mercredi 9 septembre 2026

La France à la carte. Jean-Claude Raspiengeas.

En tant que fervent du GPS je me suis retrouvé avec plaisir dans les plis nostalgiques des cartes routières, sous la couverture aux couleurs vintage de ce livre chaleureux.
«  La carte parle au cerveau, le GPS seulement à l’oreille. » 
L’auteur solide sait aussi bien citer les grands écrivains que mettre en valeur les collectionneurs un peu dingues, les chercheurs, les dessinateurs, les visionnaires, les passionnés, décrivant l’apport décisif de la famille Michelin bien au-delà de l’économie clermontoise, avec des audaces et un sens de la communication époustouflants depuis que les premières bicyclettes se mirent à « rouler sur l’air », « buvant les obstacles », jusqu’à l’omniprésent Bibendum. 
« Toutes les familles françaises ont un lien avec Michelin. Elles ont roulé sur des pneus Michelin, à vélo ou en voiture - voire, en Micheline ; remisé des cartes Michelin dans la boîte à gants, dépliés sur le capot ou la table de la cuisine ; consulté un guide rouge pour pointer les bonnes auberges, des Guides verts pour sélectionner les curiosités touristiques. » 
André Michelin avait du mal à maintenir sur la route, une de ses premières automobiles: 
«  Elle allait au fossé comme le cochon à la truffe. » 
Au début du XX° siècle, les enthousiasmes populaires autour des compétitions ne faisaient pas oublier les drames : 
«  … personne n’eut osé demander au gouvernement d’interdire une épreuve dont la témérité même constituait l’attrait et qui séduisait par l’aventureux courage déployé par ceux qui allaient y prendre part. » 
Si l’auteur a voulu suivre à nouveau la nationale 7 qui a perdu jusqu’à son nom où des nostalgiques organisent régulièrement des embouteillages de vieilles voitures, il n’insiste pas dans la mélancolie. 
L’histoire se superpose à la géographie, le temps compte davantage que le nombre de kilomètres disparaissant de panneaux souvent souillés.
Sous les routes, tuyaux et fibres par lesquels circulent gaz, eau, et informations, sont répertoriés sur de nouveaux supports,, sans cesse mis à jour par des géomaticiens. 
« Aujourd’hui des dizaines de milliers de personnes en France produisent des cartes que vous ne verrez jamais » 
L’IGN, entrée dans la modernité, outille décideurs et citoyens en représentant de façon simple des phénomènes complexes dans le domaine de la défense, de l’aménagement du territoire, des risques environnementaux. 
« La carte est devenue le territoire. »

1 commentaire:

  1. Nous, on se déplace toujours avec les cartes/ le grand Michelin. Pour le cerveau, justement, pour qu'il ne s'éteigne pas.
    Mais quand on commence à collectionner quelque chose, quand on commence à le voir dans un musée, c'est mauvais signe. Cela veut dire qu'il est en train de devenir muséifié. Les objets muséifiés ne sont pas vivants de vraie vie, ils sont derrière une vitre, un écran. Ils sont religieusement ? MIS AU PASSE, et dans une culture de l'instant présent, ce qui est mis au passé est mort et enterré. Cela est... très bête, quand même, parce que comme j'aime dire, l'histoire d''"Oedipe Roi" est bien là, et depuis très longtemps pour illustrer, pour enseigner même, que le passé ne peut pas être enterré ou muséifié, mais... est-ce que nous apprenons quelque chose avec les siècles, et les millénaires ?...

    RépondreSupprimer