Sous ce titre extrait du vocabulaire rugbystique, je
persiste dans le mélange des genres pour évoquer les institutions muséales en
essayant de cerner au-delà des dorures classiques alourdissant jusqu’aux
fulgurances impressionnistes, tout ce que les pinceaux et les ciseaux nous
apportent dans nos rapports à la modernité, aux presciences
des artistes.
Bien que je me demande s’il est de saison de reconduire
une rubrique hebdomadaire intitulée « Beaux arts » quand la
notion d’harmonie, de joliesse, d’excellence, tendent à disparaître de nos
lexiques ?
Entre le robot gouverné par l’IA et le bobo extasié devant
une banane collée au mur, le beau a du mouron à se faire.
Comme je récapitule mes fondamentaux en musique, littérature
ou cinéma, j’essaye de retenir quelques images, avant de reprendre les compte
rendus de conférences données devant les amis du musée de Grenoble. Les zooms
sur les plafonds de la Sixtine sur grand écran y sont plus confortables que les cous dévissés parmi les foules vaticanes.
Au-delà de l’histoire de l’art, se révisent les fondamentaux
de notre civilisation : les mythologies grecques, romaines, chrétiennes et
au-delà. Du temps où la peinture d’histoire était la plus prestigieuse, des échos
nous parviennent d’un passé affronté à nos préoccupations
d’aujourd’hui à travers l' évolution des formes, et la nature des emballages.
Marcel Duchamp en 1919 se tint au tournant : « L.H.O.O.Q. », la Joconde. La première guerre inaugura le XX° siècle, elle venait de finir. L’esprit potache va
gagner, à peine altéré par les phraseurs aux absconses
paroles affichées dans des FRAC désertées.
Cet art contemporain se joue dans des salles immaculées sans
personne alors que ses provocations devraient interroger plus largement.
Par contre Ernest Pignon Ernest réussit par ses traits
d’un classicisme absolu à réconcilier la tradition et la modernité. Il se
défend d’être le père du « Street Art » bien que ses
œuvres à l'emplacement minutieusement choisi aient pu concerner le premier passant venu, la dernière
chaisière, aussi bien que ses nombreux admirateurs dont la mémoire garde le souvenir de ses collages voués à ne pas persister.
Tirés sur du papier ordinaire leur
force est à la hauteur de leur modestie.
L’art populaire se retrouve sur les pignons, trompe-l’œil et
autres fresques virtuoses, à ne pas confondre avec les tags
égotiques agressant les propriétaires des murs. Les porteurs de bombes à peinture
salopent les constructions des autres, imposent leurs couleurs, hâtent
l’obsolescence des ponts, des usines, des commerces, appellent à l’indifférence
des regards.
Que serait le noir sans Le Caravage et Soulages, un plongeon qui aurait
oublié Hockney, une caresse qui ignorerait la légèreté
de marbre du Bernin… ?Les « Glaneuses » de Banksy
au Bristol City Museum me ravissent. Ainsi dans des musées sans cesse en recherche, les œuvres contemporaines peuvent réveiller les scènes du XIX° transpirant leur goudron, en soulignant l’intensité
des touches, les lumières capturées, l’expression des éternelles passions humaines.