Jusqu’au 1er novembre 2026, une exposition lui est consacrée
à Carpentras,
ville à laquelle il a fait donation de plus d’une centaine de ses
œuvres.Dessins, photographies, sérigraphies illustrent la période
napolitaine entre1988 et 2015 d’un des pionniers de l’art urbain dont les
collages provisoires ont persisté dans les mémoires si loin des tags égotiques
souillant pour longtemps nos villes.
« Dans l’entrelacs des
rues, mes images interrogent ces mythes, elles tracent des parcours qui se
croisent, se superposent ; elles traitent de nos origines, de la femme, des
rites de mort que sécrète cette ville coincée entre le Vésuve et les terres en
ébullition de la Solfatare sous laquelle Virgile, déjà, situait les Enfers ;
elles convoquent Caravage, parlent des cultes païens et chrétiens que porte aux
ténèbres cette cité ensoleillée. C’est une quête au long cours, qui a duré des
années, de ce qui fonde ma culture, ma sensibilité méditerranéenne. »
Une photo avait été prise de « La mort de la
vierge » à côté de deux vieilles dames qui vendaient des cigarettes. « Plus tard, lors d’un voyage, j’ai
remarqué qu’il n’y avait plus le dessin, plus la vieille Antonietta qui passait
ses journées là depuis des décennies. J’ai appris qu’elle était morte. Comme
j’avais une photo de mon dessin avec la dame à côté, dans la nuit je l’ai
dessinée où elle était tous les jours et j’ai collé le dessin. C’est devenu une
image presque sainte. Une télévision allemande m’a envoyé un film où l’on voit
les gens dans la rue qui passent et embrassent le dessin de la vieille
dame. »Ses œuvres dialoguent avec d’autres tableaux de l’ Inguimbertine,
remarquable bibliothèque-musée pour une ville de 30 000 habitants qui fut capitale
du Comtat Venaissin, un petit État pontifical de 1274 à 1791.Des amis enthousiasmés par cette exposition nous
ont conseillé de voir également une des rétrospectives d’un des plus grands artistes
contemporains au musée
Ziem à Martigues :« c’est encore
mieux ! ».
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