Au XV° siècle, le retour vers l’Antiquité de Platon trouve
par les mathématiques un langage commun pour les perspectives qui s'ouvrent aux peintres et des
compositions musicales visant l’harmonie bien avant « l’art total »
wagnérien.« Le Concert champêtre » par Le Titien accompagne le luth de Vincenzo Capirola.La sérénité règne en Arcadie, terre pastorale idyllique au
son poétique de la flûte.Evaristo Baschenis, ami d’une famille de luthiers
de Crémone, figure exceptionnellement sur son triptyque où la représentation
des instruments de musique est tellement précise qu’elle permettra des
« interprétations historiquement informées ».Derrière un rideau, « Judith décapitant Holopherne »
du Caravage
correspond dans la virtuosité de l’exécution à l’ « Orphéo » de Monteverdi
écrit pour le duc de Mantoue. Le langage passionné du maître du clair obscur
rejoint l’expressivité ornementale du premier des maîtres de l’opéra baroque.
Le sacré est encore au cœur de ces œuvres de la Renaissance
après que sous les voûtes au centre des églises aient chanté les chœurs.Antonio Vivaldi et son concerto pour deux bassons en sol mineur sous la
peinture du « Bassin de saint Marc » de Guardi aux
touches rapides s’enrichit
du texte de Mathias
Énard à propos de Venise « magnifique sorcière, un doux poison, une flûte mortelle, la
patrie des mensonges et du commerce […],des palais et des richesses, des
épices, des soldats, des territoires lointains, des intrigues, des pleurs ;
Venise du théâtre, de la peinture, de la musique et du danger, des masques et
des capes[…] Venise des condottieri et de la douane. Venise érotique et
religieuse, ouverte et fermée, secrète et puissante, maîtresse des mers, des
galères et des caravelles… »
https://blog-de-guy.blogspot.com/2019/05/les-confreries-venise-fabrice-conan.htmlLe maître distingué des « Quatre saisons », composées
pour instruments à vents, était allé en Allemagne comme le précis Canaletto
« Dresde vue de la
rive droite de l'Elbe ».
Les nationalismes secouent le XIX° siècle. Gerolamo Induno,
compagnon de Garibaldi, a peint« Le départ des conscrits » au son du Nabucco de Verdi :
« Vittorio Emanuele Re D'Italia ».
https://blog-de-guy.blogspot.com/2014/10/le-futurisme.htmlLe futuriste Luigi Russolo était peintre : « La
Rivolta » dynamique, mais aussi musicien, auteur du manifeste « L’art des
bruits » des machines, avant Schaeffer et Henry et leur musique concrète. Ravel,
Mondrian en avaient pris connaissance.« Les paupières fermées » de Penone en
épines d’acacia, simples et puissantes font écho à Giacinto Scelsi jouant sur « la
granulation des articulations » : la note comme matière.
Les disciplines dialoguent plasticiens et compositeurs s’associent.
Emilio Vedova a influencé le mouvement de l’Arte Povera
« Emergent »,
il a collaboré avec Luigi Nono aux scénographies et costumes de
l'opéra Intolleranza dans les années 60.
Luciano Berio
dont on fête les cent ans de la naissance avait arrangé « Yesterday »
des Beatles à la mode baroque comme Nicola Samorì a réinterprété des œuvres du XVIe et XVIIe siècle
« Golden
child ».
L’histoire de l’art et la musique ne sont pas optionnelles dans
les programmes éducatifs italiens.
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