Il semble que les chansons restent quand on a tout oublié,
alors pour moi « Le petit bal
perdu » accompagnera «
Les amants de saint Jean » quand «
La mémoire et la mer » recèlera encore quelques paroles énigmatiques.
Redonnez moi tout Brassens du « Marché
de Brive la Gaillarde » à « La
supplique pour être enterré sur la plage de Sète » et Souchon rêveur, « Le marin ».
Je m’en
voudrais d’échapper au son des émotions populaires avec « I Will Survive » de Gloria Gaynor pour la France du foot bleu, blanc, beur de 98, une
des rares dates non oubliée et seules paroles anglaises retenues. Le titre
catalan « L’estaca »
hymne des supporters de l’USAP ( Perpignan) me branche du côté d'intimes amateurs de rugby.
Je me souviens d’avoir sonorisé des manifs avec « Rien n’est plus beau que
l’autogestion » de Font et Val, avant de trouver bien sommaire : « Tous ensemble, tous ensemble ».
« La
Marseillaise » au cinéma dans
les blés de Wajda ou « Bella
Tchao » dans un autobus sur les routes du Vercors m’ont fait dresser
les poils.
« L'air du génie du
froid » de Purcell pareillement, quand pour des adieux « La pavane » de Fauré
convient mieux en plus discrète mais pas moins poignante depuis qu’elle me
transperça à la fin d’un film de Depardon à propos de la fin des paysans.
Quand
ma patte sera prise dans le piège, un sursaut d’orgueil me ferait choisir « La mort de l’ours » de
Félix Leclerc, successorale bien que très téléphonée.
C’est que la poésie qui précédait chaque journée dans mes
classes ne se retrouve plus guère qu’aux enterrements, quand les paroles
râpeuses oublieuses des mélodies n’ont gardé que des pulsations dans leur flow avant
que se taisent les pipeaux.
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