l’âge des copieurs-colleurs est bien entamé.
Mais les pages restent blanches, les écrans flous, les intellectuels censés
nous éclairer, devenus transparents, nous brouillent, honteux de leur condition, de leur blanchitude.
Au sein de l'université sont menés des travaux à propos de la sociologie du Laser game et des colloques organisés sur la poésie de Booba.
J’essaye de choper des mots dans l’air du temps mais mon Finki tremblote et je ne sais retenir que l’anodin centenaire Edgard Morin. J’ai oublié ceux qui persistent dans
l’écriture inclusive et autres billevesées et m’éloigne de ceux qui, en
simplets wokistes, ne peuvent être défini que par leurs ennemis: islamo
gauchistes d’un côté et nazis de l’autre, réunis par leur haine de la nuance,
des compromis, des modérés. Ils ont préparé la venue d'un mal extrêmement droit, tellement annoncé qu'il en surgirait parmi des « orages désirés ».
Ces «mutins de Panurge» n'ont cessé tout au long des années de
vilipender un Président de la République réélu.
Dans le même mouvement qui promeut la liberté et exacerbe
l’individualisme, le manque de pensée originale aggravé par le mépris du
travail, n’est même pas criant : comme dans un cauchemar aucun son ne sort
de nos bouches.
Depuis le temps que le bord de la falaise est annoncé en
matière de réchauffement ou concernant les dangers de l’IA, nous tombons dans
le vide.
La victoire de Trump est d’avoir mis tout le monde au ground
zero de la réflexion. Des cohortes suivent les bannières de l'inculture.
Dans un cahier, j’avais écrit pour ne pas
l’oublier :
« Soudan :
150 000 morts, 14 millions de déplacés. »
Et je l’oublierai.
En guise de balises de crépon, un relevé de ce qui nous change
peut distraire.
Nos réticences étaient tellement fortes envers les premiers
téléphones portables, si bien que l’étonnement peut surgir quand aujourd’hui
des poches bien adaptées pour recevoir l’indispensable accessoire nous
réjouissent. Nous ne pouvons plus reprocher à nos enfants et à leurs petits
d’abuser de leur I phone : les vieux, nous passons notre temps à nous
montrer les photos des petits et ne plus nous creuser la tête pour savoir dans
quels films a tourné Nathalie Baye. Nous agrandissons nos trous de
mémoire.
Dans notre pays aux uniformes noirs portés par nos jeunes
choyés de nos anciens enfants rois aux chasubles fluo, le boomer, dont le
Larousse vient de retenir le sens péjoratif, en est rendu, à maculer son écran
de cendres alors que s’avance la nuit.
« On ne peut pas
peindre du blanc sur du blanc, du noir sur du noir.
Chacun a besoin de
l'autre pour se révéler. »
Proverbe africain
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