Assurance plaisir avec l’ancien directeur du Centre
Chorégraphique national de Grenoble, maintenant à la tête du Palais de Chaillot
à Paris : le danseur devenu chorégraphe nous surprend encore.
Commencé sous les nuées, loin du procédé habituel qui enfume
les salles, nous sommes installés d’emblée dans une douce poésie. J’ai voulu y
voir « Zeus transformé en nuage embrassant Io » du Corrège.
« On ne reconnaît pas dans les nuages les gouttes d'eau de la rosée que le soleil y a fait monter ! Evaporez-vous, pluie terrestre, larmes des jours anciens, et formez dans les cieux de gigantesques volutes, toutes pénétrées de soleil. »
Gustave Flaubert.
Les apparitions, disparitions, des personnages nous
préparent en douceur aux tensions, lancers, rencontres, portées puissantes,
empilements, tourbillons, envols et réceptions qui vont se croiser,
s’accumuler, nous couper le souffle.
La lenteur initiale est traversée de sons élémentaires qui
vont s’accélérer.
Danseurs et acrobates ont fusionné harmonieusement tout en
audace maîtrisée, confiance, agilité et grâce délicate.
Le hip hop originel revisité par le chevalier des arts et
lettres permet d’enchaîner des solos subtils toujours difficile à proposer
après des foisonnants tableaux plus amples des dix artistes dans des bouquets
de mouvements légers où Ouramdane dame le pion à la pesanteur, une nouvelle
fois. La beauté convient bien alors à la modernité.

