en lien avec les incendies. »
Comment ne pas en causer ?
Une fois les inévitables responsables mécaniquement
désignés :
Macron, Moscou, les riches, les écologistes…
va-t-on accuser les coupables?
La négligence devient un crime, pourtant on leur avait bien dit de ne pas jouer avec les allumettes.
Je bloque : qui pourrait trouver des excuses pour les
incendiaires, à moins d’être l’agent suicidaire d’une civilisation qui se crame
elle-même ?
La liberté dévoyée et le limogeage de la notion de
responsabilité mettent en péril futaie et sous bois, broussailles et brins de
muguet, notre humanité calcinée. La bêtise n’excuse pas la méchanceté.
« Qu’avons-nous fait, pour avoir de tels enfants ? »
Les universitaires, amateurs de transversalité, ne sont-ils
pas traversés par cette interrogation glaçante en milieu surchauffé ?
Bébé Cadum grisonnant reconnaît que ça prend dans tous les
coins, à commencer par les lieux jadis dits du savoir (sciences po) quand la
politique se voulait une science ou dans les colonnes d’un quotidien qui fut de
référence.
Il suffit que l’école prescrive pour que l’information soit
suspecte. Les récits avec morale à la clef ont saturé les écouteurs, les horreurs
démentes sont préférées aux sages conseils : hydratez-vous. Au pays où Sandrine Rousseau tient le crachoir et Médiapart
la boîte à scandales, pour des générations
informées de la détérioration de la planète, des canettes sont encore oubliées dans les champs après la teuf.
Plus grave que les banales subventions demandées à un état
que les braillards cherchent à affaiblir sans cesse, les ennemis de la
démocratie se servent de nos principes pour la mettre en péril. Et il faut
jouer fin quand au nom de la liberté d’expression se répandent tant de
billevesées.
Les désaccords entre gens bien élevés peuvent être un moteur
de la conversation, ainsi rien ne fortifie mes convictions qu’une bonne grosse
balourdise. Et pas mieux que Trump pour se sentir tellement dans le bon camp
qu’on finirait par ne plus s’y reconnaître tellement nous sommes nombreux. Les
« woke » l’ont fait gagner à cause de leurs excès, mais ceux-ci
peuvent reprendre du poil de la bête dès que le Magaga de Washington ouvre la
bouche.
Nous sommes passés de sentences impitoyables à l’excuse
permanente bien que la figure de la victime soit devenue centrale dans nos
sociétés où la culpabilité coloniale, de genre, de génération est cultivée
intensément. De féroces mises au pilori
sur les réseaux vont de pair avec l’indulgence envers les fauteurs de trouble,
les assassins.
Alibis, prétextes, dérobades sont servis pour des faits
anodins aussi bien que pour des actes gravissimes, l’empilement d’arguties
devenant un mode de conversation, la figure du nazi se voyant convoquée dès que le mot punition a fuité.
Les verdicts tendent à se montrer plus cléments en regard d’une vindicte
populaire devenue plus féroce.
L’enveloppement maternel a étouffé le mâle bourreau ;
papa parti, mono maman est débordée.
Les bons sentiments, les principes se heurtent à une nature humaine plutôt rosse que rose.
Les mots en nuages nous aident à brouiller une réalité
décourageante, absurde, avec des commentaires perdant tout sens quand les
bavards se mêlant de domaines où ils sont inexperts tournent complotistes.
J’ai tant aimé : « Eduquer ce
n’est pas remplir un vase, c’est allumer un feu. »
de Yeats, mais je retiens à la page des citations avec le mot
« feu » :
« Ce con de
Ouille a balancé d’la vodka sur l’canapé pour éteindre le feu ! »
de Jean Marie Poiré.

