Bien plus qu’une vision pittoresque d’un Tanguy (la version
féminine n’existe pas) de banlieue, ces 200 pages vont fouiller les silences
installés dans une famille bien intégrée
dans le quartier de la Caverne en banlieue parisienne.
« Je me gare de
travers, dans une rue aux trottoirs maigrichons.
Mes roues lèchent un passage
piéton à moitié effacé, le parcmètre est à perpète.
Tant pis pour la
prune. »
Le journaliste à son premier roman, offre un éclairage venu
de l’intérieur à des lieux trop souvent exposés à des projecteurs sporadiques
attachés au sensationnel.
Nous faisons connaissance avec des habitants aux destins
singuliers.
« Il feint de la
taper, en arrêtant toujours son geste et en s’excusant à genoux.
Elle fonce deux fois
au comico pour déposer une main courante, mais ne franchit pas la porte. »
Après une amorce nous mettant à distance du narrateur
immature qui vit dans une chambre tapissée de Schtroumfs, se développe un récit
dynamique de transformations, de départs.
« Je connais par
cœur le numéro de la pizzeria qui nous livre au Parking,
mais je suis incapable
de me souvenir de celui de ma mère. »
Le langage familier au bon sens du terme, ne se payant pas
de mots à la mode, nous accueille dans cette famille aux origines tunisiennes,
bien de chez nous.
« Ensuite, je me
suis posé sur le banc devant la boulangerie,
avec des gars en fin de trentaine
qui, comme moi,
se réveillent à l’envers et se plaignent de tout par principe,
même de leurs petits bonheurs. »

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