jeudi 12 mars 2026

Bruxelles # 1

Plus rien ne nous retient donc à Malines,
alors nous partons pour BRUXELLES en empruntant le réseau autoroutier 
très pratique et gratuit.
Le GPS nous guide sans encombre à travers la ville jusqu’au Airb&b dans la commune limitrophe d’Etterbeek où nous découvrons notre logement doté d’un bow-window charmant ; 
de plus, nous pouvons profiter du parking libre juste en face dans un parc avec pour seule contrainte la fermeture des grilles le soir.
Voiture déchargée, nous délaissons le studio au profit d’un premier contact avec Bruxelles.
Mais nous ignorons tout des transports en commun, aussi nous interrogeons deux agents municipaux chargés de vérifier les parcmètres, ils nous indiquent la ligne de tram 7 jusqu’à la station Montgomery puis la correspondance avec le métro 1 arrêt à De Brouckère. 
Remontés à la surface, nous émergeons en plein centre-ville, parmi de nombreux passants.
Nous voyons énormément de vitrines remplies de gourmandises appétissantes, 
gaufres, macarons, meringues
et les fameux cuberdons appelés aussi chapeaux de curé.
Sans céder à la tentation, nous dénichons l’Office du tourisme sur la magnifique grande place complètement recouverte d’admirateurs immobiles.
Nous obtenons un plan de la ville  (1€), un petit fascicule proposant un circuit sur l’art nouveau (5 €), quelques maigres renseignements sur les visites guidées, mais aussi sur un restau dans les parages.
L’employé nous vante la brasserie Boemvol place de la Bourse que nous testons immédiatement : au menu : carbonade et quiche à la feta accompagnée de salade.
Pour l’après-midi, nous optons pour le Musée Royal des beaux arts. Il se situe légèrement en hauteur, au dessus de la gare centrale, avec jolie vue sur les jardins et sur la ville.
Une fois dedans, la billetterie passée, nous accédons à un vaste hall clair encadré par des galeries en étages.
La muséographie respecte la chronologie en présentant en 1er les primitifs flamands ; 
malgré des peintures de Cranach « Adam et Eve », « Vénus et Amour »,
« La fillette à l’oiseau mort » d’un peintre des Pays-bas du 1er quart du XVIème ou encore la tentation de Saint Antoine de Jeronimus Bosch, nous traversons assez rapidement les salles  pour nous consacrer essentiellement aux œuvres de Pierre Bruegel l’ancien :
« La chute des Anges rebelles » retient un bon moment notre attention : Pour nous faciliter la lecture du tableau, et nous donner toutes les armes pour l’apprécier, des écrans sur tables diffusent des vidéos décryptant chaque partie.
Les monstres et l’imaginaire  nous évoquent immanquablement 
les délires fantastiques de Bosch
Si dans « La chute d’Icare », le héros mythologique meurt dans l’indifférence générale rendant anecdotique la folie d’Icare, la vie quotidienne se  poursuit et le paysan manœuvre sa charrue, le berger surveille ses brebis, les bateaux vaquent à leurs activités.
 Nous nous émerveillons aussi devant « Le combat de Carnaval et Carême »,
ainsi que « Le dénombrement de Bethléem » transposé au cœur d’un village flamand, que voisine la copie peinte par son fils Bruegel le jeune.
Un film projeté en grand sur un mur blanc détaille un paysage d’hiver
 avec patineurs et trappe aux oiseaux .
Il nous montre à partir de gros plans que malgré une certaine bonhomie, une certaine gaîté et de l’humour, la menace transparait  sournoisement, jamais très loin.
Ayant bien pris notre temps devant ces peintures racontant avec finesse la vie d’une époque, nous poursuivons notre cheminement dans le musée où nous repérons quelques œuvres comme : 
« Le panorama de Bruxelles » au XVIIème réalisé par Jean Baptiste  Bonnecroy, remarquable de minutie et de détails
« La mort de Marat » célèbre peinture de Jacques-Louis David
« Les épisodes des journées de Septembre 1830 sur la Place de l'Hôtel de Ville de Bruxelles » de l’artiste belge Gustave Wappers,  inspirés semble-t-il par « la liberté guidant le peuple » de Delacroix.
Nous nous arrêtons aussi devant des vidéos dont une raconte l’histoire et les mésaventures d’un tableau de Franz Hals qui avait peint un homme une femme accompagnés de leurs 14 enfants : « la famille Van Campen dans un paysage. »
Le musée n’en possède qu’un fragment car l’ensemble fut découpé en 4 parties vite éparpillées. Ce n’est que peu à peu que des spécialistes arrivèrent à reconstituer le puzzle, traquant minutieusement parmi plusieurs tableaux des bouts de jupe ou de dentelles, parfaitement compatibles les uns avec les autres aux niveaux forme dessin et couleur. 
Puisque le musée Magritte côtoie le musée Royal des beaux arts, nous décidons de prolonger notre visite muséale.
Trois étages exposent les œuvres du peintre belge réparties par ordre chronologique.
Sans surprise, nous retrouvons ses tableaux les plus célèbres, la pipe sous diverses variations, les nuages sur fond de ciel bleu…
D’autres peintures par contre sont moins représentatives du style que nous lui connaissions, moins typées, comme celle de ses débuts ou comme « La famille »
A l’heure de fermeture, 17h, nous sortons en ayant pu voir ce que nous souhaitions sans nous bousculer et prenons le chemin du retour.
Le nom des rues dans le centre de BXL (plus branché que Bruxelles) ne manque pas de pittoresque : ainsi repérons-nous : la rue fossé aux loups, la rue au beurre, 
la rue montagne aux herbes potagères, la rue des sables, la rue de l’homme chrétien, la rue putterie, ou encore la rue du gentilhomme.
Nous cafouillons un peu pour retrouver nos pénates avec les transports en commun, mais nous y parvenons, dénichons un Proxy de Delhaize où nous achetons de la soupe, du guacamole, du melon et du camembert (incorrigibles français !). Au moment de passer une soirée tranquille, nous nous apercevons que nous avons oublié les clés de la voiture à l’intérieur du véhicule ! Oups…

mercredi 11 mars 2026

Métamorphoses et amours des dieux. Claire Grebille.

La religion romaine a fait si bien perdurer les mythes grecs que bien des dieux ont inspiré les artistes de la fin du moyen-âge à nos jours. 
La révision ci dessous évitera les redites parmi ces amours antiques se métamorphosant sans cesse et proposera un bon paquet de liens. 
« L'Enlèvement d'Europe » de Liberale da Verona décorait un coffre de mariage dans un style gothique raffiné se lisant de droite à gauche : les suivantes de la belle phénicienne représentées trois fois s’affolent de voir la princesse enlevée par le roi des dieux transformé en taureau. 
Il l’emmènera en Crète où elle donnera naissance aux trois maîtres de l’enfer.
Sur le même thème, Rembrandt souvent appelé le « Titien du nord » avait peint au début de sa carrière un de ses rares sujets mythologiques avec des demoiselles en costumes de théâtre et une expressivité qu’il abandonnera par la suite.
Réalisé soixante dix ans plus tôt, un des derniers tableaux du Titien, garni de putti,
peut être interprété comme une élévation de l’âme au dessus des enveloppes corporelles.
« Les fileuses » de Velasquez citent Titien, dans une riche mise en abimes. Elles représentent la rivalité entre Arachné et Athéna,  avec les trois parques maîtresses de nos fragiles destins, aux trois âges de la vie, quand les arts mécaniques s’associent aux arts « libéraux ».
La version simple et novatrice de Valentin Serov rappelle le visage d’une kórê antique.
De la « Galatée » néoplatonicienne de Raphaël vers laquelle toutes les flèches convergent
jusqu’à 
« Œdipe et le Sphinx » de Gustave Moreau  
se renouvelle le merveilleux des récits d’Ovide. 
https://blog-de-guy.blogspot.com/2011/03/jupiter-nom-de-zeus.html
Zeus, épris une fois de plus, transforma« Io » (Stefano di Giovanni) en génisse  mais Héra, la femme légitime l'incorpora à son troupeau et la confia à Argus, monstre aux cent yeux. De surcroit elle envoya un taon pour la piquer sans cesse, afin de l’empêcher de faire l’amour. Hermès « à la pensée chatoyante » est chargé de tuer son surveillant.
https://blog-de-guy.blogspot.com/2022/04/baisers-voulus-baisers-voles-christian.html
Avec le romantique John Hoppner  « Jupiter and Io » se rencontrent la première fois, 
quand le monde était recouvert de brume complice.
Vélasquez
représente le messager des dieux s’apprêtant à commettre son crime 
après avoir endormi sa future victime « Mercure et Argos ».
Rubens a choisi le moment où Junon récupère les yeux d'Argus 
qui désormais figurent sur la queue des paons. « Junon et Argus ».
Les oiseaux sont auprès d’elle dont le lait divin dispersé est à « L'Origine de la Voie lactée »  toujours d’après Rubens où elle repousse Hercule, encore un enfant illégitime, que Zeus lui avait imposé sur son sein pendant son sommeil. 
https://blog-de-guy.blogspot.com/2017/03/monstres-et-heros-serge-legat.html
Sous le lit où s‘étreignent
« Vénus et Mars » par Johann Rottenhammer the Elder
Cupidon met la main sur le manche de l’épée du dieu de la guerre 
pour le cacher aux yeux de l’infortuné Vulcain.
Dans la Villa Emo, parmi les fresques de Battista Zelotti, « Vénus blessée par l’amour »
voisine avec « St Jérôme Pénitent ».
« Danaé »
de Jan Mabuse sous une pluie de pièces d’or 
se rapproche de la Vierge et de sa maternité miraculeuse.
Kiefer l’interprète d’une autre façon.
https://blog-de-guy.blogspot.com/2017/06/anselm-kiefer-c-loubet.html
Le Bernin
sublime la poursuite d’ « Apollon et Daphné » au moment où elle se transforme en laurier dont les branches couronneront les vainqueurs.
https://blog-de-guy.blogspot.com/2019/05/paul-v-serge-legat.html
« Ganymède »
( Rubens) le plus beau des mortels enlevé par Zeus, 
cette fois sous forme d’aigle, devient l'échanson des dieux.
Bertel Thorvaldsen.
La beauté fusionne avec le bien.« Narcisse » inspira Ronsard:
 « Je voudrais bien pour alléger ma peine,
Être un Narcisse et elle une fontaine,
Pour m’y plonger une nuit à séjour ;
Et si voudrais que cette nuit encore
Fut éternelle, et que jamais l’Aurore
Pour m’éveiller ne rallumât le jour. »
Le mythe éternel figure sur une tapisserie mille fleurs du XV° siècle
et Dali «  Métamorphose de Narcisse » a pu y voir son propre reflet :
« Quand cette tête se fendra,
Quand cette tête se craquèlera,
Quand cette tête éclatera,
ce sera la fleur,
le nouveau Narcisse,
Gala –
mon narcisse.»