« Sur la mer des mensonges » fait bien partie du
titre, mais j’ai voulu dissocier ces mots péjoratifs de la femme originale dont
la biographie nimbée de poésie emmène aussi au-delà du mot contemporain
« polyamour ».
Ces 190 pages exhalent des parfums d’avant guerre, suaves,
bien que quelque peu éventés, sous les volutes de l’art nouveau, dans la douce
fièvre de formes nouvelles qui se cherchaient en littérature et dans les existences.
« Je me sens
innocente. Mes mensonges et mes costumes sont ma liberté. Si je ne me crée pas
un monde pour moi-même, je mourrai étouffée par celui que d'autres définissent
pour moi. Je n'ai plus peur des mensonges. Ma morale n'existe que lorsque je
suis confrontée à la peine de quelqu'un d'autre. »
La dessinatrice aux crayons de couleur rend toute la
douceur, la sincérité d’Anaïs Nin, bien qu’à l’image d’Henry Miller avec lequel elle entretient une
relation passionnée, elle exploite ses connaissances pour nourrir ses journaux
intimes qui la sauvent et la hantent. Les blessures qu’elle a pu occasionner
sont estompées.
L’énumération de ses expériences érotiques pourrait
contredire la délicatesse du traitement par la lauréate du prix du public du
festival d’Angoulême de 2021. En effet en conservant son amour pour son gentil
mari, elle ne résiste ni à ses analystes, ni à son cousin homosexuel, ni à la
compagne de Miller, June, ni semble-t- il à son père dont la réalité de la
relation incestueuse reste mystérieuse.
« Les gens
souffrent de leur folie parce qu'ils ne savent qu'en faire.
Les artistes y
plongent, s'en parent comme d'un costume, y découvrent d'autres vies. »

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