J’ai su dès la première page au sous titre approprié :
« La mécanique des rêves », qu’il s’agissait de Pierre Avezard dit
Petit Pierre (1909-1992) dont j’avais vu le travail et en gardait un souvenir ému.
Les dessins de visages anguleux comme ceux qui figurent dans
le manège construit par Petit Pierre, conviennent parfaitement, avec leurs
couleurs douces, à raconter un rude destin rencontrant aussi bien des hommes
bienveillants que des malveillants.
Le petit garçon malformé en butte aux moqueries des autres
enfants ou des ouvriers agricoles lorsqu’il deviendra vacher, rejeté du monde,
va offrir chaque dimanche aux visiteurs, un manège d’une inventivité
extraordinaire à partir de matériaux mis au rebut.
Nous sommes au-delà des recherches de qualificatifs
académiques pour un art en marge désigné le plus souvent comme « art brut »,
dans la famille des « Inspirés du bord des
routes »,
de Picassiette,
ou du facteur Cheval.
Au-delà
des musées, cette BD de 115 pages raconte la belle histoire d’une vie terrible
embellie par de poétiques mécaniques, et rend hommage à d’autres passionnés qui
ont permis la reconnaissance de ce destin hors du commun.

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