La religion romaine a fait si bien perdurer les mythes grecs
que bien des dieux ont inspiré les artistes de la fin du moyen-âge à nos jours.
La révision ci dessous évitera les redites parmi ces amours antiques se métamorphosant sans cesse et
proposera un bon paquet de liens.
« L'Enlèvement d'Europe »
de Liberale da
Verona décorait un coffre de mariage dans un style gothique raffiné
se lisant de droite à gauche : les suivantes de la belle phénicienne
représentées trois fois s’affolent de voir la princesse enlevée par le roi des
dieux transformé en taureau.
Il l’emmènera en Crète où elle donnera naissance
aux trois maîtres de l’enfer.Sur le même thème, Rembrandt souvent appelé le « Titien du
nord » avait peint au début de sa carrière un de ses rares sujets
mythologiques avec des demoiselles en costumes de théâtre et une expressivité
qu’il abandonnera par la suite. Réalisé soixante dix ans plus tôt, un des
derniers tableaux du Titien, garni de putti,
peut être interprété comme
une élévation de l’âme au dessus des enveloppes corporelles.La version simple et novatrice de Valentin Serov rappelle le visage
d’une kórê antique.De la « Galatée » néoplatonicienne
de Raphaël
vers laquelle toutes les flèches convergent jusqu’à « Œdipe et le Sphinx »
de Gustave Moreau se renouvelle le merveilleux des récits d’Ovide.
https://blog-de-guy.blogspot.com/2011/03/jupiter-nom-de-zeus.html« Io » par Stefano
di Giovanni fut transformée en génisse par Zeus épris
une fois de plus, mais incorporée au troupeau d’Héra, la femme légitime, qui
la confia à Argus, monstre aux cent yeux. De surcroit elle envoya un taon pour la piquer sans cesse, afin de
l’empêcher de faire l’amour. Hermès « à la pensée
chatoyante » est chargé de tuer son surveillant.
https://blog-de-guy.blogspot.com/2022/04/baisers-voulus-baisers-voles-christian.htmlLe romantique John Hoppner fait se rencontrer « Jupiter and Io » au début
de leur histoire quand le monde était recouvert de brume complice. Vélasquez représente
le messager des dieux s’apprêtant à commettre son crime
après avoir endormi sa
future victime « Mercure et Argos ».Rubens a choisi le moment où Junon récupère les yeux d'Argus
qui désormais figurent sur la queue des paons. « Junon et
Argus ».Les oiseaux sont auprès d’elle dont le lait divin dispersé est
à « L'Origine de la Voie
lactée » toujours d’après Rubens où
elle repousse Hercule, encore un enfant illégitime, que Zeus lui avait imposé sur son sein pendant son sommeil.
https://blog-de-guy.blogspot.com/2017/03/monstres-et-heros-serge-legat.htmlSous le lit où s‘étreignent « Vénus
et Mars » par Johann Rottenhammer the Elder,
Cupidon
met la main sur le manche de l’épée du dieu de la guerre
pour
le cacher aux yeux de l’infortuné Vulcain.Dans la Villa Emo, parmi les fresques de Battista Zelotti, « Vénus
blessée par l’amour » voisine avec « St Jérôme Pénitent ».« Danaé » de Jan Mabuse sous une pluie de pièces
d’or
Kiefer
l’interprète d’une autre façon.
https://blog-de-guy.blogspot.com/2017/06/anselm-kiefer-c-loubet.htmlLe
Bernin sublime la poursuite d’ « Apollon
et Daphné » au moment où elle se transforme en laurier
dont les branches couronneront les vainqueurs.https://blog-de-guy.blogspot.com/2019/05/paul-v-serge-legat.html« Les fileuses » de Velasquez citent « l’Enlèvement d’Europe »
du Titien,
dans une riche mise en abimes. Elles représentent la rivalité entre Arachné et Athéna, avec les trois parques maîtresses de nos fragiles
destins, aux trois âges de la vie, quand les arts mécaniques
s’associent aux arts « libéraux ».« Ganymède » ( Rubens) le plus beau des mortels enlevé par Zeus,
cette fois sous forme d’aigle, devient l'échanson des dieux. Bertel Thorvaldsen. La beauté
fusionne avec le bien.« Narcisse » inspira Ronsard:
« Je voudrais
bien pour alléger ma peine,
Être un Narcisse et elle une fontaine,
Pour m’y plonger une nuit à séjour ;
Être un Narcisse et elle une fontaine,
Pour m’y plonger une nuit à séjour ;
Et si voudrais que
cette nuit encore
Fut éternelle, et que jamais l’Aurore
Pour m’éveiller ne rallumât le jour. »
Fut éternelle, et que jamais l’Aurore
Pour m’éveiller ne rallumât le jour. »
Le mythe éternel figure sur une tapisserie mille fleurs du
XV° siècle et Dali
« Métamorphose de
Narcisse » a pu y voir son propre reflet :



