mardi 1 septembre 2026

Anaïs Nin. Léonie Bischoff.

« Sur la mer des mensonges » fait bien partie du titre, mais j’ai voulu dissocier ces mots péjoratifs de la femme originale dont la biographie nimbée de poésie emmène aussi au-delà du mot contemporain « polyamour ».  
Ces 190 pages exhalent des parfums d’avant guerre, suaves, bien que quelque peu éventés, sous les volutes de l’art nouveau, dans la douce fièvre de formes nouvelles qui se cherchaient en littérature et dans les existences. 
« Je me sens innocente. Mes mensonges et mes costumes sont ma liberté. Si je ne me crée pas un monde pour moi-même, je mourrai étouffée par celui que d'autres définissent pour moi. Je n'ai plus peur des mensonges. Ma morale n'existe que lorsque je suis confrontée à la peine de quelqu'un d'autre. »
 La dessinatrice aux crayons de couleur rend toute la douceur, la sincérité d’Anaïs Nin, bien qu’à l’image d’Henry Miller avec lequel elle entretient une relation passionnée, elle exploite ses connaissances pour nourrir ses journaux intimes qui la sauvent et la hantent. Les blessures qu’elle a pu occasionner sont estompées.
L’énumération de ses expériences érotiques pourrait contredire la délicatesse du traitement par la lauréate du prix du public du festival d’Angoulême de 2021. En effet en conservant son amour pour son gentil mari, elle ne résiste ni à ses analystes, ni à son cousin homosexuel, ni à la compagne de Miller, June, ni semble-t- il à son père dont la réalité de la relation incestueuse reste mystérieuse. 
« Les gens souffrent de leur folie parce qu'ils ne savent qu'en faire. 
Les artistes y plongent, s'en parent comme d'un costume, y découvrent d'autres vies. »

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