Mon collègue DDEN (Délégué Départemental de l’Education
Nationale) a trouvé dans une brocante cet ouvrage de 1945, imprimé sur un
mauvais papier comme les auteurs méticuleux le précisent eux-mêmes dans des
notes annexes fort instructives.
Je pensais jeter un coup d’œil distrait sur ces 130 pages
avant de les transmettre à une autre enseignante qui fut enseignée par sa mère
et son père dans leur école publique où persistaient sûrement le souvenir de
feux allumés par des femmes au début du XX° siècle pour « purifier l’air
et le sol » après le passage d’un député républicain.
Une jeune institutrice n’avait pas renoncé lorsqu’elle avait été nommée dans la plus vilaine des masures du hameau:
«On n’y voit
plus à trois heures de l’après-midi :
fermez vos cahiers, approchez-vous,
et chantons. Et les voilà heureux. »
Avant que Jules Ferry en 1879 impose une Ecole normale de
filles et une de garçons dans chaque département, Guizot avait préparé le
terrain dès 1833.
Il est bon de revoir les pères fondateurs de l’école dont
Ferdinand Buisson qui pensait que le rôle de l’école laïque était de
« prendre l’être humain pour lui donner
l’idée qu’il faut penser par lui-même ;
qu’il ne doit ni foi ni obéissance
à personne, que c’est à lui de chercher la vérité et non pas à la recevoir
toute faite, d’un maître, d’un chef, quel qu’il soit, temporel ou
spirituel. »
Les élèves-maîtres se levaient à quatre heures du matin pour
des apprentissages du système métrique et autres prières, greffes et herbiers, calligraphie ; la pédagogie préparait à l’enseignement
mutuel.
Les auteurs récusent le jugement que ces lieux de formation,
vus comme des foyers communistes, vivaient en vase clos.
Deux mois avant sa mort sur le front pendant la première
guerre un instituteur a écrit:
« Fortifions nos
impatiences de « mécontents » en mal de mieux être social de
l’espérance que le « matériel humain » ne nous aura pas été trop
gâché, sali, encanaillé. »
En 1940 le régime de Vichy a supprimé les Ecoles normales,
elles sont rétablies à la Libération en 1944.
En 1990, les E.N. (écoles normales) sont remplacées par les
IUFM auxquels succèdent les Écoles
supérieures du professorat et de l'éducation (ESPE) en 2013.




