mercredi 21 janvier 2026

Peinture et musique en Italie. Antoine Pecqueur.

Au XV° siècle, le retour vers l’Antiquité de Platon trouve par les mathématiques un langage commun 
pour les perspectives qui s'ouvrent aux peintres et des compositions musicales visant l’harmonie bien avant « l’art total » wagnérien.« Le Concert champêtre » par Le Titien accompagne le luth de Vincenzo Capirola.La sérénité règne en Arcadie, terre pastorale idyllique au son poétique de la flûte.
Evaristo Baschenis
, ami d’une famille de luthiers de Crémone, figure exceptionnellement sur son triptyque où la représentation des instruments de musique est tellement précise qu’elle permettra des « interprétations historiquement informées ».
Derrière un rideau, « Judith décapitant Holopherne » du Caravage correspond dans la virtuosité de l’exécution à l’ « Orphéo » de Monteverdi écrit pour le duc de Mantoue. Le langage passionné du maître du clair obscur rejoint l’expressivité ornementale du premier des maîtres de l’opéra baroque. 
Le sacré est encore au cœur de ces œuvres de la Renaissance après que sous les voûtes au centre des églises aient chanté les chœurs.
Antonio Vivaldi et son concerto pour deux bassons en sol mineur sous la peinture du « Bassin de saint Marc » de Guardi aux touches rapides s’enrichit du texte de Mathias Énard à propos de Venise « magnifique sorcière, un doux poison, une flûte mortelle, la patrie des mensonges et du commerce […],des palais et des richesses, des épices, des soldats, des territoires lointains, des intrigues, des pleurs ; Venise du théâtre, de la peinture, de la musique et du danger, des masques et des capes[…] Venise des condottieri et de la douane. Venise érotique et religieuse, ouverte et fermée, secrète et puissante, maîtresse des mers, des galères et des caravelles… »
https://blog-de-guy.blogspot.com/2019/05/les-confreries-venise-fabrice-conan.html
Le maître distingué des «  Quatre saisons », composées pour instruments à vents, était allé en Allemagne comme le précis Canaletto « Dresde vue de la rive droite de l'Elbe ».
Les nationalismes secouent le XIX° siècle.
Gerolamo Induno
, compagnon de Garibaldi, a peint« Le départ des conscrits » au son du Nabucco de Verdi : « Vittorio Emanuele Re D'Italia ».
https://blog-de-guy.blogspot.com/2014/10/le-futurisme.html
Le futuriste Luigi Russolo était peintre : « La Rivolta »  dynamique, mais aussi musicien, auteur du manifeste « L’art des bruits » des machines, avant Schaeffer et Henry et leur musique concrète. Ravel, Mondrian en avaient pris connaissance.
« Les paupières fermées »
de Penone en épines d’acacia, simples et puissantes font écho à Giacinto Scelsi jouant sur « la granulation des articulations » : la note comme matière.
Les disciplines dialoguent plasticiens et compositeurs s’associent.
Emilio Vedova
a influencé le mouvement de l’Arte Povera « Emergent », il a collaboré avec Luigi Nono aux scénographies et costumes de l'opéra Intolleranza dans les années 60.  
Luciano  Berio dont on fête les cent ans de la naissance avait arrangé « Yesterday »  des Beatles à la mode baroque comme Nicola Samorì  a réinterprété des œuvres du XVIe et XVIIe siècle « Golden child ».
L’histoire de l’art et la musique ne sont pas optionnelles dans les programmes éducatifs italiens.

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