Maintenant que l’humour ne dépasse guère le premier degré,
la rédaction du trimestriel grenoblois a du expliciter son dessin de une, au cas où parenthèses et sous-titres n’auraient pas été compris :
« Pourquoi
Carignon va (hélas) gagner ? Magouillo ergo
sum ».
La réponse à cette question contredit l’analyse tellement
sommaire des Insoumis qui ne savent voir dans le maire d’il y a quarante ans
que le candidat
« des riches, des racistes, des islamophobes ».
Le journal engagé à gauche, qui sourit :
« le maton revient le jour suivant »,
sait reconnaître que Carignon :
« ratisse le terrain,
s’intéresse à tout le monde, et pas seulement en période électorale. »
Il est aussi question de relations humaines dans la suite de
leurs reportages concernant l’abstention aux élections, lors d’un petit tour
dans le quartier Teisseire où les
bancs publics sont désertés depuis la COVID.
Sur un mur entre Malherbe et l'Abbaye, un tag interpelle :
« On se plaint
tous que le quartier est mort mais en vrai c’est nous qui nous qui l’avons tué. »
Les journalistes, plus systématiquement anonymes, critiquent avec constance les nouvelles
technologies, agents de la déshumanisation, et pas
seulement dans des perspectives lointaines envahies d’intelligence artificielle.
Je partage avec délice leur
aversion à la nov’ langue parlée par les business angels :
« reporting, seed, pre-seed, SPV qui clean l’étape de
capitalisation … »
Un porteur de projet, basé à Dubaï, d’un super calculateur situé à Eybens
est également gratiné et pas seulement pour son vocabulaire « trend » :
« J’ai regardé la technologie qui était en train de
powerate le truc et je me suis dit il y a beaucoup de GPU derrière ça semble
très intéressant. »
Capgemini a dénoncé ses liens avec
sa branche américaine, mais ses procédés de surveillance ont aidé ICE, la police de l’immigration des
États-Unis.
Par chez nous quelques investisseurs d’extrême-droite tournent
également autour des start-up.
Vieil héritier des
progressistes d’un autre siècle, je ne sais renoncer à l’ensemble de toutes les
recherches innovantes comme les radicaux le prônent, à cause de
certaines dérives inquiétantes qu’il est évidemment indispensable de dénoncer dans le
cadre de débats contradictoires.
La fatigue démocratique atteint
les sentiments de tous et ne doit pas assoupir notre raison quand l’avenir ne
peut exister qu’avec de la confiance, de l’optimisme. L’investissement dans l’éducation pour former
plus d’ingénieurs travaillant à la santé de la planète et de ses habitants devrait
être la priorité des progressistes. La décroissance ne peut être un horizon
pour les plus pauvres.
Les Postilloneurs reviennent sur
l’occupation de la salle de concert « La Bobine » qui constituait pour eux « une expérience remplie de
chaleur humaine. »
Lors de l’éboulement de La Rivière, des exploitants d’une carrière ont été
mis en cause et le journal continue à regretter la complaisance des services de
l’état à leur égard.
Parmi quelques pastilles
rigolotes :
« Saint Chrotron priez pour nous »
et autre «
Palet breton du facteur Cheval »,
la double page centrale répertorie de
poétique façon les boîtes aux lettres où l’on peut poster « des règlements
de compte épistolaires » à Saint Bruno
et « des lettres aux arrières
grands-mères » à côté du jardin des plantes.
