Le Programme International pour le Suivi des Acquis des élèves
a suscité quelques titres devenus anodins à force d’être dupliqués :
« de mal en PISA ».
Parmi tant de commentaires sur les commentaires, je ne
prétendrai apporter ni grain de sable ni grain de sel, en livide acteur d’un monde
ancien, seulement un soupir.
Au moins la chute des résultats de nos enfants devenue
vertigineuse depuis un rang déjà calamiteux, nous éloigne du fallacieux
« le niveau monte » de Baudelot et Establet qui occultait toute
réalité dérangeante depuis les années 70.
Les regards se portent vers une des nations championnes :
l’Estonie et ses établissements autonomes où la confiance envers les
professeurs permet de varier les approches appuyées sur une culture qui
n’oublie pas : « si l’on travaille dur, l’on survivra. »
Mais les recettes venues d’ailleurs sont vouées à l’échec
comme les réformes empilées sans évaluation, si les acteurs
de terrain aux appréciations fines ne voient pas leur travail valorisé.
Pourtant, à mon sens, mesurer l'investissement en terme de rémunération entre dans une logique de marchandisation hors sujet, les
promesses ne sont plus crues, pas plus que ne sont appréciés les compliments.
Les augmentations présumées serait mieux employées à adapter
les niveaux pour ne pas continuer à aggraver l’attraction de tous vers le bas. Quand
« influenceuse » devient plus enviable que professeur, la
transmission a quitté son cours, et nous courrons après les ingénieurs et
médecins, charpentiers, conducteurs…
Face à des parents pas tous armés de couteaux mais devenus plutôt
consommateurs que partenaires éducatifs, la dénonciation des écrans qui minent
sommeil et attention participent au consensus.
Je retiens du Haut commissariat
à la stratégie et au plan la reconnaissance des problèmes nés de
l’hétérogénéité des classes.
Dans une atmosphère où la diversité des approches serait respectée, le caporalisme disparaitrait.
Et rêvons: la force d’inertie de la corporation se métamorphoserait en
initiatives ajustées, responsables, assumées.
J’avais fait mes choix en pédagogie et souvent changé de
direction, accumulant les expériences, j’ai respecté d’autres démarches qui
parfois convenaient mieux à certains élèves que mes propositions.
Derrière les clameurs des stades voisins, des évolutions
nous parlent: nous ne nous supportons plus et supportons par intermittence nos
équipes. Les plus bruyants abandonnent leurs joueurs à la première défaite et brûlent
ce qu’ils ont adoré. Le tarissement des bonnes performances en athlétisme par
exemple a peut être à voir avec la remise en cause d'un esprit de compétition se sublimant dans les sports extrêmes, élitistes s’il en est.
Au pays du syndrome d’épuisement professionnel, l’école n'affermit plus les caractères, le péri scolaire a pris la
main, les loisirs commandent.
Les Diafoirus de l’éducation proposent d’aller plus loin
dans des impasses maintes fois empruntées: le stress des enfants rois serait encore
trop élevé d’après eux, alors que la désinvolture et l’indifférence ne sont
guère pourchassées. Ces ravis de la crèche prônent la multiplication de
situations ludiques, en groupe bien entendu, et autres îlots bavards.
On n’a jamais autant chiffré nos appréciations envahissant
toutes nos relations commerciales, sociales, depuis que l’école a abandonné les notes. Les
classements y sont prohibés et des couleurs pastel remplacent les chiffres, les examens ne disent plus rien.
La bienveillance, de la même eau que
« le pas de vague » qui masque les violences, serait bienvenue pour
accompagner des diagnostics où les verdicts, donneraient lieu à des corrections
sans drame.
« Évaluer, c'est
créer : écoutez donc, vous qui êtes créateurs !
C'est l'évaluation qui
fait des trésors et des joyaux de toutes choses évaluées. »
Nietzsche
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