jeudi 10 septembre 2026

Ernest Pignon Ernest à Carpentras.

J’ai beau connaître l’artiste, il m’émerveille chaque fois. 
« Ombres de Naples » riche de 200 œuvres, évoque la mythologie latine. 
Jusqu’au 1er novembre 2026, une exposition lui est consacrée à Carpentras, 
ville à laquelle il a fait donation de plus d’une centaine de ses œuvres.
Dessins, photographies, sérigraphies illustrent la période napolitaine entre1988 et 2015 d’un des pionniers de l’art urbain dont les collages provisoires ont persisté dans les mémoires si loin des tags égotiques souillant pour longtemps nos villes.
« Dans l’entrelacs des rues, mes images interrogent ces mythes, elles tracent des parcours qui se croisent, se superposent ; elles traitent de nos origines, de la femme, des rites de mort que sécrète cette ville coincée entre le Vésuve et les terres en ébullition de la Solfatare sous laquelle Virgile, déjà, situait les Enfers ; elles convoquent Caravage, parlent des cultes païens et chrétiens que porte aux ténèbres cette cité ensoleillée. C’est une quête au long cours, qui a duré des années, de ce qui fonde ma culture, ma sensibilité méditerranéenne. » 
Une photo avait été prise de « La mort de la vierge » à côté de deux vieilles dames qui vendaient des cigarettes. « Plus tard, lors d’un voyage, j’ai remarqué qu’il n’y avait plus le dessin, plus la vieille Antonietta qui passait ses journées là depuis des décennies. J’ai appris qu’elle était morte. Comme j’avais une photo de mon dessin avec la dame à côté, dans la nuit je l’ai dessinée où elle était tous les jours et j’ai collé le dessin.
C’est devenu une image presque sainte. Une télévision allemande m’a envoyé un film où l’on voit les gens dans la rue qui passent et embrassent le dessin de la vieille dame. »
Ses œuvres dialoguent avec d’autres tableaux de l’ Inguimbertine,
remarquable bibliothèque-musée pour une ville de 30 000 habitants qui fut capitale du Comtat Venaissin, un petit État pontifical de 1274 à 1791.
Des amis enthousiasmés par cette exposition nous ont conseillé  de voir également
une des  rétrospectives d’un des plus grands artistes contemporains au musée Ziem à Martigues :
« c’est encore mieux ! ».

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