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mercredi 4 novembre 2026

Bologne # 4

Au vu de la météo, nous persévèrerons dans la pratique des musées cet après midi.
https://blog-de-guy.blogspot.com/2026/10/bologne-3.html
Nous nous mettons à l’abri au Palazzo Poggi en attendant l’heure d’ouverture de ses musées universitaires.
Ils se divisent en plusieurs parties.
Tout d’abord, le cabinet de curiosités.
Il expose du matériel pédagogique destiné aux futurs médecins, anatomistes et scientifiques : des poissons de différentes sortes, des crocodiles naturalisés,
des plaques pour imprimer des planches florales ou animales remplissent les vitrines
mais il montre aussi des reconstitutions de muscles, de parties du corps (oreille) ou d’écorchés.
Toute une section  est consacrée aux anomalies  d’accouchement,
avec des représentations très réalistes de fœtus mal formés ou mal placés en cire, d’utérus en terre cuite pour la formation des sages-femmes, avec une chaise d’apparence très inconfortable pour les parturientes et des outils peu engageants pour les « délivrer».
Nous découvrons tous ces spécimens monstrueux et parfois gores utilisés jusqu’au XIX° comme modèle pour l’étude du monde vivant. et pourtant,  comme le dit le « routard », malgré tout l’ensemble des collections ne manquent pas de charme…
Nous changeons d’aile pour nous diriger vers la bibliothèque.
Répartis sur plusieurs pièces,des meubles aux façades grillagées conservent de vieux livres et grimoires. Les rayonnages montent jusqu’au plafond, alors pour atteindre les volumes d’en haut, une échelle coulissante permet d’accéder aux étagères les plus élevées.
Dans une 2ème salle  une organisation par sujets compartimente les bibliothèques.
Enfin, une dernière section s’intéresse à l’art militaire.
Pour cela, elle s’appuie sur des maquettes de forteresse, des globes terrestres anciens, des navires à voiles et des galères. Nous abandonnons le domaine des sciences au profit de l’art religieux, et nous voilà  maintenant en quête de la chiesa San Domenico  qui n’ouvre ses portes qu’à 15h30.
La basilique, incluant un monastère, porte le nom du fondateur des frères prêcheurs espagnol dont elle protège et conserve la dépouille. Malheureusement pour nous, (mais heureusement pour la préservation du riche patrimoine italien), des échafaudages  nécessaires aux  rénovations en cours empêchent d’approcher certains trésors,
comme les stalles ou encore la toile de Filippino Lippi 
« le mariage mystique de sainte Catherine ». 
Par contre, nous ne manquons pas l’extraordinaire tombeau de saint Dominique
élaboré sur une période de 300 ans.
Il requiert le travail de plusieurs grands artistes.
Nicolas Pisano réalise les bas-reliefs du sarcophage (épisodes de la vie de Dominique).
Nicola dell’Arca (celui « delle Marie piangenti »)  
conçoit pour sa part le couvercle et le délicat ange de gauche,
Michel-Ange lui en oppose un autre d’allure plus musclé à droite, porteur d’un candélabre. Autour de celle de  Saint Dominique d’autres statues de Niccolò dell'Arca s’élèvent et veillent sur le sarcophage,
il s’agit de San Agricola, San Floriano, San Vitale, San Francesco ; 
Michel-Ange, lui,  a représenté  San Pétrone, Saint Proculus, et Girolamo Cortellin n’a pas oublié  Saint Jean-Baptiste. Disposé au centre de l’abside d’une chapelle constituant un écrin d’une grande richesse, la sépulture  impressionnante repose sous une coupole avec une fresque à la gloire du Saint.
Pour conclure notre  visite limitée par les travaux, nous franchissons une porte qui ouvre sur le joli cloître du monastère, bien entretenu,
habité par une statue de saint Dominique, et traversé furtivement par un moine dominicain vêtu de l’habit caractéristique blanc et noir de cet ordre ecclésiastique.
Il nous reste suffisamment de temps pour envisager un passage à la Basilica di San Petronio située près de la piazza maggiore (fermée entre13 et 15h)
Bâtiment commencée au XIV°,  sa façade bicolore oppose le marbre blanc utilisé pour le soubassement au rouge de la brique privé du revêtement précieux au dessus car elle ne fut jamais terminée.
L’intérieur répond aux canons du style gothique avec des volumes et des proportions incroyablement grandioses, plusieurs rangées de piliers et une abondance de voutes d’ogive, 
un grand nombre de chapelles dont celle de San Petronio, 
saint patron de la ville, extrêmement chargée
ou encore la chapelle Bolognini occupée par le terrifiant « enfer » de Giovanni da Modena.
Et pour la musique, deux orgues du XV° qualifiés d’exceptionnels 
se font face dans le chœur  enserrés dans des buffets en pierre sculptés.
Un peu fatigués, nous pensons à rentrer.  Via Independenza, sous les arcades nous nous arrêtons dans un supermarché à la devanture très discrète où nous achetons deux plats cuisinés, de la mortadelle, des poires et le nécessaire pour petit déjeuner demain.
Le chemin pour rejoindre notre Airb&b, jamais simple, nous réserve encore des surprises, nous poussant dans de nouvelles déviations. A 19h nous franchissons quand même le seuil de notre logis et nous nous claquemurons derrière la porte à plusieurs picous pour une soirée tranquille.

jeudi 29 octobre 2026

Renaissance de Berlin. Benoît Dusart.

Entre 1940 et 1945, Berlin, a subi des centaines de raids aériens qui ont détruit la moitié des bâtiments de la ville et causé la mort de 20 000 à 50 000 civils. La paix revenue sur la ville partagée, une reconstruction critique stimulée par les modernistes se met en place.
Le  Kollektiv Plan de Hans Scharoun  avec par exemple une séparation des zones d'activités (logement, travail, loisirs) n’a pas été retenu, mais a marqué les propositions à venir. 
Egon Hartmann
côté Est voit son projet réalisé pour la « Karl-Marx-Allee », « les allées du luxe prolétarien » hommage au style néo classique du XVIII° siècle. Il remportera d’autres concours à l’Ouest.
Suite à l'exposition internationale « Interbau » en 1957, 
des architectes de tous pays apportent leur contribution dans le quartier de la Hanse 
Walter Gropius et ses balcons concaves,
les pilotis en « V » d’Oscar Niemeyer.
Les logements de Le Corbusier sont construits près du stade olympique.
Le palais des congrès, devenu « Maison des cultures du monde » de Hugh Stubbins édifié avec un mauvais béton a été reconstruit sous la même forme qui lui a valu le surnom de « l'huître enceinte ».
Le célèbre « café Kranzler » depuis le XIX° sur l'avenue Unter den Linden, 
reconstitué à l’ouest, est devenu emblématique. 
« Les quatre zones d’occupation »
  sont délimitées à partir de 1961. 
En 1989, le mur tombe, 
il n’avait pas empêché 3 millions de personnes de quitter l’Allemagne de l’Est.
La nouvelle église à côté de « l'église du Souvenir » de l'Empereur Guillaume, 
« le poudrier et le rouge à lèvres »,
comporte 21 000 vitraux conçus par le maître-verrier de Chartres, Gabriel Loire.
A côté de l’église Saint Pierre définitivement rasée par le régime communiste, va s’ouvrir la «  House of One » devant abriter sous le même toit une synagogue, une église et une mosquée.
Le « Grand Restaurant de la Feuille d'Érable » 
a lui été détruit après la réunification pour cause d’amiante.
Le château de Charlottenbourg où l’on peut voir « L’enseigne de Gersain » de Watteau de nos Lagarde et Michard fut régénéré, bien que Walter Ulbrich ait souhaité sa disparition.
https://blog-de-guy.blogspot.com/2026/10/berlin-capitale-de-la-prusse-benoit.html
Erick Honecker l’avait épargné, il avait fait construire aussi le « Palais de la République », 
«  La boutique à luminaires d’Erik », dont la démolition a nourri «  l’ostalgie ».
« La tour de la télévision »
, le plus haut édifice accessible au public en Europe à 368 mètres, « la grande asperge », comporte un restaurant tournant.
La grande salle novatrice de la « Philarmonie », l’une des plus célèbres au monde, a été surnommée « Zirkus Karajani », en référence à Karajan influenceur pour le choix de l’architecte, Scharoun.
« La nouvelle galerie nationale » toute de verre et d’acier dans le quartier de Kulturforum n’est pas construite dans l’île aux musées où se trouve la  prestigieuse « Gemäldegalerie »
ainsi que le Neues Museum « Nouveau musée » 
consacré à l’Egypte restauré par David Chipperfield.
La nouvelle coupole du « Reichstag » impressionne
alors que le surnom « la machine à laver » désigne « La Chancellerie ».
Frank Gehry a respecté le cahier des charges pour le sage extérieur du bâtiment 
de la « DZ Bank » mais il  extravague à l’intérieur.
Après les lieux de pouvoir, les lieux de mémoire abondent. "Mémorial du mur"
Le musée « Topographie de la terreur » 
se situe à l’emplacement de l’ancien siège de la Gestapo. 
Il faut faire la chasse aux amateurs de selfies 
lorsqu'ils montent sur les stèles du « Mémorial aux Juifs assassinés d'Europe ». 
Les visiteurs doivent marcher sur les visages en fonte hurlants du « Musée juif »
marqué de cicatrices.
Les statues de « Karl Marx et Friedrich Engels » figurent toujours dans un parc parmi tant d’autres qui font de Berlin l'une des capitales les plus vertes d'Europe.