«Le populisme des verts à Grenoble ».
Les 100 pages du livret n’auraient pas suffi si ces lignes théoriques avaient dû s’agrémenter d’exemples plus précis pour décrire le vide laissé après les paroles d’Eric
Piolle, ancien maire, promoteur du burkini, proclamant par ailleurs son indifférence envers la propreté et la
sécurité:
« Malraux et Lang,
c’est fini !
Les Verts veulent faire
table rase du passé culturel et proposent une « nouvelle donne ».
La table était effectivement débarrassée quand l’adjointe à
la culture du premier mandat ne savait pas qui était Pina Bausch.
Quelles sont les miettes qui ont subsisté jusqu'à la saison nouvelle, sans gluten, sans sucre, sans mépris ?
La politique
en faveur de la bicyclette a été plus déterminante que les errements
culturels pour que les Verts alliés aux Insoumis s’enracinent dans la ville centre. L’opposition est condamnée à l’impuissance, bracelet à la cheville à perpète côté droit, fantôme errant dans un des bastions évanouis de la social démocratie.
Mais le propos général de l’universitaire se situe bien loin des
allusions anecdotiques ci-dessus.
Je range mon pistolet à eau quand j'entends le mot culture et révise la signification d’ « acédia »,
mot calqué du grec:
la crise sociale, économique et culturelle « semble avoir engendré une paresse de
l’esprit (que les anciens appelaient acédia, mélancolie profonde, fixée vers un passé
disparu, impuissante à penser l’avenir. »
Les noms de Minkowski, du « Tricyle » marqueurs de ces temps récents, auraient pu être complétés par le rappel de l’opinion critique du metteur en scène Joël Pommerat, sans brouiller le rappel rituel à Vitez et Vilar.
Que dire maintenant ?
En ces lieux où se jouent les notions de beau, de vrai, pour tous et pour chacun, en faisant œuvre d'éducation et de distraction, les confusions déboulent : ACAB ou ABCD, Rap ou Rachmaninov, Sebastian Marx (humoriste) ou Thierry Marx (cuisinier), JR (street artist) et JPP ( ancien footballeur), bousculer le bourgeois qui aime ça, plutôt
que flatter le prolo indifférent, place Championnet ou place des Géants.
La gabegie depuis des années autour du « Magasin » mériterait quelques lignes et alors qu’il est souvent question des acteurs
culturels, les conflits récurrents entre les employés et les directeurs
successifs du « Cargo » ou de la « MC2 » auraient pu être
interrogés.
Les succès des fresques de street art n’excusent pas la
prolifération des tags qui amochent la ville de la même façon que les herbes
folles accompagnant l’extension des dépotoirs urbains attaquent une idée de la beauté, de la ville apaisée. La paresse ne protège pas la
bio diversité.
Citer Papagalli donnerait de la chair aux propos qui mettent
« populaire » à toutes les sauces quand la culture avec
« s » ou sans « s » affronte l’éducation populaire, quand
l’universel se défend face à l’identitaire.
Entre ici et ailleurs, local et parisien, les frontières
politiques se brouillent :
« Dans une époque où
les productions artistiques circulent, où les outils numériques ignorent la
localisation, où le métissage des créations et des productions sont la règle,
que signifie ce retrait sur le local ? Sinon une autre forme de
populisme qui voit le localisme une forme d’opposition aux élites parisiennes.
Autre vision déformée de la réalité sociale française faite de mobilité et de
diversité.»
Pas vraiment d'accord, là...
RépondreSupprimerQuand on parle du populisme, il serait bon d'interroger de quel "peuple" il s'agit, et même... s'il y a un peuple. Y a-t-il un peuple français dans l'avion maintenant ? Qu'est-ce qu'il y a de COMMUN entre les individus vivant à l'intérieur des frontières qui délimitent encore le pays de la France ?
Celui qui veut faire table rase est celui qui REFUSE L'HERITAGE, et qui refuse.. d'hériter. Mais je le vois trop autour de moi, ce refus d'hériter, et le refus d'accepter ? la transmission qui se déploie un peu partout dans tous les secteurs.
Dans un court article sur le phénomène de la croyance que j'ai lu il y a des années, Octave Mannoni pose la question fondamentale en termes qui permettent d'interroger ce qui nous submerge, et qui nous amène... à la dérive : que croire (qui croire...) si l'autorité est mystification ?
Le fait de renvoyer toute forme de foi à une histoire de dupes (ou d'enfants à mystifier en attendant d'arriver à l'âge adulte et la démystification) détruit la société.
C'est... ce que Molière laisse entrevoir, qu'il pose dans "Don Juan", et qui se déploie comme une tragédie grecque au moment de la Révolution Française où la Foi ET l'église ont été brulées sur la place publique, sous prétexte de débouter le roi et la monarchie.
De même que le personnage de Don Juan dans la pièce s'attaque à l'autorité, la légitimité de Dieu... le père ?, les auteurs essentiellement parisiens de la Révolution Française s'attaquent à l'église, ses institutions, ses acteurs, et la foi qu'elle encadre pour le peuple français (mais sous la tutelle du pouvoir politique temporel, tout de même...).
Et nous voilà de nouveau dans ces tourments...au moment où la République, ayant récupéré les missions de l'Eglise doit se coltiner le fait qu'elle a fait faillite, après avoir scié la branche sur laquelle elle était assise. Forcément, quand on scie la branche sur laquelle on est assis, ON TOMBE DISGRACIEUSEMENT, en criant "ouin ouin" en plus...
Pas de pitié pour les vautours.
Oui.. c'est hard cet après midi, j'en conviens. Mais il n'y a aucun parti politique qui me représente en ce moment...