samedi 31 janvier 2026

Le jardinier et la mort. Guéorgui Gospodinov.

Ce livre tellement vivant aurait pu s’intituler « L’écrivain et la mort », tant la patte du narrateur tout en délicatesse est présente dans ces 230 pages légères et profondes. 
« Je devais lui fermer les yeux. C’était ce qui est écrit dans les livres. 
Je connaissais cela plutôt comme une expression « fermer les yeux du mort », 
ou « les vivants ferment les yeux des morts, les morts ouvrent les yeux des vivants. »
Le titre : « La mort de mon père » aurait pu convenir également, tant la figure paternelle, dont la disparition est déchirante, occupe l’esprit du fils. 
« Mon père était un jardinier. A présent c’est un jardin. »  
Finalement, « Le jardinier et la mort » est le plus juste, comme chaque mot de ce texte aux allures de fable, admirablement traduit.
« Le bonheur est de courte durée, comme les jonquilles et les linaires qui se sont fanées ce même printemps. La tristesse demeure longtemps comme ces herbes opiniâtres qui étouffent tout, impossible de s’en débarrasser comme le disait mon père. »
L’intention annoncée est réalisée : un tendre amour filial infuse chaque chapitre. 
« J’aimerais qu’il y ait de la lumière, une douce lumière d’après-midi dans ces pages » 
Le fils, un bon conteur comme son père, qui ne cesse de dire « rien d’effrayant », faisait rire de ses déconvenues et savait voir le sublime en tout, alterne subtilement « les histoires plaisantes » pour combattre la douleur. 
« Au jardin, on enterre continuellement quelque chose et l’on attend qu’au bout d’un certain temps le miracle se produise et que cette chose germe… »
La poésie souvent convoquée aux obsèques, l’humour, peuvent consoler, le jardinage aussi.
Lumineux.

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