jeudi 14 mai 2026

Liège # 4

Sous
 un ciel nuageux puis plus ensoleillé, nous partons à pied visiter le musée le grand Curtius. 
 Nous y arrivons juste à l’ouverture.
Nous sommes les 1ers et seuls amateurs pour l’instant à franchir le seuil de ce bâtiment en brique flambantes  formant avec d’autres un ensemble architectural datant du 16ème au 21ème siècle. Le musée se divise en plusieurs sections, réparties en trois étages. 
Sur les conseils du gardien, qui nous informe que la section du verre est actuellement fermée, nous commençons par le 3ème.
La section des armes s’étale sur les 3 niveaux. 
Le musée détient la plus riche collection au monde : armes blanches, armes à feu, armes militaires civiles ou de chasse, de véritables objets d’art remplissent les vitrines.
Au sol, les canons s’exposent, bien briqués. Des vidéos instruisent sur le façonnage d’une dague, d’autres font la démonstration du maniement des épées.
La section d’art religieux et d’art mosan (de la Meuse) propose beaucoup de statues en bois parfois naïves et émouvantes, du moyen âge au 20ème.
Nous négligeons la partie préhistoire et archéologique, mais pas la section art nouveau.
Elle consacre un espace à César Franck où la présence de son orgue (la console), et de son piano Erard  témoignent de son activité musicale.
Autrement, sont conservés un Pleyel mode art déco et des meubles aux formes caractéristiques.
Dans ce copieux musée aux collections très variées, 
nous avons croisé plus de gardiens que de visiteurs.
N’oublions pas d’évoquer les planches humoristiques du dessinateur Pierre Kroll (journal « le soir ») : disséminées dans les salles et les couloirs, elles croquent certaines des œuvres, et nous ont accompagnés le long de notre parcours. 
Nous évitons le restau ce midi, pour ne pas manquer le début de la visite guidée de la ville.
Nous nous contentons d’un sandwich de boulangerie confectionné devant nous avec les ingrédients de notre choix et mangé devant une Lupulus (bière) consommée à la terrasse du Lou’s bar au soleil.
De sorte qu’au moment du RDV, nous nous pointons  juste à l’heure à l’Office du tourisme. Servais attend déjà le groupe qu’il doit guider.
Une fois son troupeau réuni, il commence par un topo historique. Il aborde ensuite l’édifice dans lequel nous nous trouvons. Aujourd’hui reconverti en Office Du Tourisme, ce plus ancien bâtiment civil de la ville (1543) était au 16ème la halle aux bouchers, construite par la corporation des mangons (Bouchers liégeois).
L’intérieur possède encore sa charpente et ses colonnes d’époque. A l’extérieur, deux mats en pin marquent l’emplacement de l’ancien port fluvial.
Servais nous conduit sur le quai de la batte dans le but de nous montrer une plaque au mur.
Elle signalait le départ des diligences,
au temps où Victor Hugo se déplaçait par ici et qu’il eut l’occasion  d’emprunter.
Nous marquons un arrêt devant une fontaine, à rapprocher des fontaines Wallace à la différence que celle-ci offre des petits bassins au niveau des pieds prévus pour que les chiens de traits puissent s’abreuver.
En continuant sur le quai nous atteignons le Grand Curtius. L’origine du mot Curtius provient de la latinisation du nom Jean de Corte, marchand de poudre à canon de son état. Ce riche commerçant fit construire un ensemble architectural en briques de campagne, plus grossières que les habituelles, recouvertes d’un enduit  produit à partir de sang de bœuf pour lutter contre l’humidité.
Un appareillage en harpe  avec pierres de tailles différentes protège les angles muraux et encadre les fenêtres. Quant au sous bassement, il fait appel à des pierres bleues disposées  en lignes horizontales. La hauteur des étages et des fenêtres varient au fur et à mesure de bas en haut,  marquant la délimitation entre les niveaux consacrés au travail, plus importants, et ceux attribués à la famille. Comme éléments décoratifs, des rectangles jaunes comportent des représentations animales ou autres, dans un style espagnol.

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