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mercredi 4 février 2026

La modernité du paysage anglais. Serge Legat.

Pour assurer la transition avec la conférence des amis du musée de Grenoble consacrée aux portraits, 
est présenté le portrait d’un propriétaire et de ses chevaux, avec le paysage en fond.
« William Anderson with two saddle-horses » peint par George Stubbs.
Une des études préparatoires du «  peintre des chevaux » est entrée dans la postérité.
Samuel Scott
, connu pour ses marines, « The Building of Westminster Bridge »,
est influencé par Canaletto, le vedutiste très populaire en Angleterre 
(veduta : paysage urbain en perspective topographique). 
Son « Arche du pont de Westminster » se rapproche de
«  The City Seen Through an Arch of Westminster Bridge » du Vénitien.
Dans « Paysage avec un Campement de Bohémiens », Georges Morland
d’une touche souple, associe scène de genre et paysage.
Avec Richard  Wilson commence d’après Ruskin  
« l'histoire du paysage véridique, fondé sur un amour contemplatif de la nature ». 
Sa lumineuse « Vue de Snowdon » annonce le romantisme.
John Constable (1776/1837) issu d’un milieu aisé, 
fut bouleversé par la mort de la mère de ses sept enfants. Il n’a jamais quitté l’Angleterre. 
« La Cathédrale de Salisbury vue des jardins de l'évêque ». 
« Le ciel est la source de la lumière dans la nature et gouverne toute chose. » 
« Étude de paysage marin avec nuage de pluie
 ».
L’homme et son ombre sont petits dans « Stonenge ».
Le temps est passé, laissant la cité médiévale abandonnée: « Old Sarum »
En quête de vérité, ses études en plein air saisissent le rendu des arbres, 
des pierres, de la terre, ses peintures recherchent l’expression des textures. 
« Stour Valley and Dedham Church ».
« La charette de foin »  avait obtenu la médaille d’or à Paris 
avant d’être reconnue comme l’un des plus grands tableaux britanniques.
L’œuvre saluée par Géricault et les romantiques, marqua Delacroix, «Mer à Dieppe »
ou Jean François Daubigny de l’école de Barbizon« L’embouchure de la Tamise ».
Richard Parkes Bonington, mort à 25 ans, 
ouvrit l’art du paysage à de nouveaux horizons en particulier avec ses aquarelles.  
« Parterre d'eau à Versailles »
« La Côte adriatique »
« Coucher de soleil dans le Pays de Caux »
William Turner
, (1775/1851) le contemporain de Constable dont le père travailla pour lui, 
resta un célibataire endurci malgré deux filles dont on ne sait si elles ne furent pas ses demi-sœurs.
« Le plus beau créateur de mystère qui soit en art » Debussy.
Il illustre dès ses débuts le « sublime » de Burke comme « terreur délicieuse ».
« Pêcheurs en mer »
Les éléments se déchaînent, « Le naufrage »,
« La Chute d'une avalanche dans les Grisons ».
« Matin glacial »
saisit l’atmosphère, les impressionnistes s’en souviendront. 
Il dialogue avec ses maîtres (Claude Gellée dit Le Lorrain
dans l’imaginaire d’une nature recomposée:
« 
Didon construisant Carthage ».
La lumière dissout les formes :  
« Le Déclin de l'empire carthaginois » nous aveugle.  
« Le soleil est Dieu ».
Trois séjours à Venise pour assouvir une passion : « San Giorgio à l’aube »,
«  San giorgio at down »
transcendent les conventions.
« L'Exilé et l'Arapède »
, Napoléon à Saint Hélène représente la guerre dans un cadre lumineux contrastant avec son pendant saturé de noir en souvenir de la mort de son ami David Wilkie:
«
 Paix - Funérailles en mer ».
« Le lever de soleil devant le Château de Norham »
date de 1840,
« Impression soleil levant »
de Monet de 1872.
«Tempête de neige en mer»
Si Joseph Mallord William Turner est reconnu désormais en Angleterre, la plus grande collection privée du monde, celle  de sa majesté Charles III, dont il sera question dans une prochaine conférence, garde trace de l’incompréhension de la Reine Victoria envers celui qui avait offert à l’histoire de l’art une ouverture vers l’abstraction à la poursuite" de la lumière et de la manière libre". 
Il était passé par chez nous en 1824, mais « Pont de Grenoble» n'est pas ici.

mercredi 28 janvier 2026

Musée Mainssieux à Voiron.

Dans des lieux moins encombrés que les abords de la Joconde au Louvre, plus accessibles que l’élitiste et évanescent "Magasin", la consommation culturelle dauphinoise peut s’assouvir dans la proximité. 
Le billet d’entrée est couplé avec celui du MALP 
musée archéologique au bord du lac de Paladru. 
https://blog-de-guy.blogspot.com/2023/06/musee-de-paladru.html
Nous restons dans le milieu aquatique avec l’exposition temporaire intitulée "l'heure du bain" jusqu’au 31 mai 2026 consacrée surtout aux baigneuses,
avec un début de réponse à la question : «  les hommes ne se laveraient-ils pas ? » 
Les prétextes mythologiques sont présents et la modernité pointe son pinceau avec des œuvres de Lucien Mainssieux  accompagnées par d’autres artistes de sa collection personnelle léguée à la ville de Voiron après sa disparition en 1958.
Jacqueline Marval, Suzanne Valadon sont à l’honneur.
Critique, musicien, peintre, le dauphinois fréquente l’avant-garde parisienne où il a acquis 
quelques toiles de Camille Corot son maître et
« L’épave » de Gustave Courbet qui a échappé à l’assombrissement 
affectant d’autres toiles du maître du réalisme.
Les propositions depuis
plus de mille tableaux, aux thématiques et aux styles divers,
permettent un renouvellement des expositions mises en valeur sans tapage 
par une équipe dynamique  bien présente sur les réseaux.
https://culture.paysvoironnais.com/equipements-culturels/le-musee-mainssieux/
Des visites guidées, voire relaxantes, sont proposées au 7 de la charmante placette Léon Chaloin, ainsi que des rencontres, des ateliers et des évènements à vivre en famille.   

mercredi 21 janvier 2026

Peinture et musique en Italie. Antoine Pecqueur.

Au XV° siècle, le retour vers l’Antiquité de Platon trouve par les mathématiques un langage commun 
pour les perspectives qui s'ouvrent aux peintres et aux compositions musicales visant l’harmonie bien avant « l’art total » wagnérien.« Le Concert champêtre » par Le Titien accompagne le luth du musicien Vincenzo Capirola.La sérénité règne en Arcadie, terre pastorale idyllique au son poétique de la flûte.
Evaristo Baschenis
, ami d’une famille de luthiers de Crémone, figure exceptionnellement sur son triptyque où la représentation des instruments de musique est tellement précise qu’elle permettra des « interprétations historiquement informées ».
Derrière un rideau, « Judith décapitant Holopherne » du Caravage correspond dans la virtuosité de l’exécution à l’ « Orphéo » de Monteverdi écrit pour le duc de Mantoue. Le langage passionné du maître du clair obscur rejoint l’expressivité ornementale du premier des maîtres de l’opéra baroque. 
Le sacré est encore au cœur de ces œuvres de la Renaissance après que sous les voûtes au centre des églises aient chanté les chœurs.
Antonio Vivaldi et son concerto pour deux bassons en sol mineur sous la peinture du « Bassin de saint Marc » de Guardi aux touches rapides s’enrichit du texte de Mathias Énard à propos de Venise « magnifique sorcière, un doux poison, une flûte mortelle, la patrie des mensonges et du commerce […],des palais et des richesses, des épices, des soldats, des territoires lointains, des intrigues, des pleurs ; Venise du théâtre, de la peinture, de la musique et du danger, des masques et des capes[…] Venise des condottieri et de la douane. Venise érotique et religieuse, ouverte et fermée, secrète et puissante, maîtresse des mers, des galères et des caravelles… »
https://blog-de-guy.blogspot.com/2019/05/les-confreries-venise-fabrice-conan.html
Le maître distingué des «  Quatre saisons », composées pour instruments à vents, était allé en Allemagne comme le précis Canaletto « Dresde vue de la rive droite de l'Elbe ».
Les nationalismes secouent le XIX° siècle.
Gerolamo Induno
, compagnon de Garibaldi, a peint« Le départ des conscrits » au son du Nabucco de Verdi : « Vittorio Emanuele Re D'Italia ».
https://blog-de-guy.blogspot.com/2014/10/le-futurisme.html
Le futuriste Luigi Russolo était peintre : « La Rivolta »  dynamique, mais aussi musicien, auteur du manifeste « L’art des bruits » des machines, avant Schaeffer et Henry et leur musique concrète. Ravel, Mondrian en avaient pris connaissance.
« Les paupières fermées »
de Penone en épines d’acacia, simples et puissantes font écho à Giacinto Scelsi jouant sur « la granulation des articulations » : la note comme matière.
Les disciplines dialoguent plasticiens et compositeurs s’associent.
Emilio Vedova
a influencé le mouvement de l’Arte Povera « Emergent », il a collaboré avec Luigi Nono aux scénographies et costumes de l'opéra Intolleranza dans les années 60.  
Luciano  Berio dont on fête les cent ans de la naissance avait arrangé « Yesterday »  des Beatles à la mode baroque comme Nicola Samorì  a réinterprété des œuvres du XVIe et XVIIe siècle « Golden child ».
L’histoire de l’art et la musique ne sont pas optionnelles dans les programmes éducatifs italiens.