samedi 9 mai 2026

L’oreille absolue. Agnès Desarthe.

L’expression « roman choral » ne peut être aussi appropriée que pour ce roman réunissant une multitude de personnages au sein de l’Harmonie municipale, avec une écriture précise, poétique, humaniste. 
 Dans ce texte composé comme une symphonie modeste et colorée, des motifs reviennent :
« C’est un hiver lumineux et sec où rien ni personne ne semble vouloir mourir. Les rosiers continuaient de porter des fleurs, plus chétives qu’au printemps, moins parfumées qu’en été, aux pétales décolorés, presque transparents ». 
Mais jamais le procédé ne parait artificiel tant les protagonistes sont passionnants dans leur diversité, leur singularité, avec leurs forces et leurs faiblesses familières, jamais traitées de haut. Alors que mon oreillette me suggère la comparaison avec des personnages de Sempé, je verrai plutôt des traits assurés pour souligner des caractéristiques aux vives couleurs.
Il faudrait presque s’excuser d’aimer cette littérature bienfaisante tant la célébration des liens dont toute mièvrerie est exclue, devient rare.
Sans vouloir étirer les métaphores musicales, mais en le faisant, et bien que privé de toute oreille, j’estime que la note juste est trouvée.
Comme ces 140 pages m’ont mis en joie, j’ai tout apprécié derrière la belle couverture de Félix Valloton, simple comme le contenu, appelant de surcroit le souvenir du film « En fanfare ». 

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