lundi 1 juin 2026

L’abandon. Vincent Garenq.

Un mensonge d’une élève dysfonctionnelle va mettre en branle un engrenage fatal quand le fanatisme, oserait-on dire la mauvaise foi, la désinformation sont dopés par les réseaux sociaux.
Ce film, tel un Panthéon, nous renseigne, et même si sa sortie survient seulement six ans après l'assassinat, c'est que les temps se sont accélérés, et nos mémoires saturées ont oublié.
Cet hommage échappe à la critique cinématographique habituelle, même si sa facture restitue parfaitement l’atmosphère d’un établissement scolaire et met en tension les spectateurs qui connaissent l’issue de cet enchaînement terrible.
Une certaine gauche me navre dans ses critiques qui voient des risques de stigmatisation alors que justement les profs sont montrés dans leurs contradictions et que les parents d’élèves pas unanimes échappent à l’essentialisation ! 
L’Obs avait été au premier rang dans l’affaire pour faire ses choux gras d’une soi-disant « islamophobie » du côté de Conflans - Sainte- Honorine. 
La principale, interprétée par Emmanuelle Bercot, n’a pas abandonné Samuel Paty, joué par le doux Antoine Reinartz, mais je n’ai pu m’empêcher de rire quand la secrétaire va énumérer les sigles de toutes les instances à avertir en cas de problème.
Qui en 2020 pouvait envisager la décapitation d’un professeur d’histoire géographie tellement précautionneux ? Le titre accusatoire ne reflète pas la complexité d'une œuvre qui ne juge pas après coup. Cependant le « pas de vague » qui désormais qualifie l’éducation nationale n’aurait-il pas accompagné cette monté des périls ? Comme ont été rendus timides, après un tel évènement, ceux qui avaient pour mission de vouloir développer chez leurs élèves l’esprit critique et le respect de la laïcité. Cette projection peut redonner du courage.