Ce numéro du magazine « Le un », décidément en tête pour moi des publications attachantes, enrichit encore nos approches d’un conte plein de
grâce et de charme, édité à 150 millions d’exemplaires, traduit en 600 langues.
Peu importe mon attachement au personnage de Saint Exupéry, signe
d’une enfance qui ne se décide pas à quitter la place dans la caboche cabossée
du vieux papi papotant.
Je me suis régalé, avec cet exemplaire qui se déplie, des éclairages variés et renouvelés en lisant diverses interprétations à propos
du lumineux enfant pas dénué de gravité.
La genèse de l’œuvre publiée d’abord aux Etats Unis, son
développement dans le temps et des feuillets inédits, apportent de la
profondeur à ce manuel de sagesse pour tous les âges.
« Il faut bien que
je supporte deux ou trois chenilles, si je veux connaître les papillons. »
Riad Sattouf qui vient d’illustrer « Terre des
hommes », sensible bien entendu au dessin comme langage universel, dit son
premier contact facile au début puis devenu plus difficile, avant de relever le goût
de la transgression chez l’aviateur.
Philippe Forest, y voit un livre d’adieu, déchirant.
« Pieusement
préservée des mesquineries du monde adulte et protestant poétiquement contre
ses fausses valeurs et ses vérités factices, l’enfance héroïque et martyre,
plaidait puérilement une cause dont nul n’ignorait qu’elle était déjà
perdue. »
Sylvain Fort, une des « plumes » du Président, y a
rencontré des adultes indifférents, alors que, sur fond de responsabilité, l’amour
devient le risque suprême, et « lie le bonheur à ce qui peut
disparaître ».
Caroline Anthérieu-Yagbasan insiste sur cette notion de
responsabilité qui pousse le Petit Prince, curieux envers les autres, conscient
du futur, veillant sur la beauté du monde, à agir pour la planète :
ramoner son volcan car « on ne sait jamais ».
« Quand on a
terminé sa toilette du matin, il faut faire soigneusement la toilette de la
planète ».

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