jeudi 21 mai 2026

Liège # 5.

Nous contournons le musée afin de nous rapprocher de la collégiale Saint Barthélemy. Servais  la présente comme l’une des plus anciennes de Lièges, mais elle nous apparait pourtant  bien pimpante avec ses peintures fraîches  crème et rouge sang à la mode allemande.
Une sculpture moderne lui fait face sur le parvis dans un petit square. Elle repose sur un plan incliné, où des ecclésiastiques guindés et roides surplombent des Liégeois dansant la farandole peu impressionnés par leur présence.
A peu de distance de là, nous pénétrons dans la cour Saint Antoine. Cet ancien quartier des brasseurs bénéficia d’une bonne rénovation dans les années 1970. Les maisons anciennes, et celles construites plus récemment cohabitent harmonieusement. An centre de cette cour rectangulaire, une fontaine  déverse l’eau dans un mince canal jusqu’à une sculpture pyramidale nommé Tikal du nom du monument Maya guatémaltèque. Côté rue, certaines façades disposent de pancartes qui précisent le classement patrimonial des maisons. Nous découvrons des impasses dans lesquelles logeaient autrefois les employés de grands hôtels particuliers puis des familles ouvrières et modestes.
Nous en abordons  une en forme de U tout en nous dirigeant vers la rue Hors château,
puis vers la place du marché qui détient le Perron fontaine.
Symbole de la ville, Charles le Téméraire le déplaça une dizaine d’années à Bruges pour affirmer son autorité écrasante sur Liège  mais, ce monument, orgueil des habitants,  retrouvera sa place.
Des pommes de pins crucifères apparaissent sur les angles de la balustrade,
elles se manifestent aussi  sur l’hôtel de ville juste derrière, 
en signe de solidarité et de résistance dans l’adversité.
Nous débouchons ensuite sur la vaste place Lambert. Des structures métalliques en forme de piliers s’élèvent sur l’esplanade pour matérialiser l’emplacement de l’ancienne cathédrale rasée en 1793 par les révolutionnaires en conflit avec les Princes-Evêques. Une partie de son plan se lit aussi grâce à des pavés intégrés à la dalle.
Par contre, le magnifique  palais des Princes-Evêques domine toujours la place. 
Voulu par Erard de la Marck, ami d’Erasme, amateur d’art et grand humaniste, 
il se caractérise par un reste de style gothique et du style renaissance.
Aujourd’hui, il appartient en partie à la ville qui en ouvre l’accès au public (cour intérieure)
et en partie à l’état, non public, réservée au palais de justice.
D’une autre époque, l’opéra du 19ème connait toujours un fort engouement. Il attire un nombreux public grâce à des programmations de qualité et des prix attractifs rendus possibles par des subventions importantes.
A tel point que des cars d’Allemands affrétés spécialement et régulièrement  participent à remplir la salle. Sur le plan architectural, la façade à colonnes sur 2 niveaux surmontés d’un fronton supporte avec harmonie une extension en hauteur moderne et sobre.
Et pour rester en relation avec la musique, la ville rend hommage à l’artiste natif de Liège en érigeant à cet endroit une sculpture d’ André-Ernest-Modeste Grétry.
La dernière halte prévue par Servais nous conduit à la cathédrale saint Paul que nous avons déjà eu l’occasion de découvrir hier. Nous apprenons que cette ancienne collégiale  se haussa au rang de cathédrale après la destruction de la cathédrale Saint Lambert.
Si les vitraux du chœur  de couleur bleue sont d’origine, leur ont  été adjoints d’autres plus modernes crées par un Suisse du nom de Honegger et par un autre artiste Coréen.
Nous traversons le cloître dans lequel  une porte donne directement  sur une rue occupée par des maisons ayant appartenu aux chanoines riches et exempts d’impôts sur le terrain.
La visite prend fin, la fatigue se fait sentir.   
Nous rentrons au bercail, sortons Gédéon du parking pour un petit tour de quartier et la redéposons au même parking. Après quelques courses au Delhaize, Maison et repos !
PS : Quelques réflexions au cours de la visite :
Le passage du roman au gothique se traduit par une relation plus  personnelle avec Dieu 
et c’est à  ce moment qu’apparait  la notion de purgatoire.
Le gothique symbolise l’élévation vers Dieu.
L’histoire sainte ancrée dans le siècle et les paysages contemporains des artistes favorisent davantage la proximité des hommes et de Dieu.
Liège est la ville la plus au nord des villes francophones.

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