jeudi 10 novembre 2022

Art contemporain # 1. Gilbert Croué.

Le conférencier devant les amis du musée a présenté 5 artistes « en train de créer », les caractérisant ainsi pour aller au-delà du terme « contemporain » souvent connoté péjorativement. Venus de 5 pays différents avec 5 techniques différentes, ceux-ci produisent des œuvres modestes ou ambitieuses, originales, étonnantes.
Guacolda
, du nom d’une princesse chilienne, pratiquait la gravure, quand ayant oublié son matériel, elle plongea dans une boite à couture. « Autoportrait ». Depuis elle brode sur tous supports : des emballages à bulles au papier de Chine. L’imprévu ouvre de nouveaux chemins.
L’activité est féminine, le matériau banal, « Gabrielle » est chargée d’une certaine gravité.
« Narcisse »
lui aussi en broderie inversée est plus complexe. « Hélas ! Hélas ! » répètera Echo, la Nymphe éconduite qui l’avait fait condamner à ne pouvoir cesser de s’admirer lui-même.
L’hyper réaliste allemand, Armin Mersmann a la taille d’un camionneur et la légèreté d’une dentelière. Ses variations de gris sont celles de ces crayons dont il utilise toutes les gammes H et B de ses mines de graphite sec ou gras. Il travaille en grand format à la verticale.
La nature est plus vraie que nature : « Lisière de neige »
où le moindre brin d’ « Herbe » apparaît comme un miracle. 
Le blanc vient en avant, le noir creuse.
De quoi en avoir l’ « Œil » humide.
Et même quand des « Lampes » sont brisées leur modelé enchante.
L’architecte Kengo Kuma utilise principalement le bois depuis le séisme de Kobé (6000 morts) au Japon dont il est originaire. Les constructions en bois avaient mieux résisté que celles en béton. 
A « Atami, maison de villégiature » les entrecroisements de bois permettent de remplacer des pièces défectueuses à l’image des temples du X° siècle neufs comme au premier jour.
Il valorise les savoir-faire locaux, avec des pierres tressées pour la « Préfecture à Tochigi ».
La « Chapelle de la mousse de bouleau » à Karuizawa  peut illustrer ses propos toujours humbles :  
« La nature s’épanouit dans un hasard magnifique. Rien ne s’y répète à l’identique, jamais. Elle est toujours en mouvement. »
Inspiré par les techniques anciennes, il innove avec un « Hôtel » conçu par son agence, prévu pour 2023 à côté de la Bibliothèque Mitterrand à Paris.
Le pittoresque, original, donc britannique, ingénieur cartographe, dessinateur de neige, aperçu depuis un remonte pente aux Arcs s’appelle Simon Beck.
Souvent géométriques, ses tracés en raquette sont époustouflants par leur taille alors que celui qui trace avec sa boussole et souvent sa frontale n’a pas sous les yeux le résultat qui enchantera les spectateurs et ses abonnés sur Internet.
Ses dessins sur le sable seront à peine plus fugaces
que ses gigantesques « Flocons de Koch ».
 Refik Anadol déchaine sur ses écrans des tempêtes de formes et de couleurs. 
Né en Turquie, il travaille à Los Angeles avec Google, Microsoft, le MIT…
Au pays des Data et de l’intelligence artificielle, il assemble des zillions de photographies aspirées depuis le « cloud », classées par nuances de couleurs puis montées sur des flux générés comme les musiques par des ordinateurs aux puissances monstrueuses.  
« La science énonce des significations ; l’art les exprime. John Dewey
« Engram Melting Memories » 
Cette vertigineuse rencontre de la mémoire de l’humanité et des techniques les plus avancées, avec ce jeune chercheur, rejoint la beauté d’une trace de crayon sur du papier ou l’empreinte éphémère d’un pas dans la neige.  

1 commentaire:

  1. Très intéressant. J'apprécie ces "expériences" artistiques. Merci.

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