vendredi 18 septembre 2026

PISA.

Le Programme International pour le Suivi des Acquis des élèves a suscité quelques titres devenus anodins à force d’être dupliqués : « de mal en PISA ».
Parmi tant de commentaires sur les commentaires, je ne prétendrai apporter ni grain de sable ni grain de sel, en livide acteur d’un monde ancien, seulement un soupir.
Au moins la chute des résultats de nos enfants devenue vertigineuse depuis un rang déjà calamiteux, nous éloigne du fallacieux « le niveau monte » de Baudelot et Establet qui occultait toute réalité dérangeante depuis les années 70.
Les regards se portent vers une des nations championnes : l’Estonie et ses établissements autonomes où la confiance envers les professeurs permet de varier les approches appuyées sur une culture qui n’oublie pas : «  si l’on travaille dur, l’on survivra. »
Mais les recettes venues d’ailleurs sont vouées à l’échec comme les réformes empilées sans évaluation, si les acteurs de terrain aux appréciations fines ne voient pas leur travail valorisé. 
Pourtant, à mon sens, mesurer l'investissement en terme de rémunération entre dans une logique de marchandisation hors sujet, les promesses ne sont plus crues, pas plus que ne sont appréciés les compliments.
Les augmentations présumées serait mieux employées à adapter les niveaux pour ne pas continuer à aggraver l’attraction de tous vers le bas. Quand « influenceuse » devient plus enviable que professeur, la transmission a quitté son cours, et nous courrons après les ingénieurs et médecins, charpentiers, conducteurs…
Face à des parents pas tous armés de couteaux mais devenus plutôt consommateurs que partenaires éducatifs, la dénonciation des écrans qui minent sommeil et attention participent au consensus. 
Je retiens du Haut commissariat à la stratégie et au plan la reconnaissance des problèmes nés de l’hétérogénéité des classes.
Dans une atmosphère où la diversité des approches serait respectée, le caporalisme disparaitrait.  Et rêvons: la force d’inertie de la corporation se métamorphoserait en initiatives ajustées, responsables, assumées.
J’avais fait mes choix en pédagogie et souvent changé de direction, accumulant les expériences, j’ai respecté d’autres démarches qui parfois convenaient mieux à certains élèves que mes propositions.
Derrière les clameurs des stades voisins, des évolutions nous parlent: nous ne nous supportons plus et supportons par intermittence nos équipes. Les plus bruyants abandonnent leurs joueurs à la première défaite et brûlent ce qu’ils ont adoré. Le tarissement des bonnes performances en athlétisme par exemple a peut être à voir avec la remise en cause de l’esprit de compétition qui va se perdre dans les sports extrêmes, élitistes s’il en est.
Au pays du syndrome d’épuisement professionnel, l’école n’est plus celle qui affermissait les caractères, le péri scolaire a pris la main, les loisirs commandent.
Les Diafoirus de l’éducation proposent d’aller plus loin dans des impasses maintes fois empruntées: le stress des enfants rois serait encore trop élevé d’après eux, alors que la désinvolture et l’indifférence ne sont guère pourchassées. Ces ravis de la crèche prônent la multiplication de situations ludiques, en groupe bien entendu, et autres îlots bavards.
On n’a jamais autant chiffré nos appréciations envahissant toutes nos relations commerciales, sociales, depuis que l’école a abandonné les notes. Les classements y sont prohibés et des couleurs pastel remplacent les chiffres, les examens ne disent plus rien. 
La bienveillance, de la même eau que « le pas de vague » qui masque les violences, serait bienvenue pour accompagner des diagnostics où les verdicts, donneraient lieu à des corrections sans drame. 
« Évaluer, c'est créer : écoutez donc, vous qui êtes créateurs !
C'est l'évaluation qui fait des trésors et des joyaux de toutes choses évaluées. » 
Nietzsche

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