samedi 10 janvier 2026

Roman policier. Philibert H mm.

Ce roman facétieux sans policier a réussi à assouplir le rictus d’amertume que les années ont dessiné sur mon visage, le temps de lire ces 189 pages pleines de fantaisie. 
« Comme dit mon oncle Agathe, patience et longueur de temps valent mieux qu’impatience et précipitation, qu’il ne faut pas confondre avec vitesse. » 
A Pau, les enseignes perdent leur lettre « U », si bien que Humm le romancier lui-même a un trou, mais ne manque pas de verve pour une enquête originale et drolatique.  
« L'énigme allait s'épaississant, insondable mystère dont les contours flous s'étiraient dans les méandres impénétrables d'une clarté différée perpétuellement ajournée par le recul même de ses propres révélations et je préfère m'arrêter là parce que j'ai toujours peur d'en faire trop. » 
Sans jamais tomber dans l’exercice de style laborieux, chaque paragraphe livre une trouvaille : 
«  … que voulez-vous faire entre midi et deux ? On n’allait pas se tourner les pouces, quand même. Mieux valait déjeuner dessus. Sur le pouce je veux dire. Tiens, elle est pas mal, celle là, je la garde. Il paraît que les jurés du Goncourt raffolent de ce genre de calembours… »
Il ose tout, et c’est à ça qu’on reconnaît un écrivain qui n’hésite pas à jouer dans la cour des grands.
« N’écrivez pas : « il pleut à verse » mais « il pleut « disait Georges Simenon. 
Tout de même, on ne m’ôtera pas de l’idée, qu’il pleuvait à verse, cette après-midi-là.
Pour de bon cette fois, et sans risquer de se tromper, on pouvait parler d’un sale temps. »
L’auteur à retrouver le plus rapidement possible rend poétique l'absurde et l’actualité burlesque : « De ce que je savais des quat’zarts, comme il disait me semblaient très en mesure de chouraver des U dans le cadre d’une pseudo-expérimentation aux confins de la déconstruction conceptuelle et transversale des paradigmes esthétiques de mes deux roupettes. »

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