mardi 26 mai 2026

Aya de Yopougon n° 8. Marguerite Abouet. Clément Oubrerie.

Dépaysement assuré et vitalité garantie, même si les personnages qu’on a plaisir à retrouver ont perdu de leur allégresse en prenant de l’âge. Comme dans toute série et pour mieux maîtriser les évolutions, il vaut mieux suivre l’ordre chronologique de ces albums ensoleillés. 
Les femmes « tiennent la  baraque » mais les violences, les superstitions, les rigidités mettent à mal la légèreté avec laquelle les sujets étaient traités.
La maison de Bintou, vedette de la série « Gâteuse de foyer », a pris feu à cause de la confusion entre fiction et réalité. Des hospitalisations parallèles mettent en évidence les problèmes du système hospitalier jusqu’au drame, et l’acceptation de l’homosexualité est toujours problématique…
L’évocation du thème du mariage blanc, quelque peu caricaturale, prend un espace qui aurait permis de mieux démêler les embrouilles du côté du quartier de Yopougon. 
Pourtant les relations familiales au cœur des récits mettent en évidence leur tendre force et leur lourdeur persistante.
Les expressions sont toujours aussi savoureuses :
« cafouilleuse » ou « être en débrouillage » ne nécessitent pas d’aller voir dans le lexique en supplément des 96 pages alors que 
« C’est ta figure tu vas cacher Abidjan ici » avait besoin d’être précisé :
« Tu auras tellement honte que tu seras la risée de tout Abidjan ». 
Par contre les dialogues m’ont paru parfois surchargés de sages formules qui me ravissaient quand elles ne nuisaient pas à la spontanéité des palabres. 
« Même si l'éléphant est maigre, il reste toujours le roi de la forêt. »

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