Dépaysement assuré et vitalité garantie, même si les
personnages qu’on a plaisir à retrouver ont perdu de leur allégresse en prenant
de l’âge. Comme dans toute série et pour mieux maîtriser les évolutions, il
vaut mieux suivre l’ordre chronologique de ces albums ensoleillés.
Les femmes « tiennent la baraque » mais les violences, les
superstitions, les rigidités mettent à mal la légèreté avec laquelle les sujets
étaient traités.
La maison de Bintou, vedette de la série « Gâteuse de foyer », a pris feu à cause de la confusion entre fiction et réalité. Des
hospitalisations parallèles mettent en évidence les problèmes du système
hospitalier jusqu’au drame, et l’acceptation de l’homosexualité est toujours
problématique…
L’évocation du thème du mariage blanc, quelque peu caricaturale, prend un espace qui aurait permis de mieux démêler les embrouilles du côté du
quartier de Yopougon.
Pourtant les relations familiales au cœur des récits mettent
en évidence leur tendre force et leur lourdeur persistante.
Les expressions sont toujours aussi savoureuses :
« cafouilleuse »
ou « être en débrouillage » ne nécessitent pas d’aller voir dans le lexique en
supplément des 96 pages alors que
« C’est ta
figure tu vas cacher Abidjan ici » avait besoin d’être précisé :
« Tu auras
tellement honte que tu seras la risée de tout Abidjan ».
Par contre les dialogues m’ont
paru parfois surchargés de sages formules qui me ravissaient quand elles ne
nuisaient pas à la spontanéité des palabres.
« Même si
l'éléphant est maigre, il reste toujours le roi de la forêt. »
