Ce roman facétieux sans policier a réussi à assouplir le
rictus d’amertume que les années ont dessiné sur mon visage, le temps de lire
ces 189 pages pleines de fantaisie.
« Comme dit mon
oncle Agathe, patience et longueur de temps valent mieux qu’impatience et
précipitation, qu’il ne faut pas confondre avec vitesse. »
A Pau, les enseignes perdent leur lettre « U », si
bien que Humm le romancier lui-même a un trou, mais ne manque pas de verve pour
une enquête originale et drolatique.
« L'énigme allait
s'épaississant, insondable mystère dont les contours flous s'étiraient dans les
méandres impénétrables d'une clarté différée perpétuellement ajournée par le
recul même de ses propres révélations et je préfère m'arrêter là parce que j'ai
toujours peur d'en faire trop. »
Sans jamais tomber dans l’exercice de style laborieux,
chaque paragraphe livre une trouvaille :
« … que
voulez-vous faire entre midi et deux ? On n’allait pas se tourner les
pouces, quand même. Mieux valait déjeuner dessus. Sur le pouce je veux dire.
Tiens, elle est pas mal, celle là, je la garde. Il paraît que les jurés du
Goncourt raffolent de ce genre de calembours… »
Il ose tout, et c’est à ça qu’on reconnaît un écrivain qui
n’hésite pas à jouer dans la cour des grands.
« N’écrivez
pas : « il pleut à verse » mais « il pleut
« disait Georges Simenon.
Tout de même, on ne m’ôtera pas de l’idée, qu’il
pleuvait à verse, cette après-midi-là.
Pour de bon cette fois, et sans risquer
de se tromper, on pouvait parler d’un sale temps. »
L’auteur à retrouver le plus rapidement possible rend
poétique l'absurde et l’actualité burlesque : « De ce que je savais des quat’zarts, comme il disait me
semblaient très en mesure de chouraver des U dans le cadre d’une
pseudo-expérimentation aux confins de la déconstruction conceptuelle et
transversale des paradigmes esthétiques de mes deux roupettes. »

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire