Pour cet après- midi nous envisageons un voyage au cœur de
l’art nouveau.
Cette fois-ci, c’est vers le sud de la ville qu’un tram nous conduit. Il nous dépose dans les parages du musée Horta situé rue Americaine
Heureusement que nous disposons du n’° de la rue car
des échafaudages dissimulent en grande partie la façade de ce qui fut la maison
de l’architecte belge.
Une 2ème déconvenue nous attend lorsque dès
l’entrée un gardien nous demande si nous avons des réservations, le musée
devant limiter le nombre de visiteurs
pour des raisons d’espace à l’intérieur des pièces. Devant notre réponse
négative et l’affluence du public, bien que la billetterie affiche complet, il
nous laisse tenter notre chance à la caisse : un contingent de personnes
accédant tous les ¼ d’heure, il reste en tout et pour tout une place disponible
à 15h 45 et une autre à 16h. L’employé compréhensif prend pitié et s’engage à
nous faire passer discrètement tous les 2 à 15h 45 ; les créneaux d’ouverture
du musée de 14h à 17h 30 nécessitent effectivement de réserver.Juste avant l’heure dite, tout doit être obligatoirement
déposé aux consignes :
pas de sacs, pas d’appareils photos, pas de
smartphones, interdits. Puis l’autorisation de pénétrer dans les lieux
s’accompagne de l’obtention d’un dépliant destiné à faciliter notre cheminement,
sans requérir en permanence au personnel vigilant posté dans les pièces.La demeure se divise en 2 parcelles mitoyennes,
2 immeubles
recevant l’un la famille de Victor Horta et l’autre son atelier. Tout l’espace
s’articule autour d’une cage d’escalier de plan carré "en S". En suivant le circuit du dépliant, nous traversons successivement:
- l’entrée et le couloir des domestiques.
- Six portes fermées
encadrent un étroit couloir à l’usage des domestiques pouvant entrer dans la
maison et accéder directement à la cuisine.
- Le rez-de-chaussée de l’atelier est réservé à l’architecte
et à l’administration, l’atelier servait à trois sculpteurs chargés de fabriquer
les modèles en plâtre et en bois avant leur réalisation par des artisans.
- La première volée d’un escalier magnifique et le hall
d’entrée marquent la frontière entre l’habitation et les ateliers.- La salle à manger mélange matériaux humbles et matériaux
riches.- La véranda ajouté en 1906 prolonge la salle à manger
séparée par une porte fenêtre entièrement dessiné par Horta jusqu’aux moindres
détails. La vue plonge sur le jardin.
- Le salon de musique répond au goût mélomane de son
propriétaire, il y organisait des soirées musicales. L’espace surplombe de quelques marches la salle à
manger.
- Le fumoir servait à recevoir les clients.
- Près de
l’atelier, le bureau se voit doté d’une cabine téléphonique ornée de
verres américains. - L’atelier des dessinateurs dispose d’une grande verrière
orientée au nord recevant toujours la même lumière.
- La chambre à coucher, détail amusant et pratique, cache un
urinoir mobile. Elle disposait d’un chauffage d’appoint. Aujourd’hui disparu, le dressing n’apparait qu’en 1906. - La salle de bain possède un petit chauffage d’appoint et
des ouvertures pour l’aération.
- Le boudoir est
destiné à l’épouse d’Horta.
- Le salon de famille accueillait des moments plus intimes avec sa famille, les invités étant plutôt reçus au salon de
musique.
- La chambre d’amis se situe en soupente, son système de
panneaux mobiles en acajou diminue la sensation d’exiguïté et offre des
possibilités de rangement. Elle communique avec une petite salle de bain- La cage d’escalier, véritable colonne vertébrale de la
maison, contient l’escalier
d’honneur dont les marches deviennent de
plus en plus étroites au fur à mesure qu’il s’élève. La couleur jaune du verre
du lanterneau et des murs amènent de la luminosité- La chambre de Simone Horta, la fille de l’architecte,
bénéficie d’une vaste terrasse,Le boudoir de Simone Horta donne sur le jardin d’hiver. Les chambres des domestiques au nombre de trois se
partagent les combles. De là, par une ouverture, nous avons vue sur la
structure de l’escalier et du lanterneau.- Le laboratoire photographique prend place à l’entresol.
- Le breakfast room et l’office étaient sollicités pour des déjeuners informels avec l’avantage
d’accéder au jardin. La cuisine dut subir une bonne rénovation, suite à des
dégradations, reconstruite à l’identique.A chaque étage de cette maison qui en possède plusieurs,
aucune pièce ne se trouve au même niveau, à chaque fois, trois ou quatre
marches les séparent, constituant une manière de se passer le plus possible de
murs de séparation. Quant aux plafonds, ils renoncent à la platitude au profit de voûtes et de
nervures.
Une grande partie des fenêtres s’ouvre sur le jardin calme et touffu
(inaccessible au public). Sans surprise, les caractéristiques de l’art nouveau,
l’influence du japon et les motifs
floraux se remarquent dans les
balustrades, les poignées de portes ou encore les boiseries. Le confort apporté
par la modernité de l’époque transparait dans le téléphone, les salles de
bains, les radiateurs en fonte ouvert pour chauffer les plats ou les gants
mouillés. Mais en 1919 la mode de l’art nouveau commence à passer,
Horta vend
sa maison-atelier pour s’installer rue Louise.Nous laissons
place au nouveau contingent de
visiteurs, bien que nous n’y soyons pas contraints en raison de ce parti pris
de déplacement libre au rythme de chacun.Pour rester dans le thème, nous partons explorer le quartier Louise
car il conserve encore des constructions de ce style
si élégant, rescapées après un certain des-engouement amorcé dans les années
20. Ainsi, nous respectons pas à pas le circuit obtenu à ODT,
pour ne pas rater des façades qui se fondent
dans l’environnement de grisaille
d’immeubles plus récents. C’est l’occasion de découvrir d’autres architectes de
l’Art nouveau comme Paul Hankar.
Ce dernier
réalisa une maison au 71 rue
Defacqz, un hôtel situé au 48 de la même rue
commandé par le peintre
Ciamberlani qui se chargea lui-même de
créer les magnifiques sgraffites de la partie supérieure.
A côté au n°50, Hankar répondit à la demande d’un autre peintre avec
l’hôtel René Janssens. Frustrés de n’avoir pu voir la façade en travaux de la
maison Horta, au moins nous pouvons apprécier celle de l’hôtel Tassel avec son bow-window en arrondi que
l’architecte Horta conçut pour son ami professeur au 6 rue Emile JansonNous flânons
ainsi le nez en l’air jusqu’ à
l’avenue Louise afin de prendre le tram 8,
puis le tram 7 que nous
abandonnons à Pétillon.
Nous prévoyons
notre diner de ce soir en passant au Proxy Delhaize