Ne pas s’attendre à une célébration des plaisirs minuscules
à la Delerm avec la disponibilité nécessaire pour déguster, car nous sommes dans une
adaptation de Raymond Carver qui n’avait que peu de temps après ses petits
boulots pour écrire ses nouvelles.
Les lumières sont faiblardes pour entrevoir la solitude des « loosers »
accentuée par la juxtaposition de leurs différents destins loin du « rêve
américain », expression tellement banale qu’elle a perdu tout sens, de
même que l’allusion aux inévitables ambiances à la Hopper.
Pour abuser des
expressions toutes faites qui conviendraient à cette morne ambiance, en guise
de trilogie : le sexe est triste, la drogue sordide et la musique plombante.
De bons acteurs interprètent des personnages irrésolus dans
des situations qui ne mènent nulle part ou pour dire comme ma prof de musique
loin de toute agogique « pour désigner le mouvement ascendant d’une
mélodie ». Un familier de la langue anglaise remarquait que le langage
habituellement utilisé chez ces gens en détresse était trahi par une traduction
trop sage.
On pourrait attendre plus de flamboyance de la part d’une ancienne
actrice du Théâtre du soleil en sa première mise en scène, sinon dans la scène
finale où un cheval est convoqué avec un cow-boy venu de nulle part.
La
mélancolie de cette heure et demie nous a achevé, écrasé comme cette pathétique
grand-mère, ces jeunes épuisés, ces amoureux déprimés.
« Peur de la
mort.
Peur de vivre trop
longtemps.
Peur de la mort.
Ça, je l’ai déjà
dit. »

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