lundi 26 janvier 2026

Le Chant des forêts. Vincent Munier.

Nous changeons de rythme en partageant l’affût pendant une heure et demie sous des sapins des Vosges ou en Norvège avec un grand-père, son fils et son petit fils.  
Il faut parfois attendre longtemps pour n’apercevoir qu’un bout d’aile, repérer un chant, ou avoir la chance de saisir un envol où l’on ne voyait que des branches.
Dans une salle comble, depuis ma place au sec et au chaud, je me suis laissé aller à la contemplation amorcée par des brumes au dessus des arbres comme dans les estampes chinoises, se dissipant  lentement.  
Accaparé par la recherche très exigeante du farouche grand tétras, le naturaliste sait aussi apprécier le plus petit des oiseaux, le troglodyte. Cependant les mots du naturaliste m’ont semblé faire souvent double emploi avec des images dont la beauté est suffisamment convaincante. Celles-ci paraissent d’autant plus remarquables que sont souvent magnifiés des silhouettes floues ou des cadrages incertains.
Merci pour ce film de patience plus conforme à la vérité que nos Bambi nécessaires mais virtuels qui furent aux sensibilités ce que promet l’artificialité à nos intelligences.

1 commentaire:

  1. J'ai appris avec intérêt que dans le théâtre que pratiquait Rome (mais à quelle époque exactement, car l'histoire de Rome est très longue, et toujours pas finie, d'ailleurs, car NOUS FAISONS ENCORE l'histoire de Rome, enchaînés comme nous le sommes toujours, à sa langue...), on employait des condamnés à mort qu'on tuait sur la scène en cas de nécessité pour faire plus... réaliste, Guy. Avec l'idée que ce qui était "réaliste" était synonyme de "vérité" dans une équation que je continue à récuser.
    Je récuse la croyance que la photo pourrait être synonyme d'une quelconque vérité.
    Et s'il y a quelque chose qui me frappe à l'heure actuelle, c'est de constater à quel point nous opérons un divorce entre les mots et ce avec quoi ils sont en rapport. A quel point nous opposons les mots à la musique, par exemple (ou à l'image ?). Ce matin j'ai même entendu une romancière très connue faire défiler trois extraits de musique avec DU TEXTE, sans faire la traduction de ces mots, comme si le sens de ces mots n'avait plus aucune importance pour nous. Passer au dessus des mots dans les musiques où il y en a est de plus en plus fréquent à l'heure actuelle, et devient presque une évidence pour ce que j'entends, ce que je n'aime pas. Surtout quand on sait à quel point les compositeurs se donnent, se sont donné la peine d'intriquer les mots ET les notes. Si.
    Donc... pourquoi fermons-nous tant nos oreilles au sens en ce moment ? Pourquoi cette farouche insistance pour n'entendre... qu'UN SEUL côté du monde à la fois ? Pour moi, cette manière de dissocier mots et musique ? mots et images ? relève d'une culture muséale où l'art s'offre à nous comme une part de gâteau dans une pâtisserie, et je n'ai pas besoin de gâteaux de pâtisseries maintenant, merci.
    Toujours comme si nous étions éternellement sous la coupe de cette folle foi ? croyance ? que le monde pourrait s'offrir à nous sur un plateau, ou un smartphone ? en nous épargnant la DURE LABEUR DOULOUREUSE de l'interpréter, et risquer... de nous tromper à tout instant ?
    Oui, depuis que je connais l'Homme, et fais l'expérience de ma parfois ? souvent ? douloureuse condition humaine, je sais que nous employons des stratagèmes subtils pour y échapper, à cette condition... tragique, forcément tragique.

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