jeudi 8 octobre 2026

Berlin, capitale de la Prusse. Benoît Dussart.

Sur le blason de Berlin le petit ours (Bär suivi du suffixe diminutif -lin) affirme une étymologie légendaire plus mignonne que le « barl » slave désignant une zone marécageuse. 
https://blog-de-guy.blogspot.com/2016/01/berlin-metropole-du-xxi-siecle-daniel.html
Le réseau hydrographique favorisait le commerce sur La Sprée, affluent de la Havel.
Le tissu urbain est assez lâche : sur une superficie de 900 km2 (huit fois Paris) 
vivent quatre millions d’habitants.
Le Tiergarten, ancien territoire de chasse royal 
et l’aéroport désaffecté offrent d’immenses espaces verts.
Au XIV ° siècle, Berlin et sa voisine Cölln adhèrent à la ligue Hanséatique après leur fusion
 
https://blog-de-guy.blogspot.com/2025/03/la-ligue-hanseatique-daniel-soulie.html
Frédéric Ier
fut le premier margrave (marquis) a devenir prince électeur de l’empereur du saint Empire romain germanique. A l’extrémité de l’empire de Charlemagne, depuis les marches du Brandebourg à l’origine du royaume de Prusse, il installa la dynastie des Hohenzollern.
Sa statue figurait le long de l’allée de la victoire détruite à la fin de la seconde guerre mondiale.

La célèbre avenue Unter den Linden (« sous les tilleuls ») 
entre le Château de Berlin et la réserve de chasse royale 
fut restaurée par Frédéric Guillaume,
« le Roi-soldat », après les dévastations de la guerre de trente ans.
L’Arsenal dans le style français avec ses pilastres au « bel étage »,
devenu Musée historique allemand
voisine avec un des Opéras en hommage à  l’architecte Palladio. 
https://blog-de-guy.blogspot.com/2019/03/lheritage-de-palladio-benoit-dusart.html
Les huguenots français persécutés après la révocation de l’Edit de Nantes par Louis XIV furent bien accueillis dans la ville de Frédéric II ou Frédéric le Grand  le premier roi de Prusse venant après d’autres « rois en Prusse ». Son règne a duré 46 ans jusqu’en 1786.
Il préférait sa résidence à Postdam, 
le palais de Sans-Souci de style rococo, où il a reçu Voltaire.
Autre résidence de plaisance, Charlottenbourg nommée ainsi en hommage 
à la reine Marie Charlotte épouse de Frédéric III.
L’Alte Bibliothek
« Ancienne Bibliothèque » reprise d’un bâtiment de Vienne, mais plus rapidement construite,
fait partie du Forum Friedricianum devenu La Bebelplatz connue pour avoir été le lieu d’autodafés en 1933. "La bibliothèque engloutie"
La Gendarmenmarkt
 située entre l’église française et l’allemande détruite par les bombardements de 1945 a été reconstruite en 1993.
Nommée aussi « La belle alliance » en souvenir de Waterloo, 
Mehringplatz est une place ronde.
Après la chute de Napoléon, a été restitué le quadrige qui ornait la porte de Brandebourg.
L’architecte Karl Friedrich Schinkel urbaniste,
par ailleurs décorateur de la Flûte enchantée, 
revient au style grec ancien pour se différencier du style romain des français,
ainsi le Konzerthaus, théâtre, 
ou l’Alltes Muséum sur l'île aux musées.
De la grandiose cathédrale voulue par Guillaume II en hommage à son grand- père le Kaiser, devenue
l’église du Souvenir, il ne reste qu’une « dent creuse ».
Le Rotes Rathaus (Hôtel de ville rouge) sera occupé bientôt par l’avocate d’origine turque, Elif Eralp, du parti de gauche radicale, élue récemment. La ville est très endettée.
Le logement a toujours été un problème. 
Les  « Casernes locatives » ne datent pas d'aujourd'hui.
Mais par exemple le quartier de Prenzlauer Berg a été rénové,
 et la  Cité Siemensstadt  classée au patrimoine mondial de l’UNESCO.
Hitler avait rêvé d’une capitale mondiale d’un empire de 1000 ans, « Germania » 
https://blog-de-guy.blogspot.com/2025/11/larchitecture-au-service-du-pouvoir.html
Sa Neue Reichskanzlei « nouvelle chancellerie du Reich » construite en 1939 par Albert Speer fut rasée en 1945. 

mercredi 7 octobre 2026

Pavie # 2

Ces formalités accomplies,
nous partons pour visiter la Certosa di Pavia (Chartreuse de Pavie), qui a motivé notre passage à Pavie. Une longue rue bordée d’arbres avec aujourd’hui un quartier résidentiel à droite et des champs agricoles à gauche conduit au monastère.
L’entrée s’effectue par un premier  portique orné de fresques suivi d’un porche sous lequel nous achetons nos billets.
Ensuite, nous accédons à la cour, 
et faisons face à la magnifique façade Renaissance de l’église.
Elle est  richement recouverte de marbres de différentes couleurs, de sculptures et bas-reliefs minutieusement ciselés dont les personnages bibliques apparaissent habillés dans le style à la mode pendant la Renaissance.
L’intérieur séduit tout autant : des lanterneaux ornés de fresques et des voûtes nervurées colorées et pimpantes,  affichent des bleus et des tons plutôt éclatants, sans doute, restaurés récemment.
Touche amusante, deux trompe-l’œil se détachant sur les murs de pierre s’inscrivent dans des fenêtres obscures géminées montrant deux ecclésiastiques curieux penchés vers la nef.
Quant au sol, la richesse se distingue à travers les dallages composés de pavements chamarrés.
L’église abrite d’autres éléments dignes d’intérêt comme les gisants en marbre de Ludovic Sforza et Béatrice d’Este
ou le triptyque en ivoire et dents d’hippopotame exposé dans la sacristie,
ou encore le maître autel en marbre incrusté de lapis lazuli, encadré par des stalles de bois en marquèterie, résultat d’un grand savoir faire.
Deux cloîtres se rattachent à la Chartreuse : un petit et un grand.
Ils bénéficient de riches décorations finement travaillées en terracotta  apposées sur les arcades et le haut des piliers de marbre.
Si le petit favorisait la vie communautaire ou la déambulation méditative des moines, le grand donnait accès aux cellules individuelles.
Chacune d’elles, à l’identique, est conçue comme une petite maison individuelle et mitoyenne comprenant une pièce centrale équipée d’une cheminée et d’une table, d’un étage où se trouve la chambre, d’un atelier et d’un petit jardin. A côté de la porte, une fenêtre fermée par un volet en bois  servait à passer les repas.
Pour compléter la visite, un musée permet de voir les sculptures originales restaurées que des copies remplacent in situ.
Il y a même une pinacothèque à l’étage installée dans des pièces en enfilade, dont les vitres en verre irrégulier offrent une vue sur l’église avec des déformations intéressantes à photographier.
Nous quittons la Chartreuse enchantés par tout ce qu’elle nous a permis de voir de beau, de raffiné, d’harmonieux  : pas de dimensions grandioses mais elle s’avère être un véritable petit bijou architectural.
Nous retournons à Pavie sans but précis, préférant nous laisser guider par notre instinct.
Comme nous nous garons au bord du Ticimo (le Tessin),
nous apercevons le joli Ponte Coperto (pont couvert) 
dans lequel nous nous engouffrons au milieu d’un trafic automobile important, puis remontons le corso Strada nuova en découvrant des magasins ouverts même le dimanche.Nous parvenons au Duomo.
Ses murs de briques nus devaient sans doute être recouverts de marbre et d’ornements autrefois. Lorsque nous poussons ses portes, ouvertes à l’occasion de la messe dominicale, nous baignons dans un environnement de marbre blanc, sans fioriture inutile, de grandeur, mais aussi de sobriété, mis à part des bustes en argent scintillants placés sur l’autel. Nous ne nous attardons pas à cause de l’office et ressortons assez vite.
Dehors, face à la cathédrale, la statue équestre en bronze du  Regisole,  nous attire, du moins sa copie. En la regardant de plus près, nous constatons que les testicules du cheval contrastent par leur couleur avec le reste de la sculpture ; nous supposons qu’un plaisantin les a rehaussées l’un d’une peinture rouge et l’autre d’une peinture dorée. Nous en oublions presque de nous informer sur l’histoire de ce Regisole, cependant la lecture tardive du Routard nous apprendra qu’il s’agit de la reconstitution d’une statue impériale romaine. Nous reprenons nos flâneries dans la cité, qui nous mènent à un passage couvert imposant  protégé par sa coupole en verre.
Puis nous  repassons piazza della Vittoria débordante de monde à l’heure de l’apéro ; les bars et Spritzeria (spécialisé dans les spritz) affichent  une belle fréquentation.
Un chanteur d’opéra fort honorable en profite pour se produire sur un air de Puccini et recueillir l’attention du public conquis.L’heure du diner arrivant, nous optons pour une pizza  au « Bella Napoli » (salades césar ou grecque)
avant de remonter à pied le corso Cavour jusqu’à la piazza Minerva occupée par la statue démesurée de la déesse et récupérer la voiture pour rentrer à l’hôtel.