Bien des thèmes sont finement traités, l’air de ne pas y
toucher:
la vie, l’amour, la mort, la mémoire, la littérature, la
vieillesse…
« L’ennui est
qu’on ne peut se faire de nouveaux vieux amis »
Mais difficile d’être aussi léger pour rendre compte de la
fluidité, de la profondeur, de ces pages qui m’ont donné l’impression de
comprendre clairement l’écrivain à la façon de l’aiguille d’une vieille radio
arrivant à capter enfin la station désirée, sans aucun crachotement.
« … grâce à ma
carrière en zigzag, j’ai fait la connaissance de Stephen et Jean séparément et
que c’est par mon biais qu’ils se sont rencontrés. Les écrivains d’antan auraient
pu dire de moi que je fus « l’instrument de leur destiné » - et
plus encore lorsque, des décennies plus tard, j’ai joué ce rôle une seconde
fois. Mais je ne fais pas dans le style noble et de toutes façons, l’ère
tragique est depuis longtemps révolue : nous ne sommes plus à la hauteur
de telles formules. »
Je ne peux éviter d’insister pour évoquer son humour, sa
justesse, son honnêteté .
A propos de son
journal :
« …les moments
heureux ont tendance à se consumer tout de suite, tandis que les moments
malheureux, sombres, mensongers, envieux ou mesquins sont généralement
refoulés, pour inonder plus tard le journal de tristesse, de colère et
d’apitoiement sur soi . »
Il cite Flaubert, Proust, et enchâsse quelques formules qui
nourrissent cette douce conversation avec les lecteurs :
« Le bonheur ne
me rend pas heureuse. »
« … « cela
semblait une bonne idée » comme disait l’homme après avoir sauté du
pont. »
Une championne accumule tous les malheurs et ne comprend pas :
« pourquoi cela arrivait alors que je n'ai jamais été une mauvaise
personne »
« Beaucoup de personnes ont le même sentiment, croyant que la vie est,
« Beaucoup de personnes ont le même sentiment, croyant que la vie est,
ou devrait être, équitable, en dépit de
toutes les preuves du contraire. »

