Nous quittons le
logement loué par A. sous la grisaille et une température de 17 degrés.Il ne faut qu’une
trentaine de kilomètre pour rejoindre GAND, le temps à quelques gouttes de pluie
de s’échapper du ciel bas. Nous débarquons
dans une ville déserte, avec de nombreux détritus abandonnés dans les rues.
Nous cherchons le parking souterrain mentionné par le Routard qui atteint après
de multiples zig et zag dus à des sens interdits s’avère fermé. Bizarre…
Heureusement, deux policiers en patrouille que nous apostrophons nous
fournissent des explications et des conseils : si les rues et ce parking
sont interdits aux voitures, c’est tout simplement parce que la ville bat au
rythme de la fête pour une durée de plusieurs jours. L’un des agents nous installe
sur le GPS de mon téléphone un itinéraire vers le parking Saint Michel,
nécessitant une déviation de 6
km, mais très bien situé à 8 minutes à pied de la
cathédrale Saint Bavon et de l’hyper centre.Une fois Gédéon (
notre voiture) en sécurité, nous nous rendons directement à la cathédrale, cependant, les visites ne
commencent qu’à 13h le dimanche, priorité bien sûr au service religieux. Nous
en profitons pour boire notre petit café.Puis nous
sacrifions à la visite inévitable à l’Office du tourisme, en quête de cartes,
de parcours des incontournables de la ville et de petits tuyaux.L’employée qui
s’occupe de nous prend soin de nous informer des dispositions récentes de Gand
devenu zone à faibles émissions ; il est obligatoire désormais d’inscrire
les véhicules auprès des autorités par voie informatique, de signaler une
flopée de renseignements figurant sur la carte grise. Dans le cas où le
véhicule ne répondrait pas aux normes,
son propriétaire sera astreint à une taxe d’une trentaine d’euros par jour,
sinon, rien ne s’opposera à la circulation dans le centre-ville. Nous en apprenons
plus aussi sur les festivités qui envahissent la ville et attirent les
touristes. Cette période de « Gentse feesten » s’étale sur une
dizaine de jours pendant lesquels se mélangent
musiques, théâtre, arts de la rue, dans une ambiance de bonne humeur et
« de gouaille populaire gantoise». Ces réjouissances traditionnelles
datent de 1840 ; réactivitées et amplifiées dans les années 1960, elles
sont aujourd’hui inscrites au patrimoine immatériel flamand. Nous croisons dans
les rues nombre d’individus affublés d’une corde autour du cou (et la bière à
la main). Nommés les
« Stroppendrager » (porteurs de nœud coulant), ils commémorent ainsi une vieille insurrection
gantoise contre Charles Quint en 1539. Furieux contre les rebelles qui
refusaient de payer l’impôt utile à ses guerres, l’empereur débarqua à la tête
de son armée, entra dans la ville sans combattre et humilia les chefs adverses
en les obligeant à défiler en chemise et la corde au cou. En 2025, pied de nez à
Charles Quint, la fête bat son plein,
des guinguettes, des estrades, des chapiteaux dressés dans les rues dispensent généreusement boissons et musiques, cachant malheureusement l’architecture des bâtiments de la vieille
ville. Sur le canal près de l’Office du
Tourisme, les passagers d’un bateau touristique chantent à plein poumons « Bella Ciao » dans
un style antiphonique avec un petit orchestre installé
dans un bar sur la rive accompagnant les voix : cet évènement spontané et festif donne d’emblée l’esprit de liesse collective.Nous avons aperçu
ce matin, quelques fêtards endormis sur place et pas en mesure de retourner
chez eux, des taxis sollicités pour ramener les alcoolisés les plus prudents, prouvant des nuits bien arrosées. Il faudra 3
jours de nettoyage pour effacer les traces de la fête.Nous tournicotons
dans les parages du beffroi, vers
l’église st Jacobskerk ou Sint-Jacobs-in-demeerschen (Saint Jacques du
marais) puis suivons la direction
du quartier Paterhol où nous entrons
dans le restaurant « little
Asia » renonçant aux spécialités belges proposées dans les brasseries à
des prix nettement plus élevés. Pendant ce temps,
la cathédrale Saint Bavon, vidée de
ses fidèles, a ouvert ses portes aux amateurs d’art venus admirer ses trésors.
Peu prévoyants car sans réservation pour la partie muséale, nous rejoignons la
queue des gens dans notre cas, condamnés à une attente indéterminée. Deux vieilles gardiennes qui maîtrisent
quatre langues veillent au bon fonctionnement,
en gérant les différents flux des visiteurs, ceux avec et ceux sans
billet, les aidant à utiliser les
casiers de consigne obligatoire. Le temps parait moins long avec elles, elles
se montrent rassurantes à propos de notre admission en ces lieux et papotent
volontiers, plus comme de gentilles vieilles dames que comme des employées de
musée. Enfin notre tour arrive, une fois les sésames achetés, nous nous
élançons au 2ème étage pour y admirer le fameux polyptique :
« L’adoration de l’agneau mystique » des frères Van Eyck. Un écrin de
verre solide et inviolable rendu nécessaire par plusieurs vols (13) protège
ce joyau de la peinture flamande. Grâce
à un dépliant en français livré en même temps que les tickets, nous parvenons à
décrypter les faces avant et arrière du retable, de mieux comprendre et
visualiser les personnages comme les symboles représentés. De plus, un petit
film diffusé dans une chapelle adjacente équipée de sièges complète les
explications en attirant le regard sur les détails éclairants. Bien que
l’édifice réponde au style gothique, le style baroque s’impose dans les
chapelles latérales en étages au-dessus du baldaquin ; deux couleurs
s’affrontent opposant le noir le plus profond des colonnes au blanc marmoréen
des ornements pour un résultat grandiose.Nous n’exploitons
pas les autres richesses de l’église.
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