Affichage des articles dont le libellé est voyages. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est voyages. Afficher tous les articles

jeudi 29 janvier 2026

Anvers # 1

Nous n’assisterons pas à la soirée prometteuse, car Gand ne constitue qu’une étape sur notre route vers ANVERS  à une soixantaine de km. 
Au sec dans la voiture, nous programmons le GPS ; il se débrouille assez bien pour  nous proposer des rues tranquilles et non barrées menant à l’autoroute. A l’arrivée, il nous dépose sans problème devant  notre adresse, à une place de parking libre juste devant, et gratuite puisque c’est le week-end. 
Nous prenons donc nos quartiers dans le logement grâce à la boîte à clés.
Notre loueur se montre bien optimiste en indiquant le centre-ville à 15/20 minutes à pied, le GPS, lui,  prévoit plutôt 54 minutes. Aussi, bien que favorables à d’autres modes de transport en ville, nous préférons faire appel à Gédéon ( notre voiture).
Le trajet nous amène à traverser un quartier juif assez important où tous les hommes et garçons portent les signes vestimentaires des pratiquants les plus rigoureux : ils arborent papillotes, redingote, chapeau, pantalon aux genoux  et bas noirs, chemise blanche. Mais peu de femmes se manifestent dans la rue en ce lendemain du shabbat.
Nous dénichons l’Office du tourisme au bord de l’Escaut hébergé dans le château-fort du Steen,  place Steenplein. Il nous reste 20 minutes avant sa fermeture à 18h. Nous récoltons les documents habituels. Ici aussi l’employée nous informe que nous devons déclarer Gédéon  une nouvelle fois, dans une nouvelle démarche pour l’autoriser à circuler sans risquer d’amende dans la zone à faibles émissions d’Anvers et que nous devons stationner en parking souterrain et non dans la rue comme nous l’avons fait en toute bonne foi.
Par chance, le Grote Markt garage se trouve en face de l’autre côté de la Steenplein . 12 € 90 pour moins de 3 heures tout de même !
Mais il a pour avantage d’offrir une issue directe sur la plus belle place d’Anvers: la Grote Markt.
De superbes maisons construites pour des commerçants d’antan très aisés s’élèvent sur cette place triangulaire où siège le Stadhuis.
Plus hautes que celle de Bruges elles rivalisent de richesses, avec leurs façades, leurs fenêtres  à l’ancienne, leur toit à redans
et surtout les statues dorées étincelantes qui les surmontent  parmi lesquelles un navire, un aigle, un ange, un cavalier, un soldat…
Sur la place en cette fin de journée des artisans replient leurs tréteaux et rangent leurs marchandises
Non loin de là nous nous sentons tout petit au pied de la cathédrale gothique Notre Dame.
Nous retournons sur les berges de l’Escaut.
De jolis hangars anciens à l’origine destinés à abriter les réparations de bateaux subissent des restaurations en vue d’un nouvel emploi.
Leurs  toits en métal et les frontons  percés de motifs décoratifs, supportés par des piliers assortis peints en gris ne manquent pas de ce charme particulier aux bâtiments industriels de la fin XIX°.
Nous longeons  ces entrepôts en direction des grues et des éoliennes du port mais le ciel anthracite menace, alors nous rebroussons chemin.
Après avoir avalé une pizza dans le centre historique, nous rentrons à la maison.

jeudi 22 janvier 2026

Gand

Nous quittons le logement loué par A. sous la grisaille et une température de 17 degrés.
Il ne faut qu’une trentaine de kilomètre pour rejoindre GAND, le temps à quelques gouttes de pluie de s’échapper du ciel bas.
Nous  débarquons dans une ville déserte, avec de nombreux détritus abandonnés dans les rues.
Nous cherchons le parking souterrain mentionné par le Routard qui atteint après de multiples zig et zag dus à des sens interdits s’avère fermé.
Bizarre… Heureusement, deux policiers en patrouille que nous apostrophons nous fournissent des explications et des conseils : si les rues et ce parking sont interdits aux voitures, c’est tout simplement parce que la ville bat au rythme de la fête pour une durée de plusieurs jours.
L’un des agents nous installe sur le GPS de mon téléphone un itinéraire vers le parking Saint Michel, nécessitant une déviation de 6 km, mais très bien situé à 8 minutes à pied de la cathédrale Saint Bavon et de l’hyper centre.
Une fois Gédéon ( notre voiture) en sécurité, nous nous rendons directement  à la cathédrale, cependant, les visites ne commencent qu’à 13h le dimanche, priorité bien sûr au service religieux. Nous en profitons pour boire notre petit café.
Puis nous sacrifions à la visite inévitable à l’Office du tourisme, en quête de cartes, de parcours des incontournables de la ville et de petits tuyaux.
L’employée qui s’occupe de nous prend soin de nous informer des dispositions récentes de Gand devenu zone à faibles émissions ; il est obligatoire désormais d’inscrire les véhicules auprès des autorités par voie informatique, de signaler une flopée de renseignements figurant sur la carte grise.
Dans le cas où le véhicule ne répondrait  pas aux normes, son propriétaire sera astreint à une taxe d’une trentaine d’euros par jour, sinon, rien ne s’opposera à la circulation dans le centre-ville.
Nous en apprenons plus aussi sur les festivités qui envahissent la ville et attirent les touristes.
Cette période de « Gentse feesten » s’étale sur une dizaine de jours pendant lesquels se mélangent  musiques, théâtre, arts de la rue, dans une ambiance de bonne humeur et « de gouaille populaire  gantoise».
Ces réjouissances traditionnelles datent de 1840 ; réactivitées et amplifiées dans les années 1960, elles sont aujourd’hui inscrites au patrimoine immatériel flamand.
Nous croisons dans les rues nombre d’individus affublés d’une corde autour du cou (et la bière à la main). Nommés  les  « Stroppendrager » (porteurs de nœud coulant), ils  commémorent ainsi une vieille insurrection gantoise contre Charles Quint en 1539.
Furieux contre les rebelles qui refusaient de payer l’impôt utile à ses guerres, l’empereur débarqua à la tête de son armée, entra dans la ville sans combattre et humilia les chefs adverses en les obligeant à défiler en chemise et la corde au cou.
En 2025, pied de nez à Charles Quint,  la fête bat son plein, des guinguettes, des estrades,  
des chapiteaux dressés dans les rues dispensent généreusement  boissons et musiques, cachant malheureusement  l’architecture des bâtiments de la vieille ville. 
Sur le canal près de l’Office du Tourisme, les passagers d’un bateau touristique chantent à plein poumons « Bella Ciao » dans un style antiphonique avec un petit orchestre
 installé dans un bar sur la rive accompagnant les voix :  cet évènement spontané et festif  donne d’emblée l’esprit de liesse collective.
Nous avons aperçu ce matin, quelques fêtards endormis sur place et pas en mesure de retourner chez eux, des taxis sollicités pour ramener les alcoolisés les plus prudents, prouvant des nuits bien arrosées.
Il faudra 3 jours de nettoyage pour effacer les traces de la fête.
Nous tournicotons dans les parages du beffroi, vers l’église st Jacobskerk ou Sint-Jacobs-in-demeerschen (Saint Jacques du marais)  puis suivons la direction du  quartier Paterhol où nous entrons dans le restaurant  « little Asia » renonçant aux spécialités belges proposées dans les brasseries à des prix nettement plus élevés. 
Pendant ce temps, la cathédrale Saint Bavon, vidée de ses fidèles, a ouvert ses portes aux amateurs d’art venus admirer ses trésors. Peu prévoyants car sans réservation pour la partie muséale, nous rejoignons la queue des gens dans notre cas, condamnés à une attente indéterminée.  Deux vieilles gardiennes qui maîtrisent quatre langues veillent au bon fonctionnement,  en gérant les différents flux des visiteurs, ceux avec et ceux sans billet, les aidant  à utiliser les casiers de consigne obligatoire. Le temps parait moins long avec elles, elles se montrent rassurantes à propos de notre admission en ces lieux et papotent volontiers, plus comme de gentilles vieilles dames que comme des employées de musée.
Enfin notre tour arrive, une fois les sésames achetés, nous nous élançons au 2ème étage pour y admirer le fameux polyptique : « L’adoration de l’agneau mystique » des frères Van Eyck.
Un écrin de verre solide et inviolable rendu nécessaire par plusieurs vols (13) protège ce  joyau de la peinture flamande.
Grâce à un dépliant en français livré en même temps que les tickets, nous parvenons à décrypter les faces avant et arrière du retable, de mieux comprendre et visualiser les personnages comme les symboles représentés. De plus, un petit film diffusé dans une chapelle adjacente équipée de sièges complète les explications en attirant le regard sur les détails éclairants.
Bien que l’édifice réponde au style gothique, le style baroque s’impose dans les chapelles latérales en étages au-dessus du baldaquin ; deux couleurs s’affrontent opposant le noir le plus profond des colonnes au blanc marmoréen des ornements pour un résultat grandiose.Nous n’exploitons pas les autres richesses de l’église. 
Après avoir peiné à trouver la sortie, une ambiance de plus en plus bruyante et festive nous attend dehors ; le volume des musiques a augmenté un peu partout dans un  crescendo inexorable  jusqu’à l’explosion nocturne malgré une petite pluie qui s’invite mais ne semble pas refroidir les ardeurs.

jeudi 8 janvier 2026

Bruges # 3

Toujours dans le style gothique, mais dans le domaine religieux,
l’onze-Lieve-Vrouwekerk ou plus simplement l’église Notre-Dame se distingue par une flèche en brique la plus haute au  monde.
Mais son intérêt principal réside ailleurs ; en effet elle détient entre ses murs une Vierge à l’Enfant en marbre sculptée par Michel-Ange, acquise par de riches brugeois impliqués dans le  commerce de drap anglais. Ceux-ci furent amenés à voyager en Europe, notamment à Florence où ils négocièrent directement l’œuvre avec l’artiste ou son frère ; avec moult précautions, ils la transportèrent à Bruges, alors que peu de statues de Michel-Ange franchirent les frontières  italiennes de son vivant. Exception rare donc, nommée la Madone de Bruges,  elle suscita des convoitises au cours de l’Histoire, raflée par Napoléon puis par Hitler.
Bruges, ville prospère, se dote d’un hôpital dès le XIIème siècle, Le Sint-Janshopitaal acceptait « quiconque avait besoin de soins ou d'un endroit où dormir, sans distinction d'origine ou de classe sociale ». 
Cependant, d’après notre guide, les malades qui mourraient s’engageaient  à léguer tous  leurs biens répartis entre l’église à 50 % et la ville à 50%. Devenu obsolète et inadapté à la médecine moderne, il a cédé la place à un musée portant sur l’histoire des soins et détenant des peintures de Memling.
https://blog-de-guy.blogspot.com/2025/12/bruges-2.html
Bruges, ville prospère se soucie aussi des nécessiteux dès le XIVème siècle. Pour eux des mécènes créent des maisons-Dieu (Godshuizen)  afin de leur offrir un toit décent.
Celle que nous visitons s’appelle « het rooms convent », construite en 1330.
Elle se cache au bout d’une ruelle semblable à un couloir lequel aboutit à un petit oratoire à l’abri où brûlent des bougies. Son fondateur donateur, proposait à des femmes miséreuses des logements sous forme de maisonnettes blanchies disposées autour d’un jardin. De plus, il leur assurait un bol de soupe et du bois pour se chauffer.
En échange, il leur demandait  de prier pour le salut de son âme. Ces logements sociaux servent encore aujourd’hui, la ville les réserve pour des couples de plus de 60 ans, brugeois et à faibles revenus.
Lorsque nous ressortons de Katelijnestraat, nous quittons un havre de paix pour renouer avec l’activité du monde moderne dans une rue où se concurrencent  les chocolatiers connus : Léonidas, Jeff de Bruges et d’autres.
Ce passage transitoire nous conduit rue Stoofstraat, autrement dit rue des étuves. Elle recevait au Moyen âge les bains publics, d’où ce nom qu’elle conserve.
S’y mêlaient sans distinction de sexe, les hommes et les femmes et personne ne semblait  s’en scandaliser.
La place Walplein quant à elle doit sa réputation à la brasserie
De Halve Maan,  « demi-Lune » ou encore Henri Maes.
Fondée en 1546,  elle demeure la dernière brasserie présente au centre- ville malgré des installations devenues trop petites. Elle a su s’adapter grâce à un pipeline transportant le liquide réputé vers des usines d’embouteillages à l’extérieur, ainsi, elle profite toujours de la même eau de qualité et des équipements anciens.
Il nous reste, comme lieu incontournable de la ville,  à nous rendre au béguinage princier de la vigne : prinselijk begijnhof ten wijngaarde  (Begijnhof). 
Ici les béguines vivaient en communauté depuis le XIII ème siècle. Ces femmes pieuses et actives vouaient leur vie aux bonnes actions sans toutefois prononcer de vœux.
Des murs protecteurs entourent  l‘ensemble des bâtiments, percés d’une porte d’entrée accessible par un pont et au-dessus de laquelle on peut lire en français : « Sauve Garde ».  Cette inscription proclame  un droit d’asile sur un sol qui fut, à un moment de l’histoire, français. A l’intérieur des maisons blanches et leurs jardinets, séparés par des clôtures pour préserver l’intimité s’organisent autour d’une cour arborée. Des espaces collectifs s’intègrent dans le même style. Des femmes célibataires uniquement, 3 bénédictines et  des sœurs de l’ordre de saint Vincent de Paul  occupent encore ces logements  sans restriction de revenus.
Pour conclure son tour de ville, W. nous réserve une surprise.
Il obtient le sésame afin de monter au 7ème étage du «Concertgebouw brugge » et nous laisser sur une vue panoramique de la vieille ville de Bruges qu’il nous a faite découvrir. 
Fin de la visite, nous nous séparons,  marchons vers la gare sous le soleil, le train prévu un quart d’heure après notre arrivée en gare nous ramène à Aalter où nous faisons un crochet au Delhaize  avant de nous lover dans la maison.
PS. D’après notre guide, le mot Bourse (finance) aurait pour origine le nom d’un Brugeois du XIVème
siècle, Van der Beurse, propriétaire d’une auberge devenue lieu d'échange pour les marchands.
PS : A signaler le musée de la frite et le musée du chocolat
PS : beaucoup de vélos sur les pistes cyclables partagées avec les piétons, les pédaleurs roulent à vive allure, sans casque de protection.