vendredi 4 septembre 2026

Cramer.

« 474 personnes, dont 183
mineurs, interpellées depuis début juillet 
en lien avec les incendies. »
Comment ne pas en causer ?
Une fois  les inévitables responsables mécaniquement désignés : 
Macron, Moscou, les riches, les écologistes… 
va-t-on accuser les coupables? 
La négligence devient un crime, pourtant on leur avait bien dit de ne pas jouer avec les allumettes.
Je bloque : qui pourrait trouver des excuses pour les incendiaires, à moins d’être l’agent suicidaire d’une civilisation qui se crame elle-même ? 
La liberté dévoyée et le limogeage de la notion de responsabilité mettent en péril futaie et sous bois, broussailles et brins de muguet, notre humanité calcinée. La bêtise n’excuse pas la méchanceté. 
« Qu’avons-nous fait, pour avoir de tels enfants ? »
Les universitaires, amateurs de transversalité, ne sont-ils pas traversés par cette interrogation glaçante en milieu surchauffé ?
Bébé Cadum grisonnant reconnaît que ça prend dans tous les coins, à commencer par les lieux jadis dits du savoir (sciences po) quand la politique se voulait une science ou dans les colonnes d’un quotidien qui fut de référence.
Il suffit que l’école prescrive pour que l’information soit suspecte. Les récits avec morale à la clef ont saturé les écouteurs, les horreurs démentes sont préférées aux sages conseils : hydratez-vous. Au pays où Sandrine Rousseau tient le crachoir et Médiapart la boîte à scandales, pour des générations informées de la détérioration de la planète, des canettes sont encore oubliées dans les champs après la teuf.
Plus grave que les banales subventions demandées à un état que les braillards cherchent à affaiblir sans cesse, les ennemis de la démocratie se servent de nos principes pour la mettre en péril. Et il faut jouer fin quand au nom de la liberté d’expression se répandent tant de billevesées.
Les désaccords entre gens bien élevés peuvent être un moteur de la conversation, ainsi rien ne fortifie mes convictions qu’une bonne grosse balourdise. Et pas mieux que Trump pour se sentir tellement dans le bon camp qu’on finirait par ne plus s’y reconnaître tellement nous sommes nombreux. Les « woke » l’ont fait gagner à cause de leurs excès, mais ceux-ci peuvent reprendre du poil de la bête dès que le Magaga de Washington ouvre la bouche.
Nous sommes passés de sentences impitoyables à l’excuse permanente bien que la figure de la victime soit devenue centrale dans nos sociétés où la culpabilité coloniale, de genre, de génération est cultivée intensément. De féroces mises au pilori sur les réseaux vont de pair avec l’indulgence envers les fauteurs de trouble, les assassins.
Alibis, prétextes, dérobades sont servis pour des faits anodins aussi bien que pour des actes gravissimes, l’empilement d’arguties devenant un mode de conversation, la figure du nazi se voyant convoquée dès que le mot punition a fuité.
Les verdicts tendent à se montrer plus cléments en regard d’une vindicte populaire devenue plus féroce.   
L’enveloppement maternel a étouffé le mâle bourreau ; papa parti, mono maman est débordée.
Les bons sentiments, les principes se heurtent à une nature humaine plutôt rosse que rose.  
Les mots en nuages nous aident à brouiller une réalité décourageante, absurde, avec des commentaires perdant tout sens quand les bavards se mêlant de domaines où ils sont inexperts tournent complotistes.  
J’ai tant aimé : « Eduquer ce n’est pas remplir un vase, c’est allumer un feu. »
 de Yeats, mais je retiens à la page des citations avec le mot « feu » : 
« Ce con de Ouille a balancé d’la vodka sur l’canapé pour éteindre le feu ! » 
de Jean Marie Poiré.

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