https://blog-de-guy.blogspot.com/2026/10/bologne-3.htmlNous nous
mettons à l’abri au Palazzo Poggi en
attendant l’heure d’ouverture de ses musées
universitaires. Ils se divisent en plusieurs parties.Tout d’abord, le cabinet de curiosités. Il expose du
matériel pédagogique destiné aux futurs médecins, anatomistes et
scientifiques : des poissons de différentes sortes, des crocodiles
naturalisés, des plaques pour imprimer des planches florales ou animales
remplissent les vitrines mais il montre aussi des reconstitutions de muscles,
de parties du corps (oreille) ou d’écorchés. Toute une section est consacrée aux anomalies d’accouchement,avec des représentations très
réalistes de fœtus mal formés ou mal placés en cire, d’utérus en terre cuite
pour la formation des sages-femmes, avec une chaise d’apparence très
inconfortable pour les parturientes et des outils peu engageants pour les
« délivrer». Nous découvrons tous ces spécimens monstrueux et parfois
gores utilisés jusqu’au XIX° comme modèle pour l’étude du monde vivant. et
pourtant, comme le dit le
« routard », malgré tout l’ensemble des collections ne manquent pas
de charme…Nous changeons
d’aile pour nous diriger vers la bibliothèque. Répartis sur plusieurs pièces,des meubles aux
façades grillagées conservent de vieux livres et grimoires. Les rayonnages
montent jusqu’au plafond, alors pour atteindre les volumes d’en haut, une
échelle coulissante permet d’accéder aux étagères les plus élevées. Dans une 2ème
salle une organisation par sujets
compartimente les bibliothèques.Enfin, une dernière
section s’intéresse à l’art militaire. Pour cela, elle s’appuie sur des
maquettes de forteresse, des globes terrestres anciens, des navires à voiles et
des galères. Nous abandonnons le
domaine des sciences au profit de l’art religieux, et nous voilà maintenant en quête de la chiesa San Domenico qui n’ouvre ses portes qu’à 15h30. La
basilique, incluant un monastère, porte le nom du fondateur des frères
prêcheurs espagnol dont elle protège et conserve la dépouille. Malheureusement
pour nous, (mais heureusement pour la préservation du riche patrimoine
italien), des échafaudages nécessaires
aux rénovations en cours empêchent
d’approcher certains trésors, comme les stalles ou encore la toile de Filippino
Lippi
« le mariage mystique de sainte Catherine ».
Par contre, nous ne
manquons pas l’extraordinaire tombeau de saint Dominique
élaboré sur une période de 300 ans. Il requiert le travail de plusieurs grands artistes. Nicolas Pisano réalise les bas-reliefs du sarcophage (épisodes de la vie de Dominique). Nicola dell’Arca (celui « delle Marie piangenti »)
élaboré sur une période de 300 ans. Il requiert le travail de plusieurs grands artistes. Nicolas Pisano réalise les bas-reliefs du sarcophage (épisodes de la vie de Dominique). Nicola dell’Arca (celui « delle Marie piangenti »)
conçoit pour sa part le couvercle et le
délicat ange de gauche, Michel-Ange lui en oppose un autre d’allure plus musclé
à droite, porteur d’un candélabre. Autour de celle de Saint Dominique d’autres statues de Niccolò
dell'Arca s’élèvent et veillent sur le sarcophage, il s’agit de San Agricola,
San Floriano, San Vitale, San Francesco ; Michel-Ange, lui, a représenté San Pétrone, Saint
Proculus, et Girolamo Cortellin n’a pas oublié
Saint Jean-Baptiste. Disposé au centre de l’abside d’une chapelle constituant
un écrin d’une grande richesse, la sépulture
impressionnante repose sous une coupole avec une fresque à la gloire du
Saint.Pour conclure
notre visite limitée par les
travaux, nous franchissons une porte qui
ouvre sur le joli cloître du monastère, bien entretenu, habité par une statue
de saint Dominique, et traversé furtivement par un moine dominicain vêtu de l’habit caractéristique blanc et noir
de cet ordre ecclésiastique.Il nous reste
suffisamment de temps pour envisager un passage à la Basilica di San Petronio située près de la piazza maggiore (fermée
entre13 et 15h) Bâtiment commencée au XIV°,
sa façade bicolore oppose le marbre blanc utilisé pour le soubassement
au rouge de la brique privé du revêtement précieux au dessus car elle ne fut
jamais terminée. L’intérieur répond aux canons du style gothique avec des
volumes et des proportions incroyablement grandioses, plusieurs rangées de
piliers et une abondance de voutes d’ogive,
un grand nombre de chapelles dont
celle de San Petronio,
saint patron de la ville, extrêmement chargée ou encore
la chapelle Bolognini occupée par le terrifiant « enfer » de Giovanni
da Modena.Et pour la musique,
deux orgues du XV° qualifiés d’exceptionnels
se font face dans le chœur enserrés dans des buffets en pierre sculptés.Un peu fatigués,
nous pensons à rentrer. Via
Independenza, sous les arcades nous nous arrêtons dans un supermarché à la
devanture très discrète où nous achetons deux plats cuisinés, de la mortadelle, des poires et le nécessaire pour petit déjeuner demain.Le chemin pour
rejoindre notre Airb&b, jamais simple, nous réserve encore des surprises,
nous poussant dans de nouvelles déviations. A 19h nous franchissons quand même
le seuil de notre logis et nous nous claquemurons derrière la porte à plusieurs
picous pour une soirée tranquille.








































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