démocrite













