Une image représentant « Les animaux dans l'arche de
Noé » par l’atelier de Jacopo dal Ponte (1574) est distribuée à la sortie
de ce spectacle d’une heure au petit théâtre de la MC2.
Cette attention rejoint l’engagement du jeune comédien qui
nous attendait dès que le premier spectateur est entré, ravivant des souvenirs
de proximité du off au festival d’Avignon.
Ce « seul en scène » espiègle et doux, parfois un
peu mou, tranche avec les spectacles de ce genre farcis de punchlines
agressives.
Se présentant en archéologue du 7e millénaire, le
metteur de sa propre scène derrière son ordinateur ne délivre pas seulement son avis
à propos de l’histoire de l’art mais
interprète des signes venus de notre temps : smiley, les Sim’s, Google
earth, la musique techno comme une prière, le porno, un cimetière avec les
portraits de Face book, les couchers de soleil, le rite magique de la météo…
Cette redécouverte des traces laissées par Internet est
d’une intelligence sans surplomb grâce à la légèreté du primesautier conférencier en connivence avec
son public.
Il nous sollicite habilement pour prendre du recul par
rapport au déluge d’images qui nous assaille à la cadence de 10 000 images
crées à la seconde.
«Quand les humains
avaient peur de quelque chose, ils en faisaient une image. »
Cinéma et théâtre sont aussi évoqués concernant notre goût à
vivre dans la fiction :
« Pourquoi la vie
c’est jamais comme dans les films ? »
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