mardi 24 février 2026

La route. Manu Larcenet.

Le livre de Cormac MC Carthy tellement encensé m’avait effrayé, mais j’en ai remis une couche- de suie - en faisant confiance, pour une adaptation, aux dessins magistraux d’un Larcenet on ne peut plus tragique. 
Malgré la beauté des traits, l’envie de sortir du cauchemar d’une harassante marche d’un père et de son fils en proie à la faim, au froid, à la peur, m’a fait aller trop vite au bout des 160 pages. 
« Dites-lui bien qu'il n'y a pas de Dieu et que nous sommes ses prophètes. »
Puis j’ai feuilleté à nouveau l’album, loué de toutes parts, dont chaque vignette est un chef d’œuvre : la beauté peut surmonter le désespoir.  
« - On oublie ce dont on devrait se souvenir et on se souvient de ce qu’il faudrait oublier.
- J’ai rien compris. » 
Sur une terre encore fumante d’après l’apocalyptipse, les rencontres sont dangereuses. Les mots sont impuissants face à la mort fatale quand subsistent si peu de gentils.
La désolation n’a pas atteint que les infrastructures mais aussi l’humanité des hommes réduits à la quête d’une bouchée de poussière noire. 
 « - Réfléchis à ce que tu mets dans ta tête, parce que ça y restera pour toujours.
- Il y a bien des choses qu’on oublie.
- Ouais… » 

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