« Saint Luc en peintre devant la crucifixion », tourné
vers l’essentiel, est considéré comme un autoportrait du peintre engagé dans une
Espagne en pleine contre réforme.
Zurbaran (1598/1664) a travaillé à Séville, il a
séjourné à Madrid et n’a jamais quitté son pays.
https://blog-de-guy.blogspot.com/2016/04/zurbaran-et-le-tenebrisme-europeen-jean.htmlUne colonne centrale relie la terre et le ciel dans
« Saint Bruno
et le
pape Urbain II ».
Malgré les défauts de perspective cette rencontre témoigne
d’une attention au rendu des matières et à l’intériorité des personnages
silencieux.« Saint Hugues au réfectoire des Chartreux » : l’évêque de
Grenoble avait accueilli les premiers chartreux et leur avait fait parvenir de
la viande dont ils s’abstenaient. Les moines ne voulant pas choquer leur
bienfaiteur tombent en catalepsie jusqu’à ce que saint Hugues vienne les
visiter et résolve leur dilemme en touchant la nourriture qui tombe alors en
poussière, le jour des cendres. Symphonie de blancs.
https://blog-de-guy.blogspot.com/2024/01/les-metamorphoses-du-blanc-catherine-de.htmlSur fond de lumière divine, la « Vierge
de la caverne» protège la communauté aux mains robustes : le
mysticisme ne renie pas le réalisme.L'Espagne compte alors soixante dix ordres
religieux. Dans l’opulente Séville, les commandes ne manquent pas, « Frère
Jeronimo Perez » .« Le Martyre
de saint Sérapion » est
traité avec beaucoup de pudeur
alors que le volontaire de la congrégation
Notre-Dame de la Merci (mercédaire),
parti se substituer à un captif des Maures, fut massacré sauvagement.Sur « Le voile de Véronique »
le visage au regard épuisé exprime le mystère,
et le verbe se fait chair, sans
bavardage, avec « Le christ en
croix »
pour les frères prêcheurs de l'Ordre dominicain de
San Pablo de Real.Le rouge tranche sur le fond ténébreux dans le portrait du
franciscain
« Saint Bonaventure en prière ». « La Vierge
interrompant sa broderie pour la prière » alors toute jeune,
s’inscrit dans toute une
série de portraits d’enfants, comme « L’enfant Jésus »
habillé d’une tunique qui grandira avec
lui, tenant sa « raison tragique », tout en bénissant dans un geste
encore maladroit avec l’autre main. « L'Ange Gabriel » traité dans des coloris subtils, réfléchit
avant l’Annonciation , comme la vierge de
« L'Immaculée
Conception ».« Sainte-Élisabeth du Portugal »
est dans ses beaux atours comme « Sainte Apolline »
alors que « Sainte Marguerite »
est plus modeste en bergère.
Chaque couture, dans chaque tissu est attentivement traitée,
dans chaque tableau à taille humaine. Dans d’autres formats le maître des natures
mortes transfigure les objets les plus rustiques. Chaque poterie placée dans un
axe différent se révèle plus vraie que vraie
Son ami Vélasquez, avec lequel il avait été formé, le fait
venir à Madrid,
Devenu peintre du roi, il entretient un atelier important chargé
par exemple de fournir pour l’Argentine « quinze vierges martyres,
quinze rois et hommes célèbres, vingt-quatre saints et patriarches » «Saint François en méditation». Le musée de Grenoble détient quatre tableaux souvent empruntés
par d’autres institutions.
Ils faisaient partie d’un retable de
la Chartreuse de Nuestra Senora de la Defension à Jerez de la Frontera: « L’annonciation », « L’adoration
des bergers », « L’adoration des mages »,
« La circoncision »
où sa palette s’éclaircit.
« Le vertige
divin, l’enivrement de foi
Qui les fait rayonner d’une clarté fiévreuse,
Et leur aspect étrange, à vous donner l’effroi.
Qui les fait rayonner d’une clarté fiévreuse,
Et leur aspect étrange, à vous donner l’effroi.
Comme son dur pinceau
les laboure et les creuse !
Aux pleurs du repentir comme il ouvre des lits
Dans les rides sans fond de leur face terreuse ! »
Aux pleurs du repentir comme il ouvre des lits
Dans les rides sans fond de leur face terreuse ! »
Théophile Gautier



