Nous revenons avec les amis du musée de Grenoble sur la carrière d’un des peintres emblématiques du
XVIII° siècle. A la suite d'un de ses « Autoportrait » à l’œil vif ,
je vais essayer d’éviter les répétitions.
Né en 1732 à Grasse dans une famille de gantiers parfumeurs
venue d’Italie, il est placé chez un notaire à Paris, mais préfère dessiner
dans les marges des documents qui lui sont confiés.Il trouvera sa place chez le premier peintre du roi, François Boucher.
« Charmes
de la vie champêtre »
En ce temps là, L’Astrée, roman fleuve (5000 pages) d’Honoré d’Urfé a rencontré le succès, alors que se répand la mode d’une
nature idéalisée, avec des rêves d’Arcadie, peuplée de bergers amoureux.
« Heureux
amoureux ».
Jean-Honoré Fragonard
a bien retenu les leçons de son maître virtuose et de Chardin, sa douce « Bergère »,
échappe au genre peinture d’histoire en vogue à cette époque.Dans le « Colin-maillard »
la jeune fille au bandeau de travers maitrise le jeu amoureux.comme dans les opéras comiques de l’ami
Charles-Simon Favart.
Avec son pendant les mouvements de « La
Balançoire » aux étoffes scintillantes et aux enfants potelés,
animent une scène à la fraîcheur pomponnée.Lors de la « Conversation galante dans un parc »
au son de la musette,
l’amoureux
est à genoux.
« Le jeu de la palette » prétexte à galanterie joue
avec les regards.Commandé pendant son voyage en Italie avec son ami Hubert
Robert
« L’Enjeu perdu ou Le Baiser gagné »
pose la question du
consentement.
« Sous les atours
soyeux, les gestes se crispent, leur brusquerie est contraire à la souplesse
respectueuse des codes comportementaux de la sociabilité galante. »,tandis que « Le berceau » met en
valeur le sentiment maternel
émergeant désormais dans la société. Papa est même là pour
« La Visite à la nourrice ».Les éléments se déchainent dans « L’orage », et
bergères et bergers sont bien petits dans « L’abreuvoir ». Je ne me souvenais pas que « Le verrou » symbole
de l’amour libertin complétait « L'Adoration des bergers »,
amour sacré,
pas plus que je n’avais vu dans l’ombre, un prêtre pousser « L’escarpolette ».« Telle, « Guimard », pour plaire,
imitant la nature,
Semble avoir de Vénus, dérobé la
ceinture. »« La
Liseuse », « figure de fantaisie », a marqué, sur quelques
boites de chocolats, les prémices d’un pouvoir naissant des intellectuelles et
la sérénité apportée par la lecture. La comtesse du Barry avait commandé quatre tableaux « Les Progrès de l'amour »
dont « La
lettre d’amour » pour son pavillon de Louveciennes,
mais elle
choisira le néoclassique Joseph-Marie Vien désormais à la mode.
https://blog-de-guy.blogspot.com/2015/09/greuze-vien.htmlLes temps sont devenus plus moralisateurs,
le jeune homme
surpris dans « L’armoire » semble bien piteux.Dans le même élan romantique les amants ont abandonné les
stratagèmes inutiles et s’abreuvent à la « Fontaine d’amour ».
Nommé conservateur du musée du Louvre, il en est expulsé par
décret impérial en 1805.
Il meurt en 1806.
«Apparences
voluptueuses, à la fois confuses et rayonnantes, vagues et magiques diffusions
de lumière, académies d’aurore se levant dans un étincelant brouillard matinal,
voilà ses tableaux : une vision féerique, rien de plus. »
Les frères
Goncourt
