vendredi 9 janvier 2026

Le Postillon. N° 79.

La pastille qui accompagne le titre «  Journal post-IA » convient bien pour illustrer l'engagement du périodique grenoblois contre le « refroidissement technologique » qu’il documente abondamment dans sa dernière livraison à propos du CEA. Son titre malheureusement excessif mine leur crédibilité en parlant de « scandale et de détournement d’argent public en bande organisée » sur fond de dessin évoquant la mafia. 
Pourtant au pays des ingénieurs la course aux brevets se révèle bien artificielle, et « les startups biberonnées par le CEA » ne tiennent pas toutes les promesses affichées au moment de leur lancement. 
Les effets de mode peuvent coûter cher, ainsi les promesses de la physique quantique ont du mal à se concrétiser parait-il chez « Quobly » ou avec la mise au point d’un « nez électronique » chez Aryballe. 
Plus banalement la production de batteries électriques par « Verkor » ou d’écrans par « Aledia » s’avère compliquée. Les pépites technologiques ont levé des pépettes par milliards, les financeurs de licornes peuvent parfois se sentir pousser des cornes.
Les pages consacrées aux candidats concourant pour les municipales développent quelques anecdotes sibyllines au détriment d'une présentation des projets. Par contre le rappel des fusillades du temps de Carignon relativise les promesses de sa campagne axée essentiellement sur la sécurité : l’affaire est complexe et les aggravations récentes devraient mobiliser tous les bords.  
Sinon les reporters en vélo et qui tiennent à préciser à chaque fois leur moyen de locomotion pourront poursuivre leur déambulation en territoire abstentionniste, cette fois Saint Martin d’Hères.
Je suis flatté par une reprise d’un extrait d’une chronique de ce blog les concernant. 
Mais leur souhait de décroissance énergétique me semble bien utopique, tant toute tentative de changement même anodine se heurte à des oppositions coriaces décourageant les plus audacieux.
Les journalistes en deux roues n’échappent pas au langage de l’entre soi, illustré par un plan de Grenoble imagé devant lequel je pouvais me retrouver il y a quelques années mais qui m’est étranger cette fois, car trop allusif, et puis la carte des EHPAD m'est devenue plus familière que celle de skateparks.
Ils font leur boulot en nous tenant au courant des enjeux autour des logements de la cité universitaire du Rabot
«  La vie n’est pas un moellon fleuve tranquille »  
Le sujet du logement pourrait être développé, tant le chiffre de 3700 locaux vides depuis plus de deux ans dans l’agglomération grenobloise me semble à peine croyable quand squats et occupations se multiplient et que le nombre de sans abris ne diminue pas.
L’installation de Decitre au BHV (anciennement Galeries Lafayette) fait davantage jaser que la énième crise du Magasin. Les difficultés du libraire après que le groupe Furet du Nord en ait fait l’acquisition est à rapprocher des problèmes des sirops Teisseire racheté par le géant Carlsberg. 
Il est utile de mentionner le ralentissement de l’activité du fret ferroviaire à Saint Martin Le Vinoux, bien que cette moindre activité ne me semble pas à mettre essentiellement sur le dos du Lyon-Turin. L’industrie chimique, décriée dans ce journal critique, n’utilise plus autant les trains : la décroissance chérie par les postillonneurs  a des allures de déprise, de déprime.
Alors à la question élémentaire posée à des doctorants préparant la présentation de leurs travaux lors du 14° chapitre d’un de ceux qui « relève la tête du guidon connecté » : 
« Qui je suis ? Pourquoi je suis là ? Pourquoi  je travaille là-dessus ? » 
une réponse unique ne peut être donnée en 28 pages à 4 €. 
Par contre l’exemple d’une jeune qui tient une  toute petite librairie à Gières malgré ses difficultés, maintient le moral  du lecteur qui a tendance à décroitre à mesure que la dette croit. 
Et juste pour énerver mes journalistes à bicyclette préférés, en tant que partisan du train Lyon -Turin, je ne désespère pas des humains, quand des techniciens des ciments Vicat font preuve d’imagination en voulant enfouir dans la mer Adriatique, les masses énormes de CO2 (quatre fois les émissions de la ville de Grenoble) produites par les cimenteries de Montalieu.

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