dimanche 3 mai 2026

Contre-nature. Rachid Ouramdane/Compagnie de Chaillot.

Assurance plaisir avec l’ancien directeur du Centre Chorégraphique national de Grenoble, maintenant à la tête du Palais de Chaillot à Paris : le danseur devenu chorégraphe nous surprend encore.
Commencé sous les nuées, loin du procédé habituel qui enfume les salles, nous sommes installés d’emblée dans une douce poésie. J’ai voulu y voir « Zeus transformé en nuage embrassant Io » du Corrège. 
« On ne reconnaît pas dans les nuages les gouttes d'eau de la rosée que le soleil y a fait monter ! Evaporez-vous, pluie terrestre, larmes des jours anciens, et formez dans les cieux de gigantesques volutes, toutes pénétrées de soleil. »  
 Gustave Flaubert.
Les apparitions, disparitions, des personnages nous préparent en douceur aux tensions, lancers, rencontres, portées puissantes, empilements, tourbillons, envols et réceptions qui vont se croiser, s’accumuler, nous couper le souffle.
La lenteur initiale est traversée de sons élémentaires qui vont s’accélérer.
Danseurs et acrobates ont fusionné harmonieusement tout en audace maîtrisée, confiance, agilité et grâce délicate.
Le hip hop originel revisité par le chevalier des arts et lettres permet d’enchaîner des solos subtils toujours difficile à proposer après des foisonnants tableaux plus amples des dix artistes dans des bouquets de mouvements légers où Ouramdane dame le pion à la pesanteur, une nouvelle fois. La beauté convient bien alors à la modernité.

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