mercredi 14 janvier 2026

Le portrait anglais. Serge Legat.

Sir Joshua Reynolds
, (1723/1792) « Autoportrait à la main en visière »,  
aurait préféré dans sa prime jeunesse « être apothicaire plutôt que peintre ordinaire »
Il produira plus de 2000 portraits, la peinture d’histoire avait perdu de son prestige.
« Commodore l'honorable Augustus Keppel »
dans la position de l’Apollon du réverbère, constellé de repentirs avait lancé sa carrière. Après un voyage en Italie, il continue à professer que la forme est plus importante que la couleur, et revient avec un praticien qui sera chargé des draperies dans ses tableaux. 
« Lady Worsley »
en pied semble surprise sur fond paysager, 
les techniques variant en fonction des éléments représentés. 
Des lumières dramatiques ne ternissent pas la charmante « Lady Skipwith ». 
Reynolds  a été élu à l’unanimité premier président de la Royal Academy. 
Le maître du grand style allie le portrait à la peinture d’histoire, la figure humaine au paysage.
La mythologie est aimable quand
« Vénus réprimande Cupidon »
et gentiment érotique avec « Cupidon dénouant la ceinture de Vénus ».
« Madame Lloyd » dans un tableau de mariage interprète l’antiquité.
« Mme Musters en Hébé »
, l’échanson des Dieux, 
donne à boire à l’aigle de Jupiter, elle représente la jeunesse
comme le fit Jean-Marc Nattier avec « La duchesse de Chaulnes ».
La coquette « Kitty Fischer, en Cléopâtre » qui s’apprête à dissoudre une perle dans le vinaigre,  alors « coqueluche » de la cour, serait influenceuse aujourd’hui.
« Le jeune Samuel »
ajoute la piété à l’innocence enfantine. 
Celui-ci désignera plus tard les rois des hébreux Saül et David.
« Master Hare »
marque un nouveau statut de l’enfance à l’époque des Lumières.
« L’artiste des sphères aristocratiques » appose sa signature sur le bord de sa robe de l’actrice, « Sarah Siddons dans le rôle de la Muse Tragique » éternelle  Lady Macbeth.
« J'ai résolu de passer à la postérité sur la bordure de votre vêtement ». 
Le tableau apparu dans un film de Mankiewicz 
est à l’origine d’une récompense fictive devenue réelle.  
Thomas Gainsborough
(1727/1788) dont Reynolds, son rival, disait:  
« quoi qu'il tentât, il atteignait un degré d'excellence élevé » 
fit également le portrait de la belle sans travestissement. 
« Autoportrait »
. Le provincial né dans le Suffolk, est devenu un protégé du roi et de la reine, même s’il entre en conflit avec l’Académie Royale.
« La reine Charlotte »
Il a acquis sa renommée depuis la ville d’eau de Bath 
où ses « tendres lumières » sont appréciées.
« Conversation dans un parc » devient un genre, est-ce un autoportrait ? 
En tous cas, le jardin avec sa fabrique est bien anglais.
« Les époux Andrew »  se tiennent au milieu de terres fertiles bien tenues.
Ses tableaux à la bougie comme dans le film « Barry Lyndon » 
exagèrent les effets de contraste.
« La Femme en bleu »,
« L’enfant en bleu »
.
Le paysage s’adapte aux vibrations humaines dans une « Promenade à Saint James park », et on pense à Watteau,
à
Claude Gellée dit « le Lorrain » pour des « Chevaux s’abreuvant au coucher du soleil »
et à Murillo pour sa « Fillette à la cruche ».
« Lady Hamilton »
muse trente fois peinte par George Romney (1734/1802), fut la maîtresse de l’amiral Nelson, elle mourut dans la misère après avoir eu la cour de Naples à ses pieds.
La « Petite fille avec des fleurs » ou « Innocence » place Romney parmi l'un des grands portraitistes anglais du XVIIIe siècle.
Le prodige, Thomas Lawrence (1769/1830), ne fut pas seulement un peintre mondain,   
« Les Enfants de John Angerstein ».
Il annonce le siècle à venir quand les effets visuels prendront de l’importance comme avec le « Portrait de Julia, Lady Peel » où la carnation est mise en valeur sous des plumes peu dessinées et un fond brossé rapidement.
Héritier de la magie picturale de Van Dyck, l’art du portrait à l’anglaise est devenu une référence, son art du paysage fera école.
« Les ladies Waldegrave»  Joshua Reynolds

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