« Est-il possible
d’abandonner ses propres parents ?
Ou, mieux, est il possible de dérober à eux,
tout simplement en effaçant son corps d’un geste net et définitif ? Et de les
condamner à vivre jusqu’à la fin de leurs jours, pour ainsi dire, avec un
membre fantôme ?
On ne peut pas donner ce genre de réponse de manière
affirmative. On peut juste le mettre à exécution, et c’est ce à quoi je
m’employai avec la pondération définitive que seul l’instinct accorde, car
autrement la raison, apeurée, reculerait. »
Le natif de Rome, enseignant à Houston, dissèque la vie de
sa famille et révèle avec subtilité, la dureté des relations qui ont amené sa
mère, sous la coupe de son mari , à abandonner toute liberté.
« Ma mère
préparait les repas, faisait des mots croisés, s’endormait sur le
canapé pendant que mon père lisait. »
Ce roman de 165 pages, met en évidence les paradoxes de
l’amour, la complexité des rapports humains avec acuité.
« … mon père
voulait qu’elle ne soit rien, de façon à pouvoir être quelque chose;
et ma mère voulait
n’être rien, car n’être rien était au moins quelque chose. »
Les tensions sont palpables dans une construction habile où
l’écriture sans exaltation
mais avec intensité décrit des vies minées par la
violence.
« ça , c'est un
livre pour ta mère » a toujours signifié,
dans la bouche de mon père,qu'un roman ne valait
rien ».
Je dois me retenir de cracher mon mépris, là, Guy, pour le "projet" de l'auteur.
RépondreSupprimerIl n'y a pas que l'auteur qui a dû... subir les conséquences de tant de cosmopolitisme, de tant d'aspiration... universelle, totalisante et évangélique qui NOUS A DISPERSES sur la planète entière. Comme si on pouvait se jeter sur le projet universel de la Grande Romaine, en fermant ses yeux sur la manière dont ce projet continue à alimenter le nouvel évangélisme occidental.
Non, il y a trop de "jeunes" auteurs, de jeunes... "exprimeurs" en tous genres qui crachent sur leurs parents sans se demander pourquoi il y a tant de jeunes qui crachent sur leurs parents, et si ça pourrait vouloir dire... quelque chose, et ce que ça pourrait bien vouloir dire ? En quoi pourraient-ils être.. "manipulés" ? pour employer un mot qui leur semble cher ?
Il y a longtemps j'ai acquis la conviction que j'étais la dernière à avoir le moindre droit de m'exprimer, et croire SAVOIR ce qui se passait dans le couple de mes parents. Je m'interdis également de croire savoir ce qui se passe dans le couple de mes enfants ? DANS LEUR INTIMITE, si tant est qu'ils en une... car tout le monde n'a pas une intimité, loin de là, à notre époque, et ce n'est pas forcément la faute aux méchantes médias.
N'avons-nous pas rendu les armes pour défendre notre intimité, malgré toute la frénésie pour protéger nos données ? Incroyable, non ?
Pour le rien....
Il ne faut pas être trop naïf sur le sujet du "rien", comme ton aspirant auteur. "Le Roi Lear" commence avec une sorte d'épreuve convenue où Lear met en scène son abdication du pouvoir, et où il veut entendre UNE BELLE PROGRESSION LINEAIRE de l'amour filial dans la bouche de ses trois filles, mais arrivé à la dernière, celle qu'il chérit le plus, elle refuse de jouer le jeu (de la représentation), et au lieu de finir en apothéose, quand il lui demande d'AJOUTER ENCORE aux louanges qu'il a déjà entendues, elle pose le mot "rien".
Lear dit "rien ne viendra de rien ; parle encore", et elle s'obstine. Et s'ensuivent plus de trois heures qui font une démonstration tragique mais nécessaire et cathartique ? de... tout ? ce qui vient de ce "rien", et le moins qu'on puisse dire, c'est que... ce n'est pas rien.... A moins de soutenir, en bon jésuite, que c'est bel et bien.. rien ?
Au spectateur/lecteur de décider.
Je plains ton auteur, Guy, et je ne le lirai pas. Je suis devenue trop vieille pour les... travaux pratiques maintenant. Je ne lis... RIEN qui ne soit grand, pour me vacciner ? contre l'empressement de notre époque de Nous réduire... à rien ?