Le plateau de la MC2 crépite le temps d’une claque qui dure
une heure trois quarts.
Souvent les danseurs, les acrobates défient la pesanteur,
ici trente six danseurs frappant le sol soulèvent le public.
La transmission est assurée autour d’une guitare, de timbales,
d’une voix familière rencontrant de puissants rythmes contemporains où s’est
glissée « La pavane pour une infante défunte » de Ravel.
Le Ballet national d’Espagne est vraiment puissant,
reprenant les clichés, les sublimant.
« Rude comme le pays » ainsi que le roman familial
le rappelle souvent,
« couillu » ose une autre,
les mots paraissent
insuffisants pour aimer rappeler sous les flashs une cascade de castagnettes,
une rafale de pieds, des cloches, des éventails, de sombres processions, des
chaises magnifiées, un toro. La vitalité défie la mort.
Sous le noir des robes à volants ou en haut des pantalons à
taille haute, les peaux se découvrent élégamment, violemment. Les contrastes,
les lumières, les ombres, le graphisme, les cadrages inédits, évoquent sans
accessoires envahissants l’univers du photographe colombien Ruven Afanador.
L’ampleur, l’intensité, la gravité de la chorégraphie, son
inventivité produisent un spectacle exceptionnel qu’on a envie de revoir
encore.

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