L’expression « roman choral » ne peut être aussi
appropriée que pour ce roman réunissant une multitude de personnages au sein de
l’Harmonie municipale, avec une écriture précise, poétique, humaniste.
Dans ce texte composé
comme une symphonie modeste et colorée, des motifs reviennent :
« C’est un hiver
lumineux et sec où rien ni personne ne semble vouloir mourir. Les rosiers
continuaient de porter des fleurs, plus chétives qu’au printemps, moins
parfumées qu’en été, aux pétales décolorés, presque transparents ».
Mais jamais le procédé ne parait artificiel tant les
protagonistes sont passionnants dans leur diversité, leur singularité, avec
leurs forces et leurs faiblesses familières, jamais traitées de haut. Alors que
mon oreillette me suggère la comparaison avec des personnages de Sempé, je
verrai plutôt des traits assurés pour souligner des caractéristiques aux vives
couleurs.
Il faudrait presque s’excuser d’aimer cette littérature
bienfaisante tant la célébration des liens dont toute mièvrerie est exclue,
devient rare.
Sans vouloir étirer les métaphores musicales, mais en le
faisant, et bien que privé de toute oreille, j’estime que la note juste est
trouvée.
Comme ces 140 pages m’ont mis en joie, j’ai tout apprécié
derrière la belle couverture de Félix Valloton, simple comme le contenu, appelant
de surcroit le souvenir du film « En fanfare ».

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