Le mot « amour » perdant souvent ses couleurs dans des émoticônes
répétitifs, est ici pleinement illustré pendant cette heure sous chapiteau :
acrobates, jongleurs, funambules, tous musiciens, en couples, au trapèze, à la bascule,
à la roue Cyr, se soulèvent, voltigent, s’accompagnent, se font confiance.
dimanche 11 octobre 2026
samedi 10 octobre 2026
Ne me remerciez pas ! Martial Caroff.
Enquête policière parmi les chercheurs de l’Institut
Européen des études climatiques et plus particulièrement parmi les géologues passionnés
de diatomées( algue microscopique unicellulaire) qui disparaissent brutalement.
Ce roman a reçu le prix du quai des orfèvres en 2024, alors
que l’action se déroule au moment où le 36 quai des Orfèvres doit déménager
vers la nouvelle cité judiciaire de Batignolles.
« Une enquête, à
présent, c'était des chiffres qui défilaient sur des écrans d'ordinateur, des
sigles barbares - « Spy Sweeper », «FAED, « FNAEG » ... - et des communications
quotidiennes avec les fournisseurs d'accès Internet et les opérateurs de
téléphonie mobile, Maigret était mort, son fantôme dissous dans la ringardise. »
Le titre et l’illustration de couverture n’ont rien à voir
avec le sujet dont une des clefs résiderait plutôt dans un clin d’œil forcément
nostalgique et référencé :
« On sait depuis
Conan Doyle que pour bien se planquer, rien de tel que de s'exposer aux
regards, fondu dans un décor chatoyant. C'est la méthode caméléon. »
L’auteur spécialiste de volcanisme, ne nous confine pas dans
les locaux universitaires, il nous offre une course poursuite en Ardèche après
une succession de coupables évidents qui nous amène au bout à deviner qui est
le vrai criminel.
L’écriture agréable, pour un cheminement habile où se
multiplient les indices, n’est pas ramenarde.
« Kestner
adorait les saisons de transition. Un automne à la mer ou un printemps en
ville, le froid comme perspective ou un pas vers la canicule, c’était tout un
pour lui. Aimant les choses en devenir, il ne détestait rien tant que les
mondes francs. Le commissaire, à sa manière de flic, était un poète. »
vendredi 9 octobre 2026
Adultes.
Les adultes ont déserté le bureau ovale et toute autorité des
grandes personnes n’est plus de mise.
Il ne reste que des victimes de l’Europe, des étrangers, de
Trump, de Macron, des woke et des curés, ou alors des coupables du pillage de la
planète, de la colonisation, des souffrances des femmes et des enfants … mais pas responsables.
Où est le pouvoir ?
Depuis que son effigie a été brûlée sur les ronds-points, le
locataire de l’Élysée, garde encore sa fonction de bouc émissaire, mais ne fait
plus le poids. La démocratie dont la légitimité des élus a été attaquée dès leur élection, s'abime. L’Assemblée bordélisée est paralysée, Bercy aux paniers percés,
inaudible. Les princes ne gouvernent guère, les médias ne figurent plus au centre,
les marchands ferment boutique, les juges sont débordés et les urgences font
attendre. Le court terme s'empresse, le gouvernement lâche la monnaie.
La violence paie, l’IA a du talent.
Les visages sont floutés, les personnes citées dans les reportage "ne souhaitent pas donner leurs noms", anonymat et pseudo font la loi sur les réseaux, la cagoule est à la mode
- la Cagoule dans les années 30
désignait une organisation l’extrême droite - .
J’aimais la formule de Clémenceau : « La Révolution
française est un bloc » pour rêver qu’il en serait ainsi de notre pays où la
nouvelle France adviendrait après l’ancienne sans la mépriser, capables de
vivre ensemble notre passé et le présent. Dans la succession oublieuse des
évènements d’actualité, la légitimation de la violence par Bally Bagayoko
efface-t-elle un samedi apaisé de Léon XIV in Paris ?
La compilation des lieux communs proférés par des lycéens qui relèguent au second plan de légitimes revendications et les bêtises de Ségolène Royal alourdissent notre accablement.
N’y aurait-il pas un lien entre les catastrophiques
résultats PISA et la ronde des réclamations, ignorant les
réalités financières. Les doléances ramènent tout à l’état alors que les régions ont plutôt à voir
avec les lycées et que les profs auraient aussi leur mot à dire en ce qui concerne les voyages scolaires pas assez fréquents pour cette lycéenne de Bourgoin?
Mais ce n’est pas tant l’inflation des demandes adolescentes
suivies immédiatement par « on ne nous écoute pas » qui est
problématique, c’est qu’à l’exemple des Gilets Jaunes, la naïveté des "Gilets jeunes" soit
tellement valorisée, la démagogie tellement encouragée. Les mâles adultes font
semblant de croire encore au Père Noël et en appellent à un papa état, qu’ils
détestent par ailleurs, coincés à l’étape de la puberté quand ils ne s'excusent pas de leur opinion ou de leur âge. Et le pauvre ministre
qui dit « je vous crois » aux émeutiers, comme on doit dire aux femmes
violées, se trompe de registre.
Pour sortir de mes écrits empaquetés en allant dans le registre
parlé, je respecte ceux qui apparaissent à visage découvert en ne
les suivant pas forcément :
- Y a plus de ronds.
Puisque vous regrettez les non
remplacements de profs allez donc en bibliothèque,
prenez un balai pour
ramasser les débris de vos établissements dégradés ( ça s'est fait),
ne prenez pas exemple sur
les députés: en perturbant moins les cours peut être qu’il n’y aurait
pas pénurie d’enseignants et même que vous auriez envie d'exercer ce beau métier.
De sélection, il n’y en a plus guère quand
il est nécessaire de proposer des dictées à des étudiants en lettres. Au moins
parcours sup a fait disparaître le tirage au sort dans certaines filières.
Epargnons
les classes prépa à ceux qui ont peur de stresser.
Tout le monde ne peut pas devenir
Louis Boyard. »
L’avenir, invoqué à grands renforts de vibratos, pour lequel des investissements lourds seraient à effectuer
contre le réchauffement de la planète, appartient aux chinois : leur génération d’enfants uniques à tendance royale
n’a rien cassé dans leur école, ils bossent leur IA.
« L'avenir ce n'est
pas ce qui va nous arriver, mais ce que nous allons en faire. »
jeudi 8 octobre 2026
Berlin, capitale de la Prusse. Benoît Dussart.
Sur le blason de Berlin le petit ours (Bär suivi du suffixe diminutif -lin) affirme une étymologie
légendaire plus mignonne que le « barl »
slave désignant une zone
marécageuse.
https://blog-de-guy.blogspot.com/2016/01/berlin-metropole-du-xxi-siecle-daniel.htmlLe réseau hydrographique favorisait le commerce sur La
Sprée, affluent de la Havel.Le tissu urbain est assez lâche : sur une superficie de
900 km2 (huit fois Paris)
et l’aéroport désaffecté offrent d’immenses
espaces verts. Au XIV ° siècle, Berlin
et sa voisine Cölln adhèrent à la ligue Hanséatique après leur fusion
https://blog-de-guy.blogspot.com/2025/03/la-ligue-hanseatique-daniel-soulie.htmlFrédéric Ier fut le premier margrave (marquis) a devenir
prince électeur de l’empereur du saint Empire romain germanique. A l’extrémité
de l’empire de Charlemagne, depuis les marches du Brandebourg à l’origine du
royaume de Prusse, il installa la dynastie des Hohenzollern.Sa statue figurait
le long de l’allée de la victoire détruite à la fin de la seconde guerre
mondiale.
La célèbre avenue Unter den Linden (« sous les tilleuls »)
La célèbre avenue Unter den Linden (« sous les tilleuls »)
entre le Château de Berlin et la réserve de chasse royale
fut restaurée par Frédéric
Guillaume, « le Roi-soldat », après les dévastations de la
guerre de trente ans. L’Arsenal dans le style français avec ses pilastres au
« bel étage »,
https://blog-de-guy.blogspot.com/2019/03/lheritage-de-palladio-benoit-dusart.htmlLes huguenots français persécutés après la révocation de
l’Edit de Nantes par Louis XIV furent bien accueillis dans la ville de Frédéric II ou Frédéric le Grand le premier roi de Prusse venant après d’autres « rois en
Prusse ». Son règne a duré 46 ans jusqu’en 1786. Il préférait sa résidence à Postdam,
le palais de Sans-Souci de style rococo, où il a reçu Voltaire.Autre résidence de
plaisance, Charlottenbourg nommée
ainsi en hommage
à la reine Marie Charlotte épouse de Frédéric III.L’Alte Bibliothek
« Ancienne Bibliothèque » reprise d’un bâtiment de Vienne, mais plus
rapidement construite, fait partie du Forum
Friedricianum devenu La Bebelplatz connue pour avoir été le lieu
d’autodafés en 1933. "La bibliothèque engloutie"La Gendarmenmarkt
située entre l’église française et l’allemande détruite par les
bombardements de 1945 a été reconstruite en 1993.Nommée aussi « La
belle alliance » en souvenir de Waterloo,
Mehringplatz est
une place ronde. Après la chute de Napoléon, a été restitué le quadrige qui ornait
la
porte de Brandebourg.L’architecte Karl Friedrich Schinkel urbaniste, par
ailleurs décorateur de la Flûte enchantée,
revient au style
grec ancien pour se différencier du
style romain des français, ainsi le Konzerthaus, théâtre, ou l’Alltes
Muséum sur l'île aux musées.De la grandiose cathédrale voulue par Guillaume II en
hommage à son grand- père le Kaiser, devenue l’église du Souvenir, il ne reste
qu’une « dent creuse ».Le Rotes Rathaus (Hôtel de ville rouge) sera
occupé bientôt par l’avocate d’origine turque, Elif
Eralp, du parti de gauche radicale, élue récemment. La ville est très endettée. Le logement a toujours
été un problème.
Les « Casernes locatives » ne datent pas d'aujourd'hui.Mais par exemple le quartier de Prenzlauer Berg a été rénové,
et la Cité Siemensstadt classée au patrimoine mondial de l’UNESCO.Hitler avait rêvé d’une capitale mondiale d’un empire de 1000 ans,
« Germania »
https://blog-de-guy.blogspot.com/2025/11/larchitecture-au-service-du-pouvoir.htmlSa Neue
Reichskanzlei « nouvelle chancellerie du
Reich » construite en 1939 par Albert Speer fut rasée en 1945.
mercredi 7 octobre 2026
Pavie # 2
nous partons pour visiter la Certosa di Pavia (Chartreuse de Pavie), qui a motivé notre passage à Pavie. Une longue rue bordée d’arbres avec
aujourd’hui un quartier résidentiel à droite et des champs agricoles à gauche
conduit au monastère.L’entrée s’effectue par un premier portique orné de fresques suivi d’un porche
sous lequel nous achetons nos billets.
Ensuite, nous accédons à la cour,
et
faisons face à la magnifique façade Renaissance de l’église.
Elle est richement recouverte de marbres de
différentes couleurs, de sculptures et bas-reliefs minutieusement ciselés dont
les personnages bibliques apparaissent habillés dans le style à la mode pendant
la Renaissance.L’intérieur séduit tout autant : des lanterneaux
ornés de fresques et des voûtes nervurées colorées et pimpantes, affichent des bleus et des tons plutôt
éclatants, sans doute, restaurés récemment. Touche amusante, deux trompe-l’œil
se détachant sur les murs de pierre s’inscrivent dans des fenêtres obscures
géminées montrant deux ecclésiastiques curieux penchés vers la nef. Quant au
sol, la richesse se distingue à travers les dallages composés de pavements
chamarrés. L’église abrite d’autres éléments dignes d’intérêt comme les gisants
en marbre de Ludovic Sforza et Béatrice d’Este ou le triptyque en ivoire et
dents d’hippopotame exposé dans la sacristie, ou encore le maître autel en
marbre incrusté de lapis lazuli, encadré par des stalles de bois en
marquèterie, résultat d’un grand savoir faire.Deux cloîtres se
rattachent à la Chartreuse : un petit et un grand. Ils bénéficient de
riches décorations finement travaillées en terracotta apposées sur les arcades et le haut des
piliers de marbre. Si le petit favorisait la vie communautaire ou la déambulation
méditative des moines, le grand donnait accès aux cellules individuelles.
Chacune d’elles, à l’identique, est conçue comme une petite maison individuelle
et mitoyenne comprenant une pièce centrale équipée d’une cheminée et d’une
table, d’un étage où se trouve la chambre, d’un atelier et d’un petit jardin. A
côté de la porte, une fenêtre fermée par un volet en bois servait à passer les repas.Pour compléter la visite, un musée permet de voir les
sculptures originales restaurées que des copies remplacent in situ. Il y a même
une pinacothèque à l’étage installée dans des pièces en enfilade, dont les
vitres en verre irrégulier offrent une vue sur l’église avec des déformations
intéressantes à photographier.Nous quittons la Chartreuse enchantés par tout ce qu’elle
nous a permis de voir de beau, de raffiné, d’harmonieux : pas de
dimensions grandioses mais elle s’avère être un véritable petit bijou
architectural.Nous retournons à Pavie sans but précis, préférant nous
laisser guider par notre instinct. Comme nous nous garons au bord du Ticimo (le
Tessin), nous apercevons le joli Ponte
Coperto (pont couvert) dans lequel
nous nous engouffrons au milieu d’un trafic automobile important, puis
remontons le corso Strada nuova en découvrant des magasins ouverts même le
dimanche.Nous parvenons au Duomo.
Ses murs de briques nus devaient sans doute être recouverts de marbre et
d’ornements autrefois. Lorsque nous poussons ses portes, ouvertes à l’occasion
de la messe dominicale, nous baignons dans un environnement de marbre blanc,
sans fioriture inutile, de grandeur, mais aussi de sobriété, mis à part des
bustes en argent scintillants placés sur l’autel. Nous ne nous attardons pas à
cause de l’office et ressortons assez vite.Dehors, face à la cathédrale, la statue équestre en bronze
du Regisole,
nous attire, du moins sa copie. En
la regardant de plus près, nous constatons que les testicules du cheval
contrastent par leur couleur avec le reste de la sculpture ; nous
supposons qu’un plaisantin les a rehaussées l’un d’une peinture rouge et
l’autre d’une peinture dorée. Nous en oublions presque de nous informer sur
l’histoire de ce Regisole, cependant la lecture tardive du Routard nous
apprendra qu’il s’agit de la reconstitution d’une statue impériale romaine.
Nous reprenons nos flâneries dans la cité, qui nous mènent à un passage couvert
imposant protégé par sa coupole en
verre. Puis nous repassons piazza della
Vittoria débordante de monde à l’heure de l’apéro ; les bars et
Spritzeria (spécialisé dans les spritz) affichent une belle fréquentation. Un chanteur d’opéra
fort honorable en profite pour se produire sur un air de Puccini et recueillir
l’attention du public conquis.L’heure du diner arrivant, nous optons pour une pizza au « Bella Napoli » (salades césar
ou grecque) avant de remonter à pied le corso Cavour jusqu’à la piazza Minerva
occupée par la statue démesurée de la déesse et récupérer la voiture pour
rentrer à l’hôtel.
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