Ce récit, dans les eaux glacées, enlève toute trace de
romantisme au travail des bretons tant les violentes conditions de vie auraient
justifié « burn out » à chaque heure et plainte pour harcèlement à
chaque mot.
L’accumulation de cadavres n’était pas forcément nécessaire
à mes yeux pour convaincre de la force de ce témoignage mis un fois encore
efficacement en scène par un maître du noir et blanc et du cadrage.
L’alcool permet de s’étourdir tant les hommes sont sans
pitié entre eux, affrontés à la peur, au froid, à la faim, aux blessures pour
lesquelles il n’y a que la pisse pour désinfecter.
Des kilomètres de lignes
sont lancés depuis les doris, des barques à remplir de morues.
Mais dans l’immensité de l’Océan et le brouillard,
quelle angoisse de ne pas repérer facilement le bateau que l’on a quitté où se sale le poisson qui va
nourrir la France !
Cela s’appelait « Promener le parisien » quand
« il fallait nager (ramer) pendant
des heures
pour essayer de rejoindre le voilier au son de la corne de
brume ».
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