Au centre de la verte couverture cartonnée ornée de dorures,
très classique, le Petit Chaperon Rouge a un drôle de sourire parmi d’autres
personnages aux yeux crevés, aux bras amputés, c’est que le volume se propose
de révéler « la sale vérité sur les contes de fée ».
En 245 pages, finement documentées, la dessinatrice a pris
le temps de revenir par exemple à l’origine chinoise de Cendrillon, plus de
mille ans avant Disney, en faisant part des transformations opérées où selon les
pays varient les péripéties.
Le passage de la tradition orale populaire aux cercles
lettrés par Perrault le catholique et les protestants Grimm ajoute à la
diversité des versions.
Parmi les nombreuses histoires racontées aucune ne se
termine par « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants »
mais mettent en scène : mutilations, meurtres, adultères, voire
cannibalisme et quelques scènes de cul que Basile le premier auteur d’un
recueil de contes de fées n’occulte pas du tout.
« Il était une fois » ouvre le chemin de
l’imaginaire comme :
« Il y avait dans le
temps »
« Il y a longtemps, bien longtemps »
« Dans l'ancien temps, quand les désirs s'exauçaient encore... »
« Dans une contrée éloignée où les oies battent le blé avec leurs ailes et où les chèvres moulent la farine avec leur barbichette. »
« Il y a longtemps, bien longtemps »
« Dans l'ancien temps, quand les désirs s'exauçaient encore... »
« Dans une contrée éloignée où les oies battent le blé avec leurs ailes et où les chèvres moulent la farine avec leur barbichette. »
Bruno Bettelheim auteur de « La psychanalyse des contes
de fées » est bien sûr convoqué et donne de la profondeur au sujet évalué
par un œil contemporain sensible aux rôles joués par les hommes (extériorité)
et les femmes (intériorité), au racisme, au rôle de la religion…
« D'après sa
correspondance, il est probable qu'Andersen ait aimé des hommes.
« La petite Sirène » pourrait avoir été inspirée par son amour impossible pour le fils de son bienfaiteur. »
« La petite Sirène » pourrait avoir été inspirée par son amour impossible pour le fils de son bienfaiteur. »
Les formes modernes de récits sont également évoquées mais
cette étude drôle a beau décaper la tradition, la conclusion se gardant de
censurer invite à la transmission :
« Vous savez
maintenant que les contes de fées sont bien plus que de naïves histoires pour
enfants. Ils sont notre patrimoine littéraire, notre héritage culturel, les
origines de notre imaginaire. Ils sont drôles, choquants, symboliques, variés,
enchanteurs, parfois condamnables, et surtout vivants. »
L’auteure excellente est vraiment à la hauteur.