sans avoir la
consolation de l’innocence. C’est cela le cœur lourd. »
Ce sont les derniers mots sur la page 166 de ce livre de
conversation avec Vincent Trémolet de Villers, à propos de l’hostilité envers
les juifs qui ne concerne pas que les porteurs de kippa.
« Les
anticommunistes les plus résolus n’ont jamais exigé l’anéantissement de la
Russie. »
J’avais retenu plutôt l’expression « le cœur gros » lors de ma
commande en librairie, car il y a tant de raisons d’être tristes en regardant par exemple l’évolution de l’institution
scolaire :
« Pour ne plus
encourager les héritiers, elle a choisi de déshériter tout le monde ».
Nous sommes invités à aller voir au-delà de nos bavardages
coutumiers, en découvrant pour ce qui me concerne, ces mots de Tocqueville à
propos de la révolution française, parmi tant d’autres citations
indispensables.
« Je ne crois pas
qu’à aucun moment de l’histoire, on ait vu sur aucun coin de la terre, un
pareil nombre d’hommes si sincèrement oublieux de leurs intérêts, si absorbés
dans la contemplation d’un grand dessein, si résolus à hasarder ce que les
hommes ont de plus cher dans la vie pour faire effort sur eux-mêmes, pour s’élever
au-dessus des petites passions de leur cœur. »
Trump et Poutine ne figuraient pas encore dans ce monde.
Fink inviterait volontiers à « Répliques »,
l’émission qu’il anime sur France Culture depuis 1985, Camus, Arendt, Kundera,
Montaigne, Péguy…
« Ces rencontres
ne verront jamais le jour mais la culture en tient lieu. Elle n’est rien
d’autre, en effet, qu’un entretien infini avec les grands morts et le débat de
ces morts entre eux.»
Je retiens de cet ouvrage la force du philosophe qui me
paraissait si fragile face aux agressions et je le remercie pour le sentiment
qu’il nous offre de nous sentir moins emprunté, moins bête, bien qu’il sache
avec élégance dresser un éloge poétique de vaches et de cochons.
« L’homme pieux
sait qu’il croit. L’athée croit qu’il sait. »



