dimanche 6 septembre 2026

Avignon. 2026.

Mes petits enfants, public captif, ont eu droit cette année
à une ration de théâtre classique agrémentée de créations aux allures apparemment plus contemporaines.
Les encadrants s’étaient réservé des écrits pacifistes de Giono
et les mots intranquilles de Pessoa
mais toutes les générations ont partagé une dizaine de spectacles.
En parfait transfuge de classe, je me la suis joué comme le « Bourgeois gentilhomme » en imposant Shakespeare connu seulement de réputation, au royaume d’Erling Haalland.
« Hamlet » évoqué depuis une chambre d’adolescent dont la mère vient de se remettre en ménage deux mois après la mort du père a parlé à tous
comme « Le Bourgois gentilhomme » en version rapeuse.
Les injustices nées de mariages arrangés retrouvées dans « Tartuffe »
ou « Le Barbier de Séville » peuvent encore concerner les enfants de nos mariages dérangés.
Le temps passant, les plus anciens ont tendance à se montrer plus indulgents envers Orgon ou monsieur Jourdain dont les certitudes pathétiques ne suscitent plus seulement les rires ou le mépris.
Les recherches hip hop  de « Malmus » offrent des plages propices à la méditation 
éloignées des rythmes proposées dans le spectacle de Carolyn Carlson 
avec la même intention de célébrer la beauté des corps en mouvement. 
«  Qu’il est loin mon pays » 
: au cours d’une sélection de chansons de piliers de la francophonie aux origines étrangères, « Viens voir les comédiens » d’Aznavour était vraiment dans le thème d’un festival vibrant de propositions tellement diverses.
Et l’heure fut hilarante pour que le rocker de « Toute la mer du monde » délivre enfin une chanson sur les 29 promises après deux guitares éclatées.
A l’intérieur des remparts de la ville sans papes, le spectacle continue entre les spectacles aux acteurs si proches, comme cette fausse conférencière dont le talent permet de faire rire à la présentation du tragique « Radeau de la Méduse ».
Les jeunes comédiens tellement familiers, en évoquant la sortie de l’insouciance de la jeunesse dans «  Hier a duré quatre jours » ont captivé notre petite troupe.

1 commentaire:

  1. Je lis ton billet après avoir évoqué le sujet de l'adaptation des classiques avec deux personnes différentes en deux jours. J'ai choisi de ne pas aller voir "L'Odyssée" dans sa nouvelle version peplum de Hollywood, avec un Ulysse souffrant de syndrome de stress post traumatique, blablablabla, mais qui trouve l'énergie d'anéantir les prétendants dans une scène qui doit ? devrait ? évoquer le revenant de Vietnam prenant sa mitraillette pour descendre du monde dans le MacDo du coin.
    L'effort pour mettre les classiques à NOTRE PORTEE au lieu de chercher à nous mettre à la portée des classiques ne trouve pas grâce à mes yeux. Même, je pense qu'il s'agit d'une forme de révolte DES ELITES QUE NOUS SOMMES, dans une forme de "bienveillance" digne de Disneyland, qui révèle à quel point que DES FOIS... le chemin vers l'enfer est pavé de bonnes intentions. Voilà un dicton qui est tombé en désuétude, que NOTRE GENERATION n'interroge pas assez : comment on peut être fermement convaincu d'avoir fait, de FAIRE le bien, et tout d'un coup, on a une illumination dans l'après coup, et on se dit... mais QU'AI-JE FAIT ? C'est à croire que mes contemporains n'ont jamais eu ce moment d'illumination, que ça ne leur est jamais venu à l'esprit qu'en voulant faire le bien, ils ont fait... le mal. Est-ce possible de traverser l'existence sans avoir l'ombre d'un doute de cet ordre ? Bien sûr, les très rares moments (on l'espère...) où on peut être amené à traverser ces émois sont terriblement éprouvants, comme on peut imaginer (si on a de l'imagination encore...). Mais écrivant ceci à un âge qui n'est plus tendre du tout, et sur le blog de quelqu'un qui n'a pas un âge tendre non plus, "on" doit pouvoir.. entendre ceci.
    J'ai dans mes affaires un livre de Jacqueline de Romilly où elle s'offusque du désir de diminuer la grandeur de certains de nos classiques pour qu'ils soient compris, et compréhensibles pour des ados. "Accessibles", pour employer le mot qui est à la mode. Après tout... des fois il faut avoir de l'âge et de l'expérience pour comprendre certaines choses, et il faut du temps et de la patience pour savourer un très bon vin millésimé.

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