vendredi 17 avril 2026

Schnock. N° 58.

Jean Dujardin succède à Sophie Marceau dans la suite aléatoire de mes descriptions de la revue trimestrielle destinée aux vieux de 27 à 87 ans. 
Déjà vingt ans que le premier OSS 117 avec Jean Dujardin sortait sur les écrans :
« Le Caire, nid d'espions » suivi de « Rio ne répond plus » et « Alerte rouge en Afrique noire ».
Nous avons droit à un entretien avec l’acteur toujours interpellé d’un « comment est votre blanquette ? » dont j’ignorais qu’elle fut une réplique culte, ainsi qu’avec Michel Hazanavicius un des réalisateurs et Jean François Halin dialoguiste. Leurs points de vue sont intéressants concernant le succès, les subtilités de l’humour et ses degrés. 
«  Entre expressions désuètes, observations absurdes, paternalisme hors sujet, racisme et misogynie hydrocéphales » :
«  En tous cas, on peut dire que le soviet éponge »
«  C’est l’inexpugnable arrogance de votre beauté qui m’asperge. »
Nous allons à la source chez Jean Bruce qui a publié 60 titres d’OSS 117 (« Cache-cache au Cachemire » «  Toccata à Tokyo »…) vendus à 24 millions d’exemplaires.
Son héros, américain d'origine française, travaille pour l’Office of Strategic Service (OSS), il s’appelle Hubert Bonisseur de la Bath qui signifie en argot «  témoin à décharge » (famille de bonimenteurs et c’est bath=c’est bien).
Le dossier du secret agent est exhaustif :
- Extraits du catalogue du style de vie de cette époque : le Jokari et le porte-tampons à étages.
- Rappel des meilleurs espions cinématographiques : Lino Ventura « Le Gorille, Paul Meurice « Le monocle », Jeanne Moreau « Mata Hari »…
- Découverte d’une pépite rarement diffusée « La classe américaine » de 1993, détournement de dialogues des plus grandes stars américaines, Lancaster, Wayne, Gable, Redford : 
« Attention ce flim n’est pas un flim sur le cyclimse ».
Je révise mon opinion méprisante à l‘égard de Danielle Gilbert dont la fraîcheur persiste malgré ses 83 ans que son interviewer gagné par sa gentillesse n’a pas eu la goujaterie de mentionner.
Le temps permet de réévaluer aussi Daniel Guichard, « chanteur froncé »  celui de «  la tendresse », « Mon vieux », «  Faut pas pleurer comme ça » et d’autres titres que les rédacteurs stylés exhument. 
Michèle Mercier, éternelle « Marquise des anges » n’a pas eu le même succès lorsqu’elle voulut devenir productrice, mais le rappel de sa carrière mérite quelques minutes d’attention.
Et l’évocation de Raymond Oliver, « premier cuistot du PAF », met l’eau à la bouche.
Si la poésie autour du ticket de métro m’a parue hermétique, la ronde des insultes désuètes me ravit :  
« Blaireau, peigne-cul, tocard, clampin, cuistre, tarlouze, âne bâté, morue, butor, galapiat, gougnafier… » 

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