dimanche 4 janvier 2026

Toutes les petites choses que j’ai pu voir. Olivia Corsini.

Ne pas s’attendre à une célébration des plaisirs minuscules à la Delerm avec la disponibilité nécessaire pour déguster, car nous sommes dans une adaptation de Raymond Carver qui n’avait que peu de temps après ses petits boulots pour écrire ses nouvelles.
Les lumières sont faiblardes pour entrevoir la solitude des « loosers » accentuée par la juxtaposition de leurs différents destins loin du « rêve américain », expression tellement banale qu’elle a perdu tout sens, de même que l’allusion aux inévitables ambiances à la Hopper. 
Pour abuser des expressions toutes faites qui conviendraient à cette morne ambiance, en guise de trilogie : le sexe est triste, la drogue sordide et la musique plombante.
De bons acteurs interprètent des personnages irrésolus dans des situations qui ne mènent nulle part ou pour dire comme ma prof de musique loin de toute agogique « pour désigner le mouvement ascendant d’une mélodie ». Un familier de la langue anglaise remarquait que le langage habituellement utilisé chez ces gens en détresse était trahi par une traduction trop sage. 
On pourrait attendre plus de flamboyance de la part d’une ancienne actrice du Théâtre du soleil en sa première mise en scène, sinon dans la scène finale où un cheval est convoqué avec un cow-boy venu de nulle part. 
La mélancolie de cette heure et demie nous a achevé, écrasé comme cette pathétique grand-mère, ces jeunes épuisés, ces amoureux déprimés. 
« Peur de la mort.
Peur de vivre trop longtemps.
Peur de la mort.
Ça, je l’ai déjà dit. »

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