Je ne crois plus guère au père Noël, mais quand je l’ai croisé à
la station service et qu’il a soulevé son casque de moto, j’ai vu un papy
maghrébin qui allait rejoindre d’autres barbus en rouge pour distribuer des
cadeaux à des enfants malades.
Je ne suis pas le seul à continuer à aimer les contes, quand
le monde entier s’attendrit devant un loup végétarien de chez Inter Marché,
alors que les massacres entre nous ne connaissent pas de trêve.
« Je suis le mal
aimé
Les gens me connaissent
Tel que je veux me montrer
Mais ont-ils cherché à savoir
D'où me viennent mes joies ? »
Les gens me connaissent
Tel que je veux me montrer
Mais ont-ils cherché à savoir
D'où me viennent mes joies ? »
La chanson de Claude François qui accompagnait la publicité occupe les têtes.
Après les confiseurs sans trêve, la forme écrite peut essayer de prendre du recul sur les
approximations et les silences accompagnant les repas de fêtes, rares espaces
de contradictions avec des noms
qui créent facilement la connivence: Trump et Sarkozy.
Une fois les ricanements éteints à propos de péripéties
anecdotiques, des trajectoires au long terme se confirment.
Plutôt que l’installation à la Maison Blanche d’une salle de
bal, celle d’un « bureau de la foi » me semble plus signifiante. Au moment où les églises deviennent des musées, le religieux
repointe son nez dans la conduite des affaires publiques tandis que la laïcité
se trouve remise en cause.
Par ailleurs, les propos d’un prisonnier de dix jours
concernant l’union des droites sont plus lourds de conséquences, que son usage
d’un téléphone fixé au mur.
Le ralliement si peu impromptu de Trump à Poutine témoigne de
proximités établies depuis longtemps. Si les croix gammées ne se
hissent plus au dessus des frontons, le culte de la virilité blanche et de la
religion, marqueur de l’extrême droite les réunit. Et l’indulgence de Mélenchon
à l’égard du Kremlin, par anti américanisme viscéral, devient absurde depuis
que Donald et Vladimir sont de mèche. L’« héritier du
soviétisme » bien qu’il ait désigné
l’Europe comme l’ennemie avec ses drones et usines à trolls, truffé les champs
de blé de mines, causé des milliers de morts, connait bien nos faiblesses :
certains chez nous ne voient pas où est le problème. Quelle invasion de
l’Ukraine ?
Emmanuel Todd ajoute à la confusion :
« Seul le bloc centriste macroniste mérite le
qualificatif d'extrême droite »,
si bien que les mots perdent tout leur sens, la stupéfaction nous
paralyse.
La banalisation de l’inconcevable conduit à l’indifférence avec le terme « nazi » appliqué à des personnes soucieuses de la
rigueur orthographique mais disparaissant pour qualifier ceux qui remettent en cause
la démocratie.
La progression des régimes illibéraux et
la diffusion de leurs idées est inquiétante que ce soit en Allemagne, en Espagne, au Chili qu’on croirait
vaccinés contre le fascisme, en Italie.
Quand l’autorité des élus, des profs, des juges, des
policiers, des parents, des scientifiques… est bafouée et que sont valorisées
les défections au travail,
quand l’auto flagellation se banalise, les
certitudes simplistes deviennent désirables.
Il me faudrait mettre bien des
paroles entre guillemets :
« les récits de la modernité
s’épuisent ».
Alors que « la planète brûle », la décroissance
est devenue plus attrayante que le progrès, dans les discours, mais se heurte
aux réflexes devenus massifs de mobilisation automatique contre toute
proposition nouvelle, y compris chez les défenseurs les plus sincères de la
nature, avec enterrement fatal de tout courage. La calamiteuse dissolution de l'assemblée nationale en deviendrait anecdotique, elle fut réclamée de toutes parts, mais sert d'alibi à tous les partis toujours pas sortis des ronds points bloqués. La tactique passe avant les urgences du pays .
« La folie, c'est de faire toujours la
même chose et de s'attendre à un résultat différent ! »
Albert Einstein.

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