Le trimestriel qui n’a pas peur des mots relativise nos
perceptions du temps avec Tristan Bernard pour illustrer le thème principal de
cette livraison, traité avec légèreté et sérieux
« A quel âge est-on vieux ? »
« Je suis allé au
théâtre la pièce a commencé à 21h,
une heure plus tard
j’ai regardé ma montre, il était 21h 10. »
« Donc quand et
comment serait-on vieux ?
Le jour où va poindre
l’incohérence ? L’incontinence ? L’intolérance ? Les
Trois ? »
Interroge le toujours brillant Laurent Chalumeau même si ce
coup-ci il se laisse un peu aller à la facilité.
Le délicieux Philippe Lefait cisèle dans le marbre « grave » devenu la virgule de tant
de conversations.
Cette attention aux mots, cette écriture soignée marquent
l’identité d’un lectorat qui a remarqué sans doute que « les crèmes anti-âge ont remplacé les
crèmes anti-rides ».
Le livre de Romain Gary et son fameux : « A partir
de cette limite votre ticket n’est plus valable » est souvent mentionné.
Simone
de Beauvoir, bien placée pour savoir que « l’enfer c’est les
autres », a beaucoup incriminé la société, mais je la préfère lorsqu’elle professe :
« La vie garde
un prix tant qu’on en accorde à celle des autres, à travers l’amour,
l’amitié… »
Les citations abondent puisées à la meilleure source,
François de La Rochefoucauld :
« Les vieillards
aiment à donner de bons préceptes,
pour se consoler de
n’être plus en état de donner le mauvais exemple. »
Lio reprend un vieux proverbe car elle sait de quoi elle
parle :
«
Les vivants ferment les yeux des morts
mais
ce sont les morts qui ouvrent les yeux des vivants ».
Charlebois est dans le bon tempo :
« Les vieux sont
chanceux, ils ont passé leur vie à ne pas mourir ».
Mais tout n’est pas consacré aux EHPAD, avec un conseil de
lecture opportun « Les Dieux ont soif » de Romain Rolland quand
« les risques totalitaires des plus belles utopies » se situaient lors
de la révolution française.
Nous avons aussi l’eau à la bouche pour « Le roman des
regards « de Laurent Mallet et Daniel Pennac :
« Photographier, c’est flâner sans but mais avec un objectif.»
Thomas Legrand développe son propos autour de photographies
d’amateurs :
« c’était vieux avant »,
alors que Nicolas Estienne D’Orves se souvient des photos du
studio Harcourt sous l’occupation.
Patrice Leconte regarde les figurants au
cinéma,
Jackie Berroyer, même quand il a piscine, nous intéresse et
Patrick
Picard joue au con (vieux) avec talent lors d’un repas à l’écriture délectable.

Et bien, ça a l'air délicieux, et tout à fait recommandable. Je vais me pavaner un petit instant là, pour notre époque insignifiante et inconséquente. C'est en devenant vieille que je découvre toute la pertinence du sens de la proportion, par rapport à l'arithmétique STRICTE. Il n'y a aucune proportion dans l'arithmétique qui fait appel à l'absolu avec une vengeance absolue. Ceci peut paraître abstraite, mais quand je me regarde dans la glace en me disant que je suis belle pour une femme de 70 ans, cela a toute son importance. Que ceux qui peuvent comprendre comprennent.
RépondreSupprimerÇa se trouve où, ce petit bijou ? Merci.
Chez le marchand de journaux ou à Carrefour.
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