Ce livre tellement vivant aurait pu s’intituler « L’écrivain
et la mort », tant la patte du narrateur tout en délicatesse est présente dans
ces 230 pages légères et profondes.
« Je devais lui
fermer les yeux. C’était ce qui est écrit dans les livres.
Je connaissais cela
plutôt comme une expression « fermer les yeux du mort »,
ou
« les vivants ferment les yeux des morts, les morts ouvrent les yeux des
vivants. »
Le titre : « La mort de mon père » aurait pu
convenir également, tant la figure paternelle, dont la disparition est
déchirante, occupe l’esprit du fils.
« Mon père était
un jardinier. A présent c’est un jardin. »
Finalement, « Le jardinier et la mort » est le
plus juste, comme chaque mot de ce texte aux allures de fable, admirablement
traduit.
« Le bonheur est
de courte durée, comme les jonquilles et les linaires qui se sont fanées ce même
printemps. La tristesse demeure longtemps comme ces herbes opiniâtres qui
étouffent tout, impossible de s’en débarrasser comme le disait mon père. »
L’intention annoncée est réalisée : un tendre amour
filial infuse chaque chapitre.
« J’aimerais qu’il y
ait de la lumière, une douce lumière d’après-midi dans ces pages »
Le fils, un bon conteur comme son père, qui ne cesse de dire
« rien d’effrayant », faisait
rire de ses déconvenues et savait voir le sublime en tout, alterne subtilement
« les histoires plaisantes »
pour combattre la douleur.
« Au jardin, on
enterre continuellement quelque chose et l’on attend qu’au bout d’un certain
temps le miracle se produise et que cette chose germe… »
La poésie souvent convoquée aux obsèques, l’humour, peuvent
consoler, le jardinage aussi.
Lumineux.

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