dimanche 27 septembre 2026

Pages.

Dans un essai de recension des livres qui émergent encore dans mes souvenirs, le premier à revenir sera celui que je ne suis pas arrivé à lire jusqu’au bout, dont le titre «  L’homme sans qualité » était attirant et la notoriété élitiste. Recommandé par un vrai routard de passage à Douala au Cameroun qui avait parfumé au haschich les climatiseurs de la popote du centre culturel français, il répand sur mes années 70 de latérite revêtues quelques effluves de la vieille Europe.
Si j’évite le recours à la mémoire de mon blog où figurent quelques centaines d’ouvrages dont certains complètement oubliés, ce sont des histoires liées à l’objet en papier qui reviennent telle « L’éducation sentimentale » de Flaubert tombée au fond d’une barque partie pour pêcher au lac de Paladru, sans que je l’ai ouvert, mais gardant quelques traces d’humidité. Je l’apprécierai bien des années plus tard après avoir été enthousiasmé par «  Madame Bovary ».
A l’époque des études littéraires en lycée, je préférais San Antonio et Miroir Sprint à Bergson et Gide bien que posant au milieu de mes pairs avec Sartre ou Camus. J’avais suivi des recommandations grand-maternelles pendant l’enfance aux couleurs vertes et roses, mais les beaux volumes de Pierre Loti m’effarouchaient plutôt et après « Pif le chien » j’accédais à la littérature par les suites romanesques d’Henry Troyat. Les dictées de Maupassant m’avaient familiarisé avec un de mes auteurs préféré.
Comme l’académie française au XVII° siècle, je mets la poésie au plus haut avec les poètes les plus élémentaires Charpentreau et Anna de  Noailles … oui Baudelaire.
Les engouements varient et si j’ai accédé à Proust vraiment tard, mon abus d’adjectifs dans mes articles obstinés doit peut être à Giono que j’ai adoré avant de l’abandonner et de le reprendre.   
Captivé par des rendez-vous radiophoniques à l’accent méridional, puis renforcé par des films ensoleillés, c’est Marcel Pagnol qui a enchanté mon enfance, ma vie : 
« Telle est la vie des hommes. Quelques joies, très vite effacées par d'inoubliables chagrins.
Il n'est pas nécessaire de le dire aux enfants. » 
Régis Debray par son parcours, son style, me parle, comme Marie Hélène Lafon ou Pierre Jourde dont « Pays perdu » tapait en plein dans le mille pour exprimer la distance entre ville et campagne qui a traversé ma vie, de préférence au terme « transfuge de classe » porté par quelques poseurs et une Annie Ernaud dont j’avais aimé les premiers livres mais pas du tout ses positions récentes, ni ses exhibitions.
Dans le mouvement des idées, j’ai eu à distinguer Pierre Bourdieu, « La misère du monde » et « La défaite de la pensée » d’Alain Finkielkraut comme les approches stimulantes d’ Emmanuel Todd et Hervé Le Bras dans « L'invention de la France ».
En la matière je me suis surtout nourri de journaux que j’ai aimé passionnément avant que je me lasse : Libération, Télérama, le Canard Enchaîné, Charlie hebdo, Le Nouvel Observateur, 
à moins qu’ils aient disparu : Politique hebdo, Le Point du jour, Actuel… 
Reste Courrier International  et pour m’énerver : Le Monde. 
«  Le petit Prince ».

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