En tant que fervent du GPS je me suis retrouvé avec plaisir
dans les plis nostalgiques des cartes routières, sous la couverture aux
couleurs vintage de ce livre chaleureux.
« La carte parle
au cerveau, le GPS seulement à l’oreille. »
L’auteur solide sait aussi bien citer les grands écrivains
que mettre en valeur les collectionneurs un peu dingues, les chercheurs, les
dessinateurs, les visionnaires, les passionnés, décrivant l’apport décisif de
la famille Michelin bien au-delà de l’économie clermontoise, avec des audaces
et un sens de la communication époustouflants depuis que les premières
bicyclettes se mirent à « rouler sur l’air », « buvant les
obstacles », jusqu’à l’omniprésent Bibendum.
« Toutes les
familles françaises ont un lien avec Michelin. Elles ont roulé sur des pneus
Michelin, à vélo ou en voiture - voire, en Micheline ; remisé des cartes
Michelin dans la boîte à gants, dépliés sur le capot ou la table de la
cuisine ; consulté un guide rouge pour pointer les bonnes auberges, des
Guides verts pour sélectionner les curiosités touristiques. »
André Michelin avait du mal à maintenir sur la route, une de
ses premières automobiles:
« Elle allait au
fossé comme le cochon à la truffe. »
Au début du XX° siècle, les enthousiasmes populaires autour
des compétitions ne faisaient pas oublier les drames :
« … personne
n’eut osé demander au gouvernement d’interdire une épreuve dont la témérité
même constituait l’attrait et qui séduisait par l’aventureux courage déployé
par ceux qui allaient y prendre part. »
Si l’auteur a voulu suivre à nouveau la nationale 7 qui a
perdu jusqu’à son nom où des nostalgiques organisent régulièrement des
embouteillages de vieilles voitures, il n’insiste pas dans la mélancolie.
L’histoire se superpose à la géographie, le temps compte davantage que le
nombre de kilomètres disparaissant de panneaux souvent souillés.
Sous les routes, tuyaux et fibres par lesquels circulent
gaz, eau, et informations, sont répertoriés, sans cesse mis à jour par des
géomaticiens.
« Aujourd’hui des
dizaines de milliers de personnes en France produisent des cartes que vous ne
verrez jamais »
L’IGN, entrée dans la modernité, outille décideurs et
citoyens en représentant de façon simple des phénomènes complexes dans le
domaine de la défense, de l’aménagement du territoire, des risques
environnementaux.
« La carte est devenue le
territoire. »
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